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21.09.2020 à 18 H 18 • Mis à jour le 21.09.2020 à 18 H 44
Par
Rapport

Affaire Omar Radi: HRW craint une instrumentalisation du système judiciaire

Dans un long récit publié ce 21 septembre sur son site officiel, l’ONG Human Rights Watch revient sur l’affaire Omar Radi, affirmant qu’il s’agit pour le journaliste et militant d’un « emprisonnement abusif, d’accusations fragiles et de soupçons de manipulation médiatique ».


Pour réaliser son rapport, HRW dit avoir mené plusieurs entretiens, avec Omar Radi avant son arrestation, mais aussi avec « son père, ses deux avocats, trois de ses collègues, quatre témoins de deux incidents au sujet desquels il est poursuivi et plusieurs membres de son comté de soutien ».


Pour rappel, Omar Radi, en détention préventive à la prison locale de Ain Sebaa, (Oukacha), est poursuivi pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat en entretenant avec les agents d’une autorité étrangère des intelligences ayant pour l’objet ou ayant eu pour effet de nuire à la situation diplomatique du Maroc ». Autre chef d’inculpation retenu, « l’atteinte à la sûreté intérieure de l’État en recevant d’une personne ou d’une organisation étrangère une rémunération pour une activé ou une propagande de nature à ébranler la fidélité que les citoyens doivent à l’État et aux institutions du peuple marocain ».


Pour ces accusations, HRW déclare qu’elles ne semblent « fondées sur aucune preuve que Radi ait fait autre chose que des travaux journalistiques ou de recherche sur des entreprises (« due diligence ») ordinaires, et maintenir le contact avec des diplomates, comme le font beaucoup de journalistes et de chercheurs de manière routinière. Il n’y a apparemment aucun élément prouvant qu’il ait fourni des informations secrètes à quiconque ». A l’appui de ses conclusions, l’ONG cite notamment comme référence une enquête du Desk parue le 15 juillet.


Omar Radi a été régulièrement convoqué par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). « Une torture psychologique » affirment ses proches cités dans le rapport.


De plus, le procureur près de la Cour d’appel de Casablanca a également retenu une accusation de viol et d’attentat à la pudeur contre le journaliste Omar Radi sur la base d’une plainte déposée à la Cour d’appel de Casablanca. « Le Maroc a un long passif en termes de poursuites pénales contre des opposants pacifiques, mais l’accumulation des charges contre Omar Radi bat tous les records », commente à ce propos Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du nord à Human Rights Watch.


Pour ajouter que « désormais, les poursuites apparemment truquées contre des journalistes critiques figurent en bonne place dans le manuel des autorités marocaines pour étouffer toute contestation »,affirme-t-il, soulignant que « les accusations d’espionnage, ainsi qu’une cascade d’autres charges, semblent être concoctées pour faire tomber Omar Radi ».


Au sujet de la plainte pour viol, HRW fait le lien avec des affaires antérieures où « des journalistes indépendants, des activistes our des politiciens ont été arrêtés, poursuivis et emprisonnés pour des accusations douteuses d’agression sexuelle ou de relations sexuelles hors mariage », estime l’ONG, ajoutant que « certains de ces procès ont été largement dénoncés comme politiques, et dénués de garanties d’équité pour toutes les parties ». 


A titre d’exemples, HRW cite les cas de Hicham Mansouri, Hajar Raissouni, El Mostafa Erriq (membre de Al Adl wa’l Ihsan), Souleiman Raissouni ou encore Taoufik Bouachrine. Ceci-dit, dans le cas de Omar Radi, HRW précise que « l’accusatrice, qui s’est exprimée publiquement, a le droit d’être entendue et respectée. Au même titre que Radi, elle a droit à une procédure judiciaire équitable ».


Ce 22 septembre, le journaliste Omar Radi devrait comparaître devant le juge d’instruction de la Cour d’appel de Casablanca. Placé en détention provisoire depuis le 29 juillet, la défense a demandé sa libération le 2 septembre, avançant que « la détention provisoire devait être réservée aux cas exceptionnels, conformément à la Constitution et aux lois marocaines, ainsi qu’au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». La demande de liberté provisoire a été rejetée par le juge le 3 septembre.

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