Gaz butane : derrière le geste aux dépositaires, une décompensation à rebours
En revalorisant la seule marge des dépositaires, le gouvernement solde la menace de grève d'avril. Mais le chiffre masque l'essentiel : l'ossature des rémunérations de la filière n'avait pas bougé depuis 2016, et la mesure est absorbée par une caisse de compensation que l'exécutif est censé démanteler
Voici l'ensemble des données, tout en liste.
Paramètres généraux
- Indice base 100 = année 2016
- Format : 1200 × 1560 px (volet unique) / 1200 × 1500 px (deux volets), JPG
- Années couvertes : 2016, 2018, 2020, 2022, 2024, 2025, 2026
Volet 1 — Ce que paie la filière (indices)
- Gasoil : 2016 = 100 ; 2018 = 110 ; 2020 = 85 ; 2022 = 187 ; 2024 = 141 ; 2025 = 138 ; 2026 = 158
- SMIG : 2016 = 100 ; 2018 = 100 ; 2020 = 110 ; 2022 = 115,5 ; 2024 = 121 ; 2025 = 127 ; 2026 = 133
- Inflation (IPC) : 2016 = 100 ; 2018 = 103 ; 2020 = 104 ; 2022 = 112 ; 2024 = 120 ; 2025 = 121 ; 2026 = 122
Volet 2 — Coefficient déflateur IPC
- 2016 = 1,00 ; 2018 = 1,03 ; 2020 = 1,04 ; 2022 = 1,12 ; 2024 = 1,20 ; 2025 = 1,21 ; 2026 = 1,22
Volet 2 — Marge nominale (indice)
- Distributeurs & détaillants : 100 sur toute la période
- Dépositaires : 100 de 2016 à 2025 ; 106 en 2026
Volet 2 — Marge réelle, distributeurs & détaillants (nominal ÷ IPC)
- 2016 = 100,0 ; 2018 = 97,1 ; 2020 = 96,2 ; 2022 = 89,3 ; 2024 = 83,3 ; 2025 = 82,6 ; 2026 = 82,0
Volet 2 — Marge réelle, dépositaires (nominal ÷ IPC)
- 2016 = 100,0 ; 2018 = 97,1 ; 2020 = 96,2 ; 2022 = 89,3 ; 2024 = 83,3 ; 2025 = 82,6 ; 2026 = 86,9
- Tracé en pointillé sur les deux derniers points seulement (2025 = 82,6 → 2026 = 86,9), pour isoler le ressaut du +6 % nominal
Chiffres-clés du bandeau
- +58 % — gasoil sur la décennie (8,87 DH/L au 20/06/2016 → ~14 DH/L mi-2026)
- −18 % — marge réelle des distributeurs et détaillants
- −13 % — dépositaires en réel, malgré le +6 % nominal de 2026
- 81-87 M DH/an — coût pour la caisse de compensation (30 DH/t × 2,7-2,9 Mt)
Ancrages réels — gasoil
- 2016 = 8,87 DH/L (valeur que tu as fournie, 20/06/2016) → indice 100
- 2020 = 7,55 DH/L (creux pandémique) → indice 85
- 2022 = 16,57 DH/L (pic) → indice 187
- 2026 = ~14 DH/L (mi-2026) → indice 158, soit +58 %
- Points 2018, 2024, 2025 : estimations indicatives de la forme de courbe, à remplacer par la série GlobalPetrolPrices exacte
Ancrages réels — SMIG
- 2016 = 13,46 DH/h → indice 100
- 2026 = 17,92 DH/h (1ᵉʳ janvier 2026, décret 2.25.983) → indice 133, soit +33,1 %
- Points intermédiaires lissés
Ancrages réels — IPC
- Source HCP : indice 119,6 fin 2025 (base 2017 = 100)
- Rebasé 2016 = 100 → ≈ +22 % cumulés en 2026
- Trajectoire annuelle reconstituée (faible 2016-2021, saut 2022-2023, plat ensuite), à caler sur l'IPC mensuel pour le détail exact
Point en suspens
- Le passage de la marge dépositaire à l'indice 106 (le +30 DH/t / +6 %) : la base 2016 reste à confirmer sur le texte de l'arrêté 1242.16
Sources affichées
- Bulletin officiel n° 7510 (décision n° 936.26, mai 2026)
- HCP (IPC)
- GlobalPetrolPrices (diesel)
- Décret SMIG 2.25.983
La décision n° 936.26, signée par la ministre de l'Economie et des Finances Nadia Fettah le 5 mai et publiée au Bulletin officiel n° 7510 du 21 mai, se lit comme une concession. Après la menace d'arrêt de travail des dépositaires en avril, le gouvernement relève leur marge, avec effet rétroactif au 1er mars 2026. Rapporté à la bouteille domestique de 12 kg, l'ajustement représente 36 centimes. Le prix payé par le ménage ne bouge pas. Présenté ainsi, l'épisode tient de l’ajustement réglementaire. Lu autrement, il montre choses : ce qui est resté gelé pendant 10 ans, et qui finit par payer la note.
La décennie gelée
Le nouvel arrêté ne fait pas que fixer des chiffres : il modifie l'article 3 de celui du 25 avril 2016. Et c'est précisément ce texte de 2016 qui est au cœur de la tension sociale du printemps. Lorsque, en avril, l'Association professionnelle des dépositaires grossistes et distributeurs annonce un arrêt de travail de 48 heures avant de le suspendre à l'issue d'une réunion réunissant l'Intérieur, la Transition énergétique et les Finances, le grief tient en une date : la dernière révision de leur rémunération remontait à 9 ans. La réécriture de l'arrêté de 2016 n'est donc pas un toilettage juridique : elle clôt, très partiellement, une décennie de gel que les professionnels avaient fini par porter sur la place publique.
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