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08.07.2025 à 12 H 22 • Mis à jour le 08.07.2025 à 13 H 30 • Temps de lecture : 4 minutes
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Ferroviaire

Le TGV marocain Al Boraq en vedette à Pékin

À l’occasion du 12e Congrès mondial sur la grande vitesse ferroviaire, organisé à Pékin par l’Union internationale des chemins de fer (UIC), le train Al Boraq, fleuron du réseau ferroviaire marocain, a été mis en lumière lors d’une table ronde de haut niveau dédiée aux nouveaux horizons de la grande vitesse. Lancé en 2018 par le Roi Mohammed VI, ce projet pionnier, premier du genre sur le continent africain, s’impose aujourd’hui comme une référence en matière de performance, de viabilité économique et d’impact environnemental.


Intervenant devant un parterre d'experts internationaux, de décideurs publics et de représentants de bailleurs de fonds, le directeur général de l'Office national des chemins de fer (ONCF), Mohamed Rabie Khlie, a présenté les résultats probants enregistrés par Al Boraq. Il a souligné que le modèle économique du TGV marocain s’avère équilibré, parvenant à couvrir l’ensemble des charges d’exploitation tout en générant une marge opérationnelle élevée, en ligne avec les standards internationaux les plus exigeants.


Au-delà de son efficacité économique, Al Boraq se distingue par son ancrage dans les objectifs de développement durable du Royaume. En effet, 90 % de ses trains roulent à l’énergie verte, ce qui confère au projet une empreinte carbone minimale, la plus faible du secteur des transports au Maroc, a précisé Khlie.


Cette performance constitue le socle d’un plan stratégique plus vaste, annoncé en avril dernier sous l’impulsion royale. À l’horizon 2030, le Maroc ambitionne de faire du rail l’épine dorsale de sa mobilité durable. L’objectif est d’étendre le réseau à grande vitesse de manière significative, en particulier vers le sud du pays. Le prolongement de la ligne LGV vers Marrakech, sur 430 kilomètres à une vitesse d’exploitation de 320 km/h, représente l’un des principaux axes de cette stratégie. Ce tronçon viendra porter la longueur totale du réseau à grande vitesse à 630 kilomètres d’ici fin 2029.


L’envergure de ce projet est à la mesure des ambitions territoriales du Royaume : la future ligne traversera cinq régions représentant à elles seules 65 % du PIB national et 60 % de la population. Elle desservira également plusieurs grandes agglomérations, les stades retenus pour accueillir la Coupe du monde 2030 co-organisée avec l’Espagne et le Portugal, ainsi que deux aéroports internationaux, renforçant la connectivité intermodale du pays.


Parallèlement, un service de transport régional rapide (RER) entre Rabat, Casablanca et Marrakech sera mis en place sur un corridor de 250 kilomètres. Cette desserte de haute fréquence, avec un train toutes les 7,5 minutes, vise à décongestionner les axes routiers et à fluidifier les échanges interurbains. Elle reposera sur l’acquisition d’un parc de 168 trains de différents types et sur l’aménagement d’environ quarante gares pour optimiser l’accessibilité et le maillage territorial.


Sur le plan industriel, le projet d’extension s’appuie sur une collaboration active entre les entreprises marocaines et chinoises. Les travaux de génie civil sont répartis à parts égales entre les deux parties. En outre, les études du prolongement Marrakech-Agadir (230 km) ont été confiées au bureau China Railway Design Corporation (CRDC), filiale du géant public chinois China State Railway Group.


Le secrétaire général de l’International Transport Forum (ITF), Young Tae Kim, a salué cette dynamique marocaine, considérant que l’extension d’Al Boraq constitue un levier fort de développement durable. Il a ajouté que le projet s’inscrit parfaitement dans l’agenda 2063 de l’Union africaine, positionnant le Maroc comme un exemple continental en matière de connectivité et de mobilité intégrée.


Cette table ronde a également été marquée par la participation d’Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), et d’Abdelkader El Ansari, ambassadeur du Maroc en Chine, témoignant de la mobilisation institutionnelle autour de ce chantier stratégique.


Le Congrès mondial de la grande vitesse ferroviaire, organisé tous les quatre ans par l’UIC, constitue le principal rendez-vous mondial des experts du rail. L’édition 2025, qui se tient jusqu’au 11 juillet, réunit plus de 3 000 professionnels issus des cinq continents, venus partager les dernières avancées technologiques et les perspectives d’évolution du transport ferroviaire rapide. Dans ce cadre, le modèle Al Boraq incarne aujourd’hui la convergence entre vision royale, excellence technique et ambition panafricaine.

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