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29.07.2021 à 12 H 30 • Mis à jour le 29.07.2021 à 12 H 34
Par
Polisario

La justice espagnole prononce un non-lieu dans la plainte pour « génocide » contre Brahim Ghali

Les autres responsables du Front Polisario mis en cause par la plainte de l'ONG sahraouie des droits de l'Homme (ASADEH) restent quant à eux sous la loupe de la justice espagnole

Le juge d’instruction de l’Audiencia nacional de Madrid, Santiago Pedraz, a prononcé, jeudi, un non-lieu dans la plainte déposée par l’Association sahraoui pour la défense des Droits de l’Homme (ASADEH) contre le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, apprend-on de source judiciaire espagnole. L’association accusait Ghali de crimes présumés de « génocide, meurtre, torture et disparitions » contre des citoyens sahraouis dont certains d’origine espagnols entre 1975 et 1990.


D’après une ordonnance signée par Pedraz, auquel Le Desk a eu accès, le magistrat estime que les faits sont « prescrits ». Le Code pénal en vigueur à l’époque des faits supposés (celui de 1973) fixe à 20 ans le délai de prescription du délit majeur imputé à Ghali et ses pairs. Or, le dernier fait supposé rapporté par la plainte ayant eu lieu en avril 1990, ce délai a été dépassé au moment de l’admission de la plainte, en août 2012.


D’autre part, le juge Santiago Pedraz estime que les faits exprimés dans la plainte ne « contiennent pas tous les éléments » d’un délit de génocide : « l’intention de détruire totalement ou partiellement le groupe auquel appartiennent les dissidents assassinés ou torturés ». D’après l’ordonnance, « il n’y a pas de trace de sous-groupes qui divisent le peuple sahraoui selon sa localisation géographique ».


Pedraz relève également dans son ordonnance des « contradictions  » entre les affirmations de la plainte, et les déclarations des témoins. « On observe également une insuffisance manifeste de détails pertinents sur les circonstances de lieu et de temps des faits, ainsi que des détails concrets sur la participation de Brahim Ghali, dont, entre autres, le poste qu’il occupait », lit-on sur le document.


Extrait de l'ordonnance du juge Santiago Pedraz


Il est utile de préciser que le non-lieu est prononcé uniquement en faveur de Brahim Ghali. Le reste des militaires –  au nombre de 23, dont certains hauts responsables actuels du front séparatiste –  mis en cause par la plainte ne sont pas concernés et restent sous la loupe de la justice espagnole.


L’hospitalisation de Brahim Ghali, infecté par le Covid-19 en Espagne, a causé une crise politique entre Madrid et Rabat. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait évoqué les plaintes déposées contre Ghali dans une interview accordée à l’agence de presse ibérique Efe. « Où est la justice espagnole dans tout cela ? Aucun juge n’a jugé nécessaire d’agir contre ces demandes ? Est-ce le rythme normal de la justice en Espagne ? », s’était-il interrogé.


Alité dans un hôpital de Logroño, dans le nord de la péninsule, Ghali a accepté de comparaître par visioconférence devant la justice espagnole, pour répondre à cette plainte, ainsi que celle déposée par El Fadel Breika, un dissident du Polisario qui l’accuse également de torture et de crimes contre l’humanité.


Mardi, un homme avait comparu comme témoin devant Santiago Pedraz, pour attester des tortures présumées commises par Ghali et ses compagnons dans les camps de réfugiés de Tindouf. Ahmed Tarouzi, mentionné dans la plainte de l’ASADEDH, a déclaré avoir été incarcéré entre 1982 et 1995 dans une prison clandestine de Tindouf, où il a subi des « arrachages de dents et des brûlures avec des cigarettes et au fer rouge ». Des pratiques qui auraient laissé des cicatrices sur tout son corps.

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