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24.02.2022 à 12 H 18 • Mis à jour le 24.02.2022 à 12 H 18

Stress hydrique : l’assèchement des grands barrages du Maroc vu par satellite

En 2022, les principales retenues d'eau du Maroc ont atteint des niveaux de remplissage historiquement bas. Une situation qui ne date pas de la sécheresse actuelle. Le Desk a compilé des images satellitaires actualisées, capturées entre février 2015 et février 2022. Elles illustrent la lente et progressive détérioration des réserves de six barrages du Maroc



Au 20 février 2022, le taux de remplissage des principaux barrages du pays s’élevait à peine à 33,1 %, soit près de 15 % de moins que le pourcentage enregistré à la même période l’an dernier (48 % au 20/02/2021).


Les plus importantes retenues ont été enregistrées par Al Wahda (1984,2 millions de mètres cubes au 22/02/2022), Idriss Ier (495,4 millions de mètres cubes) et Oued El-Makhazine (446,4 millions de mètres cubes), tous trois situés dans la partie nord du pays. Si ces barrages, ainsi que ceux de certaines régions comme l’Oued Sebou, emmagasinent une réserve plutôt satisfaisante dans l’ensemble, il n’en va pas de même pour de nombreux autres, dont le déclin sévère menace la sécurité hydrique de nombreux territoires du pays.


À travers des images des satellites Landat-8 et Sentinel-2, Le Desk propose un tour d’horizon de sept barrages qui ont enregistré d’importantes baisses.


Barrage Al-Massira : une baisse de 77 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


Situé l’Oum Er-R’bia, le barrage Al-Massira est le deuxième plus grand du pays par sa capacité, qui s’élève à 2 milliards 657 millions de mètres cubes. L’ouvrage, entré en service en 1979, est destiné à l’E,I,A.E.P.I (Énergie, Irrigation, Alimentation en Eau Potable et Industrielle). Il assurait durant ses meilleures années une partie de l’approvisionnement en eau potable et industrielle de la bande côtière s’étendant de Rabat à Safi, ainsi que l’irrigation de 100 000 hectares dans les Doukkalas.


En 2020, le barrage Al-Massira a été perforé afin de raccorder Marrakech, dont les réserves hydriques ont été mises à mal par l’assèchement progressif du barrage de Lalla Takerkoust.


Alors qu’elle atteignait en mars 2015 2 milliards 242 millions de mètres cubes, soit un taux de remplissage de 84,4 %, la retenue d’Al-Massira a décliné d’année en année. À la date du 22 février 2022, il affiche à peine 172,3 millions de mètres cubes, équivalant à un taux de remplissage de 6,5 %  son plus bas niveau historique. Lourdement grevé par la faible pluviométrie enregistrée cette année, ainsi que par l’augmentation des besoins en eau des grandes villes qu’il dessert, le barrage Al-Massira fait partie des plus déficitaires du pays. Afin de préserver l’eau potable destinée aux centres urbains, les autorités de tutelle ont décidé de suspendre la dotation en eau d’irrigation à partir du barrage.


Images satellitaires retraçant l’évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Graphique du taux de remplissage du barrage entre 2015 et 2022


Barrage Bin El-Ouidane, une baisse de 71 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


Édifié en 1953 dans le resserrement de l'Oued El Abid, l'affluent le plus important de l'Oum Er-R'bia, le barrage Bin El Ouidane a par le passé assuré la mise en valeur 69 500 hectares de terres fertiles dans la plaine du Tadla, qui contribuaient à la production agricole du pays avec 135 000 tonnes de sucre de betterave et 13 millions de litres de lait, peut-on lire dans un ouvrage institutionnel publié en 2008. Le barrage contribue également à la production d'électricité.


Troisième barrage du pays par sa capacité (1215 millions de mètres cubes), la réserve de Bin El-Ouidane a baissé de 71 % entre 2015 et 2022, passant d'un milliard 45 millions de mètres cubes (84,8 %) à 167,7 millions (13,8 %).


