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02.06.2026 à 14 H 52 • Mis à jour le 02.06.2026 à 15 H 19 • Temps de lecture : 4 minutes
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Mines

Critical Mineral Resources étoffe son modèle « maison » au Maroc, mais l’estimation qui compte reste à venir

Une mine de cuivre (photo d'illustration).

L’explorateur coté à Londres Critical Mineral Resources a dévoilé une nouvelle série de résultats de forage sur son projet cuivre-argent d'Agadir Melloul, dans l'Anti-Atlas marocain, accompagnée d'un modèle géologique et d'un modèle de blocs élaborés en interne. La micro-capitalisation, qui pèse autour de 5 à 7 millions de livres sterling et n'emploie qu'une poignée de personnes, présente ces travaux comme « suffisants pour le développement de la mine initiale, sous réserve des études économiques  ».


À ce stade, les données publiées sont des résultats d'exploration et ne constituent pas encore une estimation officielle de ressources minérales. Le modèle de blocs présenté est qualifié d'« interne  », préparé par le géologue en chef de la société elle-même. L'estimation de ressources conforme au code JORC, celle qui engage un tiers indépendant et permet de chiffrer des tonnages et des teneurs, n'est attendue qu'au troisième trimestre 2026.


Sur le fond géologique, le message reste cohérent avec les communications précédentes : une minéralisation étendue, peu profonde et faiblement pentée, favorable a priori à une exploitation à faible coût. Parmi les meilleures intersections figurent 9,7 mètres à 0,74 % de cuivre et 4,46 gramme par tonne (g/t) d'argent à partir de 25,2 mètres (forage BH157), 3,0 mètres à 1,12 % de cuivre, ou encore un mètre à 4,52 g/t d'or. La direction insiste sur l'épaisseur de certaines zones, jusqu'à une dizaine de mètres, qui permettrait, selon elle, d'ajouter rapidement du tonnage.


Le détail des seuils de coupure tempère toutefois l'enthousiasme. À une teneur de coupure de 0,20 % de cuivre, seuls 57 des trous analysés sont « positifs  », soit un tiers environ  ce chiffre tombe à 23 % à 0,30 %. Autrement dit, l'essentiel des sondages ne franchit pas, pour l'instant, les teneurs susceptibles d'être économiques, ce qui est courant à ce stade exploratoire, mais rappelle le chemin restant. La société elle-même reconnaît avoir foré moins de 5 % de la cible sédimentaire.


CMR s'appuie ouvertement sur le gisement voisin de Tizert comme référence régionale. La comparaison est flatteuse, mais asymétrique. Tizert, développé par le groupe Managem, est considéré comme le plus grand gisement de cuivre de l'Anti-Atlas occidental, avec des ressources estimées autour de 57 millions de tonnes à environ 1,03 % de cuivre et 23 g/t d'argent. Agadir Melloul n'en est qu'au stade des indices, et les teneurs en argent publiées (quelques grammes par tonne) restent très en deçà de celles de l'analogue invoqué. Le style de minéralisation et le cadre géologique peuvent être proches  l'échelle et la maturité ne le sont pas.


Le titre cote autour de 2,3 pence, après avoir évolué entre 1,0 et 4,55 pence sur douze mois, l'amplitude typique d'une valeur d'exploration où le cours suit le flux de nouvelles plus que des fondamentaux établis. La société est engagée dans un accord de coentreprise lui permettant d'acquérir jusqu'à 60 % d'Agadir Melloul. La société met surtout en avant sa participation de 80 % dans la société de services géologiques Atlantic Research Minerals, distinction que les investisseurs gagneront à garder en tête au moment d'évaluer leur exposition réelle au gisement.


Le calendrier de développement affiché est ambitieux : essais métallurgiques d'ici juin, schéma de procédé en juillet, étude d'impact environnemental en août, ressource JORC en septembre, puis étude de faisabilité définitive visée pour décembre 2026. Boucler une DFS dans l'année qui suit la toute première estimation de ressources serait un rythme soutenu pour n'importe quel projet, a fortiori pour une société de cette taille.


Le directeur général Charlie Long se dit « très confiant  » sur ce que la société détient et sur son potentiel, citant les zones épaisses et le parallèle avec Tizert. Le sentiment se comprend, et la géologie sédimentaire de l'Anti-Atlas a déjà livré au moins un gisement de classe mondiale. Mais pour l'actionnaire, la question reste la même : combien de tonnes, à quelle teneur, et à quel coût d'extraction ? C'est l'estimation JORC de septembre qui apportera le premier élément de réponse vérifiable par un tiers. D'ici là, les forages réguliers promis par la société constitueront le principal catalyseur, dans un sens comme dans l'autre.

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