L’ex-conseiller américain à la sécurité nationale propose de transférer les bases de Rota et Morón au Maroc
Le général à la retraite Robert Greenway, ex-conseiller à la sécurité nationale sous l’administration Trump et aujourd’hui actif au sein de think tanks influents dans les milieux de la défense, a appelé au transfert des bases américaines de Rota et de Morón, situées en Espagne, vers le Maroc, une éventualité déjà évoquée par ailleurs, mais régulièrement démentie par les autorités ibères.
Sur son compte X, Robert Greenway, connu pour ses sorties pro-marocaines et aujourd'hui à la tête du Centre Allison pour la sécurité nationale au sein de la Heritage Foundation, a relayé le 27 juin un message de Donald Trump critiquant la faible contribution budgétaire de Madrid à l’OTAN, ajoutant qu'« il est temps de déplacer la base aérienne de Rota et la base aérienne de Morón au Maroc ».
Ces déclarations, identiques à celles déjà formulées