En continu
Les dernières informations en temps réel

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
27.07.2021 à 17 H 46 • Mis à jour le 27.07.2021 à 17 H 46
Par
Diplomatie

L’Espagne et le Maroc négocient pour sortir de la crise

Plus de deux mois après l'épisode de l'exode de plus de 10 000 personnes depuis le Maroc vers l'enclave espagnole, Madrid et Rabat ont repris les contacts directs pour trouver une solution à la crise déclenchée par l'hospitalisation du chef du Polisario, Brahim Ghali, en Espagne

La crise entre le Maroc et l’Espagne paraît bloquée, au point mort, « mais seulement en apparence », affirme ce mardi le quotidien espagnol El País. « Des contacts directs ont été établis » entre les diplomaties des deux royaumes, après une étape lors de laquelle la communication s’est déroulée uniquement à travers des intermédiaires, tels que le haut-commissaire de l’Union européenne (UE), Josep Borell.


Du côté espagnol, les opérations étaient menées par l’ambassadeur à Rabat, Ricardo Díez-Hochleitner, ainsi que la désormais ex-directrice générale du ministère des Affaires étrangères, Eva Martínez. D’après le quotidien, les deux diplomates ont tenu des conversations avec l’ambassadrice marocaine à Madrid, Karima Benyaich, « qui continue à s’occuper des relations avec l’Espagne depuis Rabat ».


Pour la diplomatie ibérique, la conclusion est que « la crise ne devait pas être traité comme un épisode isolé qu’il fallait régler le plus tôt possible ». En d’autres termes, « il ne s’agissait pas, comme le voulait Rabat, de s’accorder sur une phrase qui aurait pu être interprétée comme la reconnaissance d’erreur ou une présentation d’excuses pour avoir accueilli Ghali, ou de ne pas avoir avisé le Maroc ».


Selon les sources consultées par El País, « si erreur il y avait, elle a été compensée » par le remerciement de la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, remplacée début juillet par José Manuel Albares, ex-ambassadeur d’Espagne à Paris. « Dans tous les cas, [l’erreur] ne serait pas exclusivement celle de Madrid », ajoutent les interlocuteurs du quotidien madrilène, faisant allusion à l’épisode de « la fuite à la nage de milliers de jeunes, dont des enfants, risquant leurs vies pour échapper de leur propre pays, et qui a écorné l’image à l’international de Rabat ».


« Ce qui est arrivé à Rabat, n’a été que le dernier épisode, et le plus visible d’une série de malentendus, qui ont commencé avec la fermeture sans préavis de la frontière à Melilla, en juillet 2018, ou encore l’extension par le Maroc de ses eaux territoriales devant les îles Canaries, en janvier 2020 », signalent les sources diplomatiques d’El País.


Aux yeux de ces dernières, « le risque est de faussement tourner la page de la crise, et qu’elle se reproduise, passé un temps ». Pour éviter cela, Madrid planifie une révision complète ses relations bilatérales, qui permette de clarifier la position de chacun sur les épisodes les plus épineux. Pour Ceuta et Melilla, l’Espagne peut miser sur une sorte de zone de prospérité partagée, comme celle imaginée pour le Campo de Gibraltar. Sinon, elle pourrait parier sur l’insularité des deux présides, limitant ses contacts avec Rabat tout en intensifiant ses relations avec l’UE, afin d’augmenter les possibilités de les incorporer à l’union douanière et la zone Schengen.


Sur la question du Sahara occidental, le Maroc tente de forcer un changement de position de l’Espagne et de l’UE suite à la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Mais pour les sources d’El País, arriver à un accord ne sera pas chose facile et la négociation prendra du temps. « La visite du ministre Albares (qui se profilait pour ces derniers jours, mais n’a pas pu se concrétiser) à Rabat ne sera pas la fin du processus, sinon un pas sur le chemin de la récupération de la confiance », explique-t-on.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite
Par
Revenir au direct