Militant ouïghour arrêté au Maroc: la justice annule l’expulsion vers la Chine
Alors qu'il risquait jusque là l'extradition, Idris Hassan, Ouighour arrêté au Maroc en 2021, vient de voir le tribunal de Rabat annuler ce jeudi la décision de son expulsion. Il est désormais libre, indique son avocat à l'AFP.
Recherché par Pékin, il avait arrêté à son arrivée à Casablanca en provenance de Turquie et après l'émission d'un mandat d'arrêt international interpol contre lui. A l'époque, les autorités marocaines avaient accepté de l'extrader vers la Chine, où il était recherché pour des actes terroristes.
Interpol avait ensuite suspendu, la même année, son mandat d'arrêt international. Un tribunal de Rabat « a statué en faveur de sa libération, annulant l’ordre d’expulsion vers la Chine », a déclaré à l’AFP son avocat, Me Miloud Kandil. Il a précisé que son client, âgé de la trentaine et père de trois enfants, avait quitté le Maroc, sans donner plus de détails sur sa destination.
La Chine accuse Aishan « d’actes terroristes commis en 2017 » et d’appartenir à une organisation terroriste, des allégations qu’il a réfutées.
En 2021, les experts des droits humains des Nations unies ont exhorté le Maroc à suspendre l’extradition de Yidiresi Aishan, évoquant « le risque crédible de graves violations de ses droits ». Son renvoi en Chine aurait pu l’exposer à « la détention arbitraire, la disparition forcée ou la torture », avaient estimé les experts. Pékin est accusé de détenir plus d’un million de Ouïghours et d’autres musulmans dans sa région du nord-ouest, dans le cadre d’une campagne qui, selon l’ONU, pourrait constituer des « crimes contre l’humanité ». La Chine nie ces allégations, affirmant que ses politiques ont permis d’éradiquer l’extrémisme au Xinjiang et de favoriser le développement économique.
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