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09.03.2026 à 14 H 25 • Mis à jour le 09.03.2026 à 15 H 21 • Temps de lecture : 4 minutes
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Conflit

Guerre au Moyen-Orient : la flambée du pétrole au-dessus de 100 dollars fait trembler les marchés

Une raffinerie de pétrole à Bahrein touchée par un projectile iranien.

Les marchés pétroliers restent sous forte tension après l’escalade militaire entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Après avoir brièvement frôlé les 120 dollars dans la nuit, le Brent – référence mondiale du pétrole – s’est replié autour de 103 dollars le baril lundi matin. Ce recul traduit un léger apaisement de la panique initiale, mais les prix restent nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant le conflit : le baril est désormais plus de 40 % plus cher qu’avant le début des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février.


La flambée des cours reflète avant tout les craintes croissantes concernant l’accès aux ressources énergétiques du Golfe persique. Depuis plus d’une semaine, le détroit d’Ormuz – par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial ainsi qu’une part importante du commerce de gaz naturel – fonctionne au ralenti, perturbant les flux vers les marchés internationaux. L’absence de perspective claire de réouverture rapide maintient une forte prime de risque sur les marchés énergétiques.


La hausse des prix du pétrole commence déjà à produire des effets économiques. Aux États-Unis, le prix moyen de l’essence a augmenté d’environ 16 % depuis le début de la guerre pour atteindre 3,45 dollars le gallon, tandis que le diesel a progressé d’environ 22 %. Le gaz naturel a également renchéri, notamment en Europe et en Asie, régions fortement dépendantes des importations énergétiques du Moyen-Orient.


Les marchés financiers asiatiques ont immédiatement réagi à cette nouvelle incertitude énergétique. Les principales places boursières ont reculé nettement, le Kospi sud-coréen perdant près de 6 % et l’indice Nikkei japonais plus de 5 %, signe de la sensibilité des économies asiatiques aux perturbations des flux pétroliers du Golfe.


Les analystes soulignent que le risque actuel tient moins à un manque immédiat de pétrole qu’à l’incertitude géopolitique. L’Iran produit plus de 3 millions de barils par jour et exporte près de 2 millions de barils, principalement vers la Chine. Une interruption de ces flux ou une extension du conflit aux infrastructures énergétiques régionales pourrait rapidement, selon une note de Coface, provoquer une nouvelle flambée des prix, même si l’OPEP+ dispose théoriquement de capacités de réserve estimées entre 4 et 5 millions de barils par jour.


Au-delà de l’énergie, les tensions commencent déjà à perturber les chaînes logistiques mondiales. Plusieurs compagnies maritimes évitent désormais la zone du Golfe et redirigent leurs navires vers le cap de Bonne-Espérance, ce qui rallonge les trajets de plusieurs jours et renchérit les coûts de transport.


Dans ce contexte, les économistes redoutent un choc macroéconomique si les prix de l’énergie s’installent durablement au-dessus de 100 dollars le baril. La hausse du pétrole pourrait relancer l’inflation mondiale et compliquer la politique des banques centrales. Les anticipations d’inflation des investisseurs ont déjà bondi, certains marchés tablant désormais sur une inflation proche de 4,5 % sur les douze prochains mois.


Sur le plan militaire et diplomatique, la situation reste extrêmement volatile. Les frappes israéliennes se poursuivent contre des infrastructures iraniennes tandis que Téhéran a officialisé l’accession de Mojtaba Khamenei au poste de Guide suprême. La Russie a exprimé son soutien au nouveau dirigeant iranien, l’OTAN a intercepté un missile iranien au-dessus de la Turquie et le Liban a reporté ses élections législatives en raison de la guerre.


Face aux risques pour le commerce énergétique mondial, certains responsables européens évoquent déjà la possibilité d’une mission navale internationale destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz et à escorter les pétroliers. Pour l’instant, toutefois, l’évolution des marchés reste suspendue à une question centrale : la crise restera-t-elle limitée dans le temps, ou s’installera-t-elle dans un conflit prolongé capable de bouleverser durablement l’équilibre énergétique mondial ?

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