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22.11.2022 à 21 H 21 • Mis à jour le 23.11.2022 à 11 H 05 • Temps de lecture : 4 minutes
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n°821.Hydrogène vert: Mohammed VI veut développer une « Offre Maroc » pour la filière

Les ambitions du Maroc dans l'hydrogène vert: Mohammed VI vient lancer la réflexion autour d'une « Offre Maroc » couvrant l'ensemble de la chaîne de valeur de la filière. Les détails

Diffusé ce mardi soir, un communiqué du Cabinet royal concrétise les ambitions marocaines en matière d'hydrogène vert : lors d'une réunion de travail présidée par Mohammed VI et consacrée à la question des énergies renouvelables, le Roi Mohammed VI a donné ses instructions aux différentes parties présentes, ministères de l'Intérieur, de l'Économie et de la Transition énergétique, en plus de l'Office national de électricité et de l'eau, pour plancher sur une « Offre Maroc » pour l'hydrogène vert.


« Afin de placer le Maroc dans le club des pays à fort potentiel dans cette filière d’avenir, et répondre aux multiples projets portés par des investisseurs et leaders mondiaux, le Souverain a donné ses instructions à l’effet d’élaborer, dans les meilleurs délais, une « Offre Maroc » opérationnelle et incitative, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de la filière de l’hydrogène vert au Maroc », peut-on lire du communiqué, ajoutant que « cette offre devrait comprendre, outre le cadre réglementaire et institutionnel, le schéma des infrastructures nécessaires ».


Des géants qui se bousculent

Une concrétisation des projets à venir de l'hydrogène vert Au Maroc, alors même qu'en coulisses et comme le révélait Le Desk, plusieurs géants de l'énergie se bousculent pour tenter de planter leur drapeau au Royaume et récupérer de l'État le foncier et le soutien nécessaires.


Parmi les premiers acteurs s'étant manifesté, on retrouve le Français TotalEnergies, s'étant allié au groupe Eren, et qui à travers leur joint-venture Total Eren ont déjà obtenu il y a maintenant exactement une année un avis favorable de la part de la Commission régionale unifiée d'investissement (CRUI) présidée par le wali de la région de Guelmim-Oued Noun.


En jeu, un projet hybride visant à produire pas moins de 10 GW de capacité de production électrique renouvelable afin d'alimenter les unités d'électrolyse produisant l'hydrogène, destiné en priorité à l'export vers l'Europe. Ce projet, appelé sobrement « H2 Tilemzoune », réparti en deux zones (Tilemzoune Ouest et Tilemzoune Est), couvre l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène vert, depuis la production d’électricité éolienne et photovoltaïque à l’export de l’hydrogène.


Un gigantesque projet qui se heurte cependant actuellement à un soucis en matière de sécurisation du foncier nécessaire. Pour cause : d'autres concurrents sont dans les starting-blocks, à l'instar du Danois CIP que nous révélions, mais aussi de l'Américain CWP Global, dont de premiers détails avaient été leakés par Mbarka Bouaida à la presse.


Au-delà de ces noms, d'autres n'ont pas manqué de communiquer en bonne et due forme sur leurs intentions : c'est le cas, entre autres, de l'Indien Adani, affirmant être déjà en pourparlers avec les autorités marocaines mais aussi avec le groupe OCP.


Derrière l'ambition énergétique, le joker diplomatique

Un futur rapport de forces entre plusieurs géants mondiaux étant en mesure de développer des projets de grande envergure et dont cependant les « candidatures » seront scrupuleusement guettées en haut lieu.


Depuis le 20 août, le Maroc semble vouloir confirmer sa volonté de trier ses partenaires, leur demandant on ne peut plus de clarté au sujet d'une question cruciale pour le Maroc : le dossier du Sahara occidental. Dans le viseur, la France tout d'abord, perçue traditionnellement comme le premier investisseur au Royaume, mais dont la ligne diplomatique peine à ravir Rabat. Difficile ainsi de voir le Maroc donner carte blanche à un groupe français, alors même que les relations diplomatiques entre les deux pays ne semblent pas être au beau fixe.


Cela sans oublier que pour l'heure la seule région privilégiée en matière d'hydrogène vert, semble être une province du sud, celle Guelmim-Oued Noun où les conditions météorologiques et climatiques se conforment à la typologie des projets à développer.


« L'Offre Maroc » ou la réflexion autour de l'imposition de royalties

Comme nous l'expliquions précédemment dans notre enquête consacrée au projet de TotalEren au Maroc, le développement de la filière de l'hydrogène vert au Royaume devra, selon nos sources, prendre en compte une idée à l'étude depuis quelques années : comme pour le pétrole, le Maroc projette d'imposer des royalties aux investisseurs privés désireux de se lancer dans ce secteur.


Formulée par l'ex-ministre de l'Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy l'idée avancée dispose que le Maroc ne devrait pas se contenter de signer des accords avec des géants mondiaux de l'énergie, en espérant gagner en termes de création d'emplois.


Le Royaume souhaiterait ainsi passer à la vitesse supérieure, en réclamant des royalties sur les ressources financières générées, à l’image de l’industrie pétrolière, comme nous l'écrivions.


Rabat verrait en toute autorisation accordée à des opérateurs étrangers, un avantage accordé au pays originaire et la nécessité de payer déjà un tribut financier par rapport à l'exploitation de deux ressources naturelles : le vent et le soleil. Inépuisables, le Maroc y voit un garant de la pérennité des projets.

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