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19.12.2016 à 12 H 54 • Mis à jour le 19.12.2016 à 12 H 54 • Temps de lecture : 4 minutes
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n°83.Pourquoi l’essor de l’Afrique est une triple opportunité pour le Maroc selon Mc Kinsey

Le dernier rapport consacré par le McKinsey Global Institute aux perspectives économiques de l’Afrique montre que la dynamique d’émergence du continent, même ralentie, reste solide. Surtout, la poursuite de l’essor africain recèle trois grandes opportunités pour le Maroc : celle d’accroître ses débouchés commerciaux, celle de densifier ses liens économiques avec l’Afrique de l’Est et le Nigeria, en forte émergence, et enfin, celle de renforcer la coopération technique en diffusant les bonnes pratiques du modèle marocain

Par-delà les turbulences économiques et monétaires liées à la chute des cours des matières premières et aux évolutions politiques, les économies africaines devraient continuer de croître à un rythme soutenu – c’est le principal enseignement du rapport « Les Lions en mouvement II – Réaliser le potentiel économique de l’Afrique » publié fin septembre par le McKinsey Global Institute, think tank indépendant adossé au cabinet de conseil McKinsey.


L’Afrique devrait ainsi rester la deuxième région du monde en plus forte croissance d’ici la fin de la décennie, et selon les prévisions, les dépenses des ménages et celles des entreprises devraient y progresser de 1 600 milliards USD à horizon 2025. Outre que le Maroc devrait s’inscrire dans cette dynamique favorable, le rapport du McKinsey Global Institute fait ressortir qu’il est particulièrement bien positionné pour tirer profit de cet essor, et qu’il

pourrait notamment saisir trois grandes opportunités :


  1. L’opportunité d’accroître les débouchés commerciaux à l’export du Maroc.


L’accroissement des échanges intra-régionaux constitue l’une des priorités identifiées par le McKinsey

Global Institute, alors que l’Afrique dépend encore beaucoup des importations. Sur ce créneau, le Maroc pourrait accroître ses parts de marché à l’export, tant pour les biens que les services.


Concernant les produits manufacturés, le Maroc pourrait viser, en l’espace de dix ans, de faire passer ses exportations automobiles vers l’Afrique de 1,6 à 7 milliards MAD, ses exportations agroalimentaires de 1,4 à 5,9 milliards MAD, et ses exportations de matériel électrique de 1,5 à 4,5 milliards MAD. La

consommation pour ces catégories de produits devrait être tirée surtout par deux segments, les consommateurs de classe moyenne mondiale et les consommateurs émergents, qui disposent d’un pouvoir d’achat discrétionnaire. Géographiquement, c’est au Nigéria et en Afrique de l’Est que ces segments connaîtront la croissance la plus rapide.


Pour les services, le Maroc dispose d’un avantage concurrentiel dans les activités financières et services professionnels, notamment à travers la plateforme Casablanca Finance City. Il pourrait mettre à profit, par exemple, l’essor attendu des produits d’assurance-vie dont la collecte serait susceptible de progresser de 20 milliards USD d’ici 2025, et les besoins de financement de projets, avoisinant les 150 milliards USD par an dans les infrastructures seules.


  1. L’opportunité de densifier les liens économiques avec l’Afrique de l’Est et le Nigeria

 

Le Maroc dispose traditionnellement en Afrique de liens économiques privilégiés avec l’Afrique de l’Ouest francophone, mais il devrait aussi raffermir ceux qu’il a commencé d’établir avec certain pays d’Afrique anglophone, en particulier le Nigéria et l’Afrique de l’Est.


Première économie d’Afrique, le Nigéria devrait générer à lui seul 15 % de la croissance des dépenses de consommation du continent d’ici 2025, ainsi que 23 % de la croissance des dépenses des entreprises. L’Afrique de l’Est (Ethiopie, Kenya, Rwanda et Tanzanie) devrait afficher un dynamisme comparable. « Deux vecteurs prioritaires peuvent aider le Maroc à conforter son rôle économique dans ces régions à haut potentiel, indique Yassir Zouaoui, directeur associé de McKinsey au bureau de Casablanca et coauteur de l’étude. Il s’agit d’abord des champions nationaux devenus champions africains, en particulier dans les secteurs bancaire et de l’assurance, les télécoms et l’industrie, mais également l’agriculture et les fertilisants, critiques dans la transformation agricole de l’Afrique de l’Est. Ces champions pourraient jouer un rôle opportun de « tête de pont » en s’implantant dans ces zones ».


Le second vecteur d’importance est la logistique, commerciale et aérienne : il conviendrait notamment de renforcer les liaisons aériennes avec les principales métropoles d’Afrique de l’Est, comme Nairobi, Kigali ou Adis Abeba, qui sont en plein essor aujourd’hui, et d’envisager l’établissement de plateformes logistiques régionales à même de favoriser le commerce inter-régional.



  1. L’opportunité de renforcer la coopération technique du Royaume.


Le modèle marocain est cité à plusieurs reprises dans le rapport, notamment son expérience réussie d’attraction d’investissements industriels. D’autres pays d’Afrique pourraient ainsi vouloir s’inspirer des politiques menées par le Maroc depuis les années 90, et qui répondraient à leurs enjeux actuels ou à venir, par exemple en matière de développement des logements sociaux, d’électrification rurale, de formation professionnelle ou d’attraction d’investissements étrangers.


A cet égard, le Royaume pourrait renforcer ses programmes de coopération technique, et apporter son expertise dans ces domaines prioritaires pour le continent. « En définitive, conclut Yassir Zouaoui, il y a tout lieu de se réjouir des perspectives de croissance à long terme de l’Afrique. A l’heure où d’autres parties du monde, sur lesquelles le Maroc s’était beaucoup appuyé pour initier l’émergence, multiplient les signes d’un ralentissement prolongé, le Royaume dispose, grâce à la dynamique africaine, de réelles opportunités sur lesquelles s’appuyer afin de poursuivre sa trajectoire de développement ».


Document Mc Kinsey, 19 décembre 2016


Le rapport Lions on the move II : Realizing the potential of Africa’s economies est disponible en libre téléchargement sur le site web du McKinsey Global Institute en version anglaise.

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