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13.12.2022 à 22 H 46 • Mis à jour le 14.12.2022 à 02 H 03 • Temps de lecture : 6 minutes
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n°834.Le Maroc peut-il stopper Mbappé et autres questions qu’il faut se poser avant le choc Maroc-France

Le Maroc affronte la France, championne du monde en titre, ce mercredi en demi-finale de la Coupe du monde. Après un parcours héroïque qui a vu les Lions éliminer coup sur coup la Belgique, troisième de l’édition 2018, l’Espagne, rivale naturelle et puissance footballistique puis le Portugal de Cristiano Ronaldo, favori au sacre, Walid Regragui doit faire face au test le plus difficile jusqu’ici

Les Bleus de Didier Deschamps ne sont pas vraiment ce que l’on pourrait qualifier d’apôtres du beau football, tel que le seraient les Espagnols ou les Brésiliens. Disons plutôt qu’ils ne le sont plus, depuis un temps déjà. Après l’humiliation subie à domicile lors de l’Euro 2016 par le très controversé Portugal de Fernandos Santos qui avait atteint la finale de la compétition en ne gagnant qu’une seule partie sur 90 minutes - la demi-finale contre le Pays de Galles, 2-0 -, Dédé a bien compris qu’il fallait proposer autre chose que du football champagne pour remporter des titres. Chose faite dès le Mondial 2018. Critiquée pour son football passif, taxée de « chanceuse », l’Equipe de France ne séduit pas, mais parvient tout de même à accrocher une deuxième étoile sur son maillot.


A quoi faut-il s’attendre ?

L’Equipe de France pratique un football hybride, à mi-chemin entre le juego de posición face à un adversaire plus faible, et le football de transition devant un rival égal. Les Bleus ne cherchent pas forcément la domination de la possession, mais utilisent plutôt celle-ci pour gérer les périodes creuses des matchs et permettre aux protagonistes de reproduire la structure naturelle de l’équipe après un moment de temps forts, ou pour siphonner l’intensité imposée par l’adversaire. En moyenne, la France totalise 54,8 % de possession de balle par match. Un chiffre bien inférieur aux 75,8 % obtenu par l’Espagne, les 62,8 % des Anglais ou les 61,6 % de Messi &  Co. En revanche, les Français ont touché le ballon 136 fois dans la surface inverse


Le Maroc, lui, est avant-dernier de ce classement avec 32,4 % en moyenne sur les cinq matchs disputés jusqu’ici. Mais ça ne semble pas déranger outre-mesure le sélectionneur, Walid Regragui. « On va jouer comme on sait le faire. Après, il y a la mode. […] 70 % de possession balle et tu as tiré deux fois dans le match. […] On va se battre avec nos moyens pour gagner. En face, il y a le meilleur sélectionneur du monde et il a compris ça depuis bien longtemps. S’ils nous laissent la possession, on la prendra, et s’ils ne nous la laissent pas, on va les empêcher de tirer au but », commentait-il ce mardi en conférence de presse.


Le Maroc doit-il changer de système de jeu ?

Tout porte à croire que le Maroc ne changera pas la stratégie qui lui a permis d’atteindre ce niveau de la compétition. D’abord, parce qu’il n’y aucun intérêt. La France n’a, pour le moment pas eu à affronter une équipe aussi désintéressée par le ballon. Face à l’Australie (4-1), les Tricolores ont totalisé 62 % de la possession de la balle. Les Socceroos avaient pourtant, après leur premier but, tenté de garder le ballon, histoire de jouer la montre et frustrer l’opposition. Malheureusement, c’est exactement ce dont les Français sont friands. Une fois le pressing haut français déclenché, les Australiens se sont complètement désorganisés et les erreurs techniques se sont succédées. Le deuxième but français, inscrit par Olivier Giroud, en est le parfaitement exemple.



Est-il possible de stopper Mbappé ?

A premier abord, non. Un joueur de ce calibre, doté de sa vitesse, de son intelligence sans le ballon et de sa justesse technique transcende les considérations tactiques. Nous pourrions dire la même chose de Lionel Messi, de Cristiano Ronaldo - à son époque, évidemment - ou de Erling Haaland. Ce qui est sûr, c’est qu’il est tout à fait possible de limiter son impact sur le jeu et les dégâts qu’ils peut causer. L’Angleterre, malgré son élimination au tour précédent, a plutôt bien mené cette mission. Le natif de Bondy n’a tiré qu’une seule fois et n’a créé qu’une seule occasion de but sur les 100 minutes qu’il a disputées.


Comment les Three Lions ont-ils donc réussi cela ?

Tout simplement en affectant Kyler Walker à la surveillance personnelle de Mbappé. Mais son marquage de la star du PSG mérite d’être analysé. De façon générale, l’Angleterre a positionné ses 11 joueurs sur le rectangle vert de manière à correspondre au placement des 11 Français. Deschamps emploie un 4-2-3-1 asymétrique, dans lequel le latéral droit - Pavard ou Koundé - forment une ligne de trois avec les deux axiaux Varane et Upamecano. Cela donne plus de liberté à Théo Hernández et Ousmane Dembélé de se positionner très haut sur leurs flancs respectifs. Griezmann et Mbappé occupent quant à eux les halfspaces (demi-espaces entre les latéraux et défenseurs centraux adverses) droit et gauche, bien que le numéro 7 décroche régulièrement pour assister les joueurs de l’entrejeu, Adrien Rabiot et Aurélien Tchouaméni dans la progression du ballon.


Plan de match Angleterre-France. Qatar 2022. Infographie : Mohamed Mhannaoui / Le Desk


En face, le sélectionneur anglais Gareth Southgate a reproduit cette même ligne de trois en resserrant le positionnement de Kyle Walker dans l’axe, de manière à ce qu’il se place constamment face à Kylian Mbappé. En réalité, le numéro 2 anglais se tient toujours à une certaine distance de la star du PSG. Conscient de la supériorité athlétique de son adversaire, il concède quelques mètres de « sécurité ». De cette manière, si Mbappé venait à démarrer, il parviendrait à anticiper la trajectoire de sa course et éventuellement le retenir une fois qu’il recevra le ballon.


La tâche de Kyler Walker consistait à marquer Kylian Mbappé dans son halfspace, tout en gardant en distance de sécurité en cas de démarrage du joueur français.. Le Desk
Écoeuré par le marquage de Walker, Mbappé décroche de sa zone et se place en pointe de la ligne d'attaque, où il n'est pas forcément à l'aise.. Le Desk


Hakimi peut-il reproduire la prouesse de Walker ?

Ce mercredi, Mbappé aura face à lui un visage familier, celui de son coéquipier en club Achraf Hakimi. Le numéro 2 du Mountakhab ne possède pas le même profil que son homologue anglais, Hakimi étant lui-même un des joueurs les plus rapides du monde, particulièrement sur la première dizaine de mètre où il fait étalage de toute sa capacité d’accélération, tout comme Kylian Mbappé. « S’il y a un joueur qui connaît mieux Kylian que moi, c’est bien Achraf, qui s’entraîne tous les jours avec lui. Mais on ne va pas mettre en place un dispositif tactique par rapport à Kylian, car malheureusement pour nous, il n’y a pas que lui, entre Griezmann et sa qualité de jeu entre les lignes, Ousmane (Dembélé) qui est le complément parfait de Kylian », assure Regragui. Ce mercredi, pendant que le Maroc et la France batailleront pour une place en finale de Coupe du monde, Mbappé et Hakimi disputeront leur propre match, dans le match.

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