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11.03.2025 à 02 H 57 • Mis à jour le 11.03.2025 à 02 H 57
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Sur le Sahara, l’Amérique latine est toujours aussi volatile pour le Maroc

En 2022, Le Desk radiographiait l’ancrage diplomatique des pays de la sphère latino-américaine sur la question du Sahara. Depuis, et malgré divers revers de la part du Pérou, de l’Équateur ou encore du Panama, le Polisario séduit toujours la vague socialiste au pouvoir dans plusieurs capitales de cette région du monde. Nouveau tour d’horizon



Le chef des séparatistes du Front Polisario, Brahim Ghali, a assisté le 2 mars dernier à Montevideo à la prestation de serment du nouveau président de l’Uruguay, Yamandú Orsi (Frente Amplio, gauche). Ghali « a reçu un accueil spécial de la part du président élu et de son vice-président, qui lui a permis de renouveler ses félicitations au nouveau président ainsi qu'au peuple uruguayen, au nom du gouvernement et du peuple de la République sahraouie, pour sa victoire aux élections présidentielles, ayant coïncidé avec le quarantième anniversaire de l'instauration de la démocratie dans le pays », indique une dépêche de l’agence frontiste SPS. D’après certains clichés consultés par nos soins, Brahim Ghali a profité de sa présence à l’événement pour saluer le roi Felipe VI d’Espagne, mais aussi pour poser avec la vice-présidente du gouvernement espagnole, Yolanda Díaz. « Il a également tenu des réunions avec la plupart des chefs d'État et de gouvernement et de délégations participantes, notamment avec le président élu (de l’Uruguay, ndlr) et son adjoint. Il s’agit des présidents de la Colombie, de la Bolivie, du Panama, de l’Arménie, du Honduras, du Guatemala et avec le secrétaire général de l’Organisation des États d’Amérique (OEA) », rapporte également SPS dans une autre dépêche.


Occasion manquée

Historiquement marginaux, les échanges entre Rabat et Montevideo se sont longtemps heurtés à des divergences diplomatiques liées à la question du territoire contesté. L’Uruguay - qui a été le premier pays latino-américain à établir des relations diplomatiques avec le Maroc, en 1959 - figurait parmi les rares pays d'Amérique latine à reconnaître la « RASD » en 2007, un positionnement qui a freiné le développement des relations commerciales jusqu'à récemment. Ce contexte explique les chiffres modestes des échanges, avec une présence limitée de produits uruguayens sur le marché marocain et vice versa, malgré des complémentarités sectorielles potentielles.


Pourtant, Rabat avait réussi ces dernières années une percée prometteuse dans au sein des instances dirigeantes à Montevideo, grâce notamment aux efforts en matière de diplomatie parlementaire. En décembre 2022, il était même question d’un gel des relations diplomatiques entre l’Uruguay et le Polisario, qui dispose d’une ambassade dans la capitale. Mais force est de constater que Rabat n’aura pas su profiter de la présence d’un locataire de droite - pour laquelle la diplomatie marocaine cultive un penchant naturel dans cette région du monde - au palais présidentiel pour provoquer une inflexion de la position officielle de l’Etat uruguayen sur la question du Sahara. Pire encore, Brahim Ghali aurait été invité par le président sortant, Luís Lacalle Pou, à la cérémonie d’investiture de son successeur, à en croire SPS.

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