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20.08.2018 à 16 H 05 • Mis à jour le 20.08.2018 à 16 H 05
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n°342.En quoi consistait le service militaire instauré en 1966 ?

La décision d’instaurer le service militaire obligatoire après son abolition en 2006 rappelle qu’en 1966, dans un contexte politique et social en effervescence marqué par l’Etat d’exception, le roi Hassan II avait imposé une telle mesure pour tous les Marocains âgés de 18 ans, la présentant comme un moyen de modernisation et de promotion sociale

Validé officiellement en Conseil du gouvernement, le projet de loi relatif au service militaire devrait être bientôt adopté en Conseil des ministres, sous la présidence du roi. Si le texte n’a pas tardé à susciter inquiétudes et débats sur les réseaux sociaux, l’obligation de passer par l’ordre militaire n’est pourtant pas une nouveauté au Maroc. Déjà, en 1966, Hassan II avait imposé, par décret-royal, et en période d’Etat d’exception, un service militaire obligatoire.


A l’époque, le Maroc venait de connaître très grandes mobilisations estudiantines. La sélection pour l’entrée du secondaire, soulevée par le ministre de l’éducation nationale Mohamed Benhima, avait provoqué colère et indignation chez les organisations ouvrières, étudiantes et syndicales. Quelques mois après, et pour parer à une recrudescence des contestations, Hassan II institue par décret royal, un service militaire obligatoire de 18 mois pour tous les Marocains âgés de 18 ans, le présentant comme un moyen de modernisation et de promotion sociale.


Une formation militaire mais aussi technique et professionnelle

L’idée du service militaire d’antan ne se cantonnait pas à la seule administration d’une formation militaire de base, pour « permettre au citoyen marocain de contribuer à la défense de la Patrie », comme le soulignait le décret-royal l’instituant.


Il était également question d’une formation technique et professionnelle, mise en place, afin « d’élever le niveau social du citoyen et de la faire participer au développement du Pays ». La mention de contribution à des travaux d’intérêt général était également mise en avant.

 

Un service militaire lié à la fonction publique

« Dévouement, sens du sacrifice et discipline » étaient ainsi les qualités mentionnées dans le décret-royal, qui visait à imposer à tous les citoyens marocains de sexe masculin un service militaire. Tous, mais avec quelques menues exceptions à l’image des personnes ayant une « inaptitude physique, des charges de famille » ou encore concernées par « la poursuite d’études ».


Dans le texte publié organisant le service, on peut également lire que toute personne qui souhaiterait « postuler à un emploi dans l’administration ou être investi de fonctions publiques » devra dans un premier temps être dans une situation régulière au regard de la loi sur le service militaire.


Afin d’être sélectionnés, un arrêté du Premier ministre fixait chaque année les catégories de professions à prendre en considération ainsi que les conditions à remplir par les bénéficiaires, précisait un décret d’application. En guise d’exemple, pour la seule année de 2006, près de 5 000 personnes ont été appelées. Les estimations quant à la sélection annuelle définissent à 10 000 personnes le nombre en moyenne de marocains appelés par l’armée. Ce nombre se répartissait ensuite entre actifs et réservistes.


Il aura fallu attendre le nouveau règne, et 2006 plus précisément, pour que Mohammed VI décide de l’abandon du service militaire. C’est le gouvernement Jettou de l’époque, dont le porte-parole était Nabil Benabdellah, qui avait annoncé la nouvelle. La suppression avec « effet immédiat » était justifié par le dirigeant du PPS, par les instructions du roi, qualifiant la décision de « tout à faite normale et allant dans le sens de ce que plusieurs pays ont pu faire ».


En pleine libéralisation du pays et de privatisation des entreprises publiques, le Maroc ne voyait plus nécessaire d’opter pour un contingent d’effectifs recrutés grâce au service militaire. L’annonce donc du retour du service militaire pourrait renseigner sur un probable revirement de la politique sociale et économique du pays, si d’autres raisons sécuritaires ne viennent prendre le dessus.

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