Images satellitaires retraçant l'évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Graphique du taux de remplissage du barrage entre 2015 et 2022


Barrage El Mansour Eddahbi, une baisse de 74,9 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


Construit en 1971, le barrage El Mansour Eddahbi se situe en aval de l'Oued Drâa, à proximité du complexe solaire Noor et à 25 kilomètres de la ville de Ouarzazate. Avec une capacité de 445 millions de mètres cubes, il assure l'irrigation de la vallée de Drâa, alimente en eau potable et industrielle la région de Ouarzazate, et sert à la production d'énergie électrique. Sa retenue enregistre depuis quelques années une baisse continue, passant de 435 millions de mètres cubes à seulement 102 millions de m3 en sept ans.


Images satellitaires retraçant l'évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Barrage Moulay Abdellah : une baisse de 69,4 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


Situé sur l'Oued Ougar, l'affluent principal du fleuve Tamri, le barrage Moulay Abdellah alimente en eau potable la région d'Agadir à hauteur de 28 millions de mètres cubes par an. Sa capacité normale s'élève à 90,6 millions de mètres cubes.


Tandis qu'il enregistrait 77 millions de mètres cubes en mars 2015, atteignant ainsi 85,1 % de sa capacité de remplissage, la réserve du barrage a chuté à 14,2 millions de mètres cubes le 22 février 2022, soit à peine 15,7 % de son potentiel de stockage.


En baisse continue depuis des années, la retenue du barrage Moulay Abdellah peine de plus en plus à alimenter une région fortement menacée par le stress hydrique. En octobre 2020 déjà, des restrictions à la consommation de l'eau avaient été instaurées à d'Agadir, avec des coupures quotidiennes entre 22h et 5h30.


Images satellitaires retraçant l'évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Graphique du taux de remplissage du barrage entre 2015 et 2022


Barrage Abdelmoumen, une baisse de 58,3 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


D'une capacité de 198,4 millions de mètres cubes, le barrage Abdelmoumen est situé sur l'Oued Issen (province de Taroudant). Mis en service en 1981, il régularisait par le passé un volume d'eau dont la majeure partie était dédiée à l'agriculture, en couvrant un secteur d’irrigation de plus de 13 000 hectares, notamment les vergers d'agrumes de la rive gauche du Souss autour d’Ouled Teima. Outre l'approvisionnement en eau potable et agricole, le barrage comporte également une unité de production d'énergie.


En mars 2015, son taux de remplissage s'élevait à 62,1 % (23,2 millions de mètres cubes). En février 2022, il enregistre à peine 7,6 millions de mètres cubes, soit 3,8 % de sa capacité. En raison de la baisse des réserves du barrage, l'irrigation a été interrompue en juillet 2017.


Images satellitaires retraçant l'évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Graphique du taux de remplissage du barrage entre 2015 et 2022


Barrage El Kansra, une baisse de 69,1 %


Images satellitaires du barrage en 2015 et en 2022


Réalisé entre 1927 et 1935 et situé sur l'Oued Beht, à une vingtaine de kilomètres au sud de Sidi Slimane, il s'agit du plus ancien barrage d'accumulation du pays. En 2015, il battait son record de remplissage : 100,34 % au 22 janvier 2015. En février 2022, 25,1 % — alors que les autres retenues d'eau du bassin hydraulique de Sebou affichent des taux de remplissage supérieurs à 50 %.


D'une capacité de 216 millions de mètres cubes, le barrage El Kansra est destiné à l'énergie, l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable et industrielle. Cette année, il n'alimentera pas près de 10 000 hectares de terres agricoles en raison de la baisse de ses réserves.


Images satellitaires retraçant l'évolution des réserves du barrage entre 2015 et 2022


Graphique du taux de remplissage du barrage entre 2015 et 2022

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