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29.01.2018 à 19 H 14 • Mis à jour le 29.01.2018 à 19 H 15 • Temps de lecture : 4 minutes
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n°269.Présidentielle en Égypte: comment al-Sissi a verrouillé le jeu

Sept ans après la révolution de la place Tahrir aboutissant à la chute de Hosni Moubarak, l’issue du scrutin présidentiel qui aura lieu du 26 au 28 mars ne fait guère de doute

Alors que le dépôt de candidatures pour l’élection présidentielle égyptienne de mars est terminé depuis lundi à la mi-journée, tous les rivaux potentiels à l’actuel maréchal-président Abdel Fattah al Sissi, au pouvoir depuis 2014, ont été écartés.


Seule la candidature de Moussa Moustafa Moussa, dirigeant du parti Ghad  parti allié de l’actuel président, a été enregistrée. Cette candidature de dernière minute évite ainsi au chef de l’État d’être l’unique candidat à sa propre succession dans un contexte où le régime a soigneusement veillé à bloquer toute concurrence.


Défections en série 

Début décembre, quelques jours seulement après avoir fait part de son intention de se présenter à l’élection présidentielle en 2018, Ahmad Chafik, dernier Premier ministre de Hosni Moubarak avant sa destitution en février 2011, est expulsé des Émirats arabes unis, pays allié du président Sissi.


Ahmad Chafik s’y était exilé en 2012, après sa défaite face au candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi. À l’agence Reuters, May Chafik, la fille d’Ahmad Chafik, explique alors que les Émirats ont expulsé son père « vers l’Égypte juste parce qu’il a annoncé qu’il serait candidat », précisant que « personne n’est autorisé à se présenter à la présidentielle ».


De retour dans son pays d’origine, celui qui fut aussi chef d’état-major de l’armée de l’air égyptienne, est considéré comme un rival sérieux pour l’actuel président égyptien. Mais, début janvier, Ahmad Chafik annonce qu’il renonce à se présenter au scrutin présidentiel.  « Mon absence pendant plus de cinq ans a sans doute mis une distance avec ma capacité à suivre de très près ce qui se passait dans notre pays en termes de développements et d’accomplissements en dépit des conditions difficiles », explique-t-il sur son compte Twitter.


Mardi 23 janvier, un autre candidat jugé sérieux face à Sissi est quant à lui arrêté au Caire. Sami Anan, général à la retraite et ancien supérieur hiérarchique d’Abdel Fattah al-Sissi, est accusé d’avoir falsifié le document attestant qu’il ne porte plus l’uniforme, condition requise pour briguer la présidence du pays car la loi interdit aux militaires de se porter candidats à la magistrature suprême.


Quelques jours plus tard, samedi 27 janvier, Hisham Geneina, un des responsables de son équipe de campagne, est attaqué et blessé devant son domicile dans la banlieue de la capitale. Hisham Geneina n’est autre que l’ancien patron de la lutte anti-corruption en Égypte qu’il dirigeait jusqu’en 2016, avant d’être congédié par Sissi.   


| LIRE AUSSI : Égypte : les candidats à la présidentielle renoncent les uns après les autres


Farce électorale 

L’arrestation de Sami Anan fait ainsi suite à une longue série de candidatures avortées. Tantôt après des arrestations. Ou des abandons non motivés. Figure ainsi le colonel Ahmed Konsowa. Suspecté de comportement qui nuit aux « exigences du système militaire », il a été arrêté début décembre puis condamné à six ans de prison.


L’avocat et défenseur des droits de l’Homme, Khaled Ali, accusé d’« atteinte à la décence publique » pour un doigt d’honneur supposé, et décrédibilisé par la presse, a également retiré sa candidature annoncée en novembre. Il attend toujours son jugement prévu pour le 7 mars.


Quant à Mohamed Anouar al-Sadate, neveu de l’ancien président Anouar el-Sadate devenu une voix dissidente, il a aussi renoncé le 16 janvier. Enfin, Mortada Mansour, le patron du club de football égyptien de Zamalek, a préféré s’abstenir.


Sept ans après la révolution de la place Tahrir aboutissant à la chute de Hosni Moubarak, l’issue du scrutin présidentiel qui aura lieu du 26 au 28 mars ne fait guère de doute. Si la victoire de Sissi semble acquise, plusieurs personnalités - dont d’anciens candidats comme Mohamed Anouar El-Sadate -, ont dénoncé une farce électorale, et appelé dimanche 28 janvier au boycott de ce scrutin.


La grogne monte aussi au sein de la population. Le plan de réformes économiques imposé par le Fonds monétaire international (FMI) en échange d’un prêt en novembre 2016 a conduit à une réduction drastique des subventions étatiques, notamment pour l’énergie et les carburants ainsi que sur des biens de consommation.


Le pays a également été contraint de laisser flotter sa devise pour obtenir un prêt de l’institution financière internationale. Si la monnaie est redevenue compétitive, les Égyptiens ont toutefois dû faire face à une augmentation des prix. Cette paupérisation croissante a asséné un grand coup à la popularité du président Sissi. Il est toutefois sûr d’être réélu.

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