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15.07.2017 à 17 H 35 • Mis à jour le 15.07.2017 à 17 H 35
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n°179.Rapport KPMG : 7 clés pour comprendre l’exploitation du phosphate au Sahara

Le Desk a obtenu copie d’un abstract du rapport commandité par l’OCP au cabinet d’audit KPMG en 2015 et mis à jour en juillet 2017. Il établi dans le détail les chiffres de l’exploitation de la mine de phosphate de Boucraâ au Sahara. Près de 37,7 milliards de dirhams de dépenses ont été engagés dans les activités minières depuis 1976. Aucun dividende issu des activités de Phosboucraâ n’a été versé à l’OCP

1 –  Phosboucraâ a été créée en 1962 par l’entreprise publique espagnole INI. Les activités minières à Boucraâ ont débuté en 1972. OCP a acquis 65 % de Phosboucraâ en 1976 et en est devenue l’unique propriétaire en 2002. Les activités de Phosboucraâ consistent en l’extraction, le traitement et la commercialisation de phosphate. Son chiffre d’affaires atteignait 766 millions de dirhams en 2013, soit environ 6 % des ventes totales de l’OCP.


Source : OCP


2- Malgré des performances financières négatives durant plusieurs années, l’OCP a continué à développer l’activité dans une logique de développement durable. Depuis 2000, la société a retrouvé un rythme croissance stable et connaît un accroissement de sa rentabilité, du fait notamment de l’augmentation des prix du phosphate. Les profits dégagés permettent la mise en place d’une stratégie ambitieuse visant au dynamisme industriel et au développement sociétal de la Région (c’est-à-dire des provinces Sud du Maroc, reconnues par les Nations Unies sous le terme de « Sahara Occidental »).


Copie de la lettre accompagnant le rapport KPMG consacré à Phosboucraâ.


3- Depuis 1976, l’OCP a engagé 37,7 milliards de dirhams de dépenses dans les activités minières (dépenses opérationnelles, coûts du personnel, immobilisations), 50 % desquelles ont bénéficié directement aux employés, aux fournisseurs ou aux sous-traitants de la Région. Aucun dividende issu des activités de Phosboucraâ n’a été versé à l’OCP, l’ensemble des profits réalisés étant destinés à être réinvestis localement.


Source: OCP


4- Le niveau des réserves minières est estimé à 8 millions de tonnes, ce qui représente 1,6 % des réserves totales de l’OCP, et correspond à une perspective d’exploitation de plus de 70 ans. Sur les plans technique et opérationnel, l’activité est pilotée d’une manière conforme aux standards internationaux. L’entreprise suit une logique de croissance à long terme, et s’est engagée dans un plan industriel ambitieux dont l’objectif est d’assurer sa compétitivité et de soutenir le développement économique de la Région. Les investissements récents les plus significatifs portent sur l’acquisition d’une nouvelle tractopelle pour l’extraction et de nouveaux camions, ainsi que sur la rénovation de l’infrastructure télécom et des travaux à l’usine de traitement. Le plan d’investissement sur la période 2014-2020 est d’un montant total de 22 milliards de dirhams, révisé à la hausse par rapport au plan précédent dont la réalisation a été légèrement décalée. Ce plan prévoit notamment la construction d’un nouveau port de chargement, d’une unité de flottaison et d’un complexe technique  l’acquisition de nouveaux matériels d’extraction ainsi que la construction d’une technopole qui comprendra notamment une université, un hôpital, un centre de R&D et un incubateur d’entreprises. Ce plan permettra de soutenir le développement économique et de garantir la pérennité de l’activité en permettant l’exploitation de différentes qualités de phosphate. Il sera également vecteur d’accès à une meilleure éducation et à un meilleur niveau de vie pour la communauté locale.


Source: OCP
Source : OCP


5- Phosboucraâ demeure le principal employeur dans la région, avec un effectif de 2 118 personnes en 2013, 59 % des employés étant issus de la Région (leurs familles s’y étant installées avant 1976). Depuis l’entrée au capital de l’OCP, et plus encore depuis 2001, la stratégie de recrutement est ostensiblement tournée vers le tissu local, y compris aux plus hauts niveaux hiérarchiques : 19 employés originaires de la Région occupent ainsi des fonctions de Top Management contre 1 seul en 2003. L’écart salarial existant par rapport aux salariés originaires du reste du Maroc s’explique par une qualification et une ancienneté encore inférieures. Pour y remédier, Phosboucraâ a ouvert un centre de formation spécialisé à Laâyoune en 1996 : son objectif est de former la main d’oeuvre locale en vue de favoriser son accession à des positions hiérarchiques plus élevées. L’augmentation naturelle de l’ancienneté et du niveau de qualification, grâce à la mise en place de ce programme de formation et à la construction d’établissements d’enseignement, devrait permettre de gommer progressivement les différences.


Source : OCP


6- En interne, Phosboucraâ est également engagée dans de nombreuses activités à portée sociale comme la finalisation de la Cité Minière, qui propose des logements et des structures médicales aux employés, la mise en oeuvre d’un programme facilitant l’accès à la propriété, l’acquisition de parcelles de terrain au bénéfice des familles originaires de la Région et la construction de crèches et d’écoles primaire ouvertes à la population. L’implication sociétale de Phosboucraâ se matérialise également par toute une série d’autres d’actions dont l’objectif demeure d’améliorer le niveau de vie de l’ensemble des habitants de la Région. Ces dernières années, cela a pris la forme d’un projet de préservation des plages, de contributions et de dons à plusieurs organisations locales et clubs de sport, de la construction d’une bibliothèque à Laâyoune et de travaux de rénovation et d’embellissement urbain.


7- Enfin, de nombreux travaux en faveur de la protection de l’environnement ont aussi été réalisés entre 2011 et 2013. Le réseau d’eau potable a été rénové, un système de contrôle du débit a été installé et l’usine de traitement des eaux usées est actuellement en phase de test. Phosboucraâ s’est également engagée dans une stratégie de transition vers l’énergie verte. Depuis juillet 2013, 99,8 % de l’énergie consommé par l’entreprise provient du champ éolien de Foum El Oued, ce qui permet une économie de 80 000 tonnes de CO2 par an. Un dispositif permettant de contrôler le niveau de particules produit par les équipements industriels a également été mis en place pour limiter les rejets dans l’atmosphère et améliorer la qualité de l’air. De la même manière, un système visant à limiter l’exposition des employés aux poussières industrielles a été installé.


Source : KPMG Forensic, Paris, 6 juillet 2017


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