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24.06.2026 à 21 H 16 • Mis à jour le 24.06.2026 à 21 H 16 • Temps de lecture : 5 minutes
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Météo

Alerte précoce face aux risques naturels : la DGM plaide pour plus de gouvernance, de capacités et d’innovation

Ksar El Kébir : mobilisation face aux risques d’inondation

La consolidation de la gouvernance multi-acteurs, le renforcement des capacités nationales et régionales et l'intégration de l'innovation technologique figurent parmi les principaux leviers identifiés pour consolider le système national d'alerte précoce face aux risques naturels. C'est le message porté par le Directeur général de la Météorologie, Mohamed Dkhissi, à l'ouverture mercredi à Casablanca de la Consultation nationale sur le dispositif d'Alerte Précoce pour Tous.


À cette occasion, Dkhissi a mis en avant les avancées réalisées par la Direction Générale de la Météorologie (DGM) pour consolider le système national d'alerte précoce, à travers la modernisation du réseau national d'observation météorologique, l'amélioration de la modélisation numérique du temps et le renforcement des compétences des équipes techniques. Il a toutefois relevé que la qualité des prévisions et la pertinence des alertes, bien qu'indispensables, ne constituent que le point de départ d'un dispositif réellement efficace. Pour le responsable, la réussite se mesure à la capacité d'acheminer l'information jusqu'à chaque citoyen exposé, afin qu'il puisse prendre les mesures appropriées au moment opportun. « Une alerte n'a de valeur que si elle est effectivement reçue, comprise et suivie d'une action  », a-t-il affirmé, estimant que la protection des populations dépend de l'ensemble de la chaîne allant de la prévision à la communication, puis à la réponse opérationnelle.


S'agissant des technologies émergentes, Dkhissi a souligné que les progrès enregistrés dans le numérique, les applications mobiles, l'intelligence artificielle et les réseaux sociaux ouvrent de nouvelles perspectives pour diffuser les alertes en temps réel, adapter les messages aux publics concernés et étendre leur portée jusqu'aux zones les plus éloignées. Il a rappelé qu'un système d'alerte précoce multirisque repose sur quatre piliers, à savoir la connaissance des risques naturels, l'observation et la surveillance, la communication et la diffusion des alertes, ainsi que l'intervention et la réponse destinées à réduire l'impact des catastrophes. Ce dispositif a déjà démontré son efficacité face à plusieurs aléas ayant affecté le Royaume, l'ambition étant de poursuivre la modernisation du système marocain de réduction des risques de catastrophes pour le hisser aux meilleurs standards internationaux.


La rencontre a également servi de cadre à un état des lieux des dispositifs de gestion et de prévision des risques. La Direction de la Gestion des Risques Naturels (DGRN), relevant du ministère de l'Intérieur, y a exposé l'avancement de ses chantiers de suivi et d'anticipation. Le système d'alerte destiné au grand public, mis au point avec les opérateurs télécoms et l'Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), aborde sa phase finale : il permettra la diffusion d'alertes localisées par Cell Broadcast ou par SMS, son lancement devant intervenir prochainement.


Sur le volet financier, le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles (FLCN) a cofinancé 367 projets conventionnés entre 2015 et juin 2026, pour un montant cumulé de 4,8 milliards de dirhams, sa propre contribution représentant 36 % de cette enveloppe. Les ressources mobilisées se sont orientées en majorité vers les ouvrages de protection, qui en captent près de la moitié, le reste se répartissant entre le déploiement de systèmes d'alerte, la cartographie des risques et d'autres infrastructures liées à la gestion des aléas.


L'observation hydrométéorologique et hydrologique a, de son côté, gagné en densité grâce à la coopération entre la DGM et les agences de bassins hydrauliques : le parc de pluviomètres a doublé en cinq ans et l'automatisation des stations hydrométriques atteint désormais 78 %, tandis que huit radars sont opérationnels et que quatre autres doivent être installés d'ici la fin de l'année. Des projets pilotes ont par ailleurs été engagés pour densifier le maillage de pluviomètres en milieu urbain, avant une extension à d'autres villes, et un dispositif spécifique de suivi des hauteurs et des lames d'eau a été déployé à Tanger, Mohammedia et Casablanca, en partenariat avec le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC). Tirant les enseignements des épisodes récents survenus notamment à Tata, Safi, dans le Gharb et à Ksar El Kébir, la DGRN érige par ailleurs en priorité la résilience des infrastructures critiques et des services vitaux, des hôpitaux et établissements de santé aux routes, ponts, barrages et centrales électriques.


La cartographie des risques d'inondation progresse à un rythme soutenu : les atlas des zones inondables couvrent actuellement 6,4 % du territoire, soit six provinces, tandis que les documents en cours d'élaboration portent sur 53 provinces, ce qui doit permettre d'atteindre prochainement un taux de couverture national de l'ordre de 66 %. En parallèle, une quarantaine de cartes d'aptitude à l'urbanisation sont en cours de validation, avec l'objectif d'une couverture intégrale du territoire dans un délai de trois ans. La DGRN développe enfin des cartes d'action visant à prolonger la logique de l'alerte précoce par une anticipation opérationnelle, en identifiant pour chaque territoire les points noirs et les mesures à enclencher dès l'apparition d'un risque, une approche déjà mobilisée lors des dernières inondations du Gharb, dans la région de Kénitra.


Organisée par la DGM, relevant du ministère de l'Équipement et de l'Eau, et la DGRN, la consultation se poursuit jusqu'au 26 juin dans le cadre de l'initiative des Nations Unies « Early Warnings for All » (EW4All). Cette rencontre s'inscrit dans la dynamique portée par l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), qui visent une couverture universelle des populations par des systèmes d'alerte précoce performants, inclusifs et pleinement opérationnels à l'horizon 2027.

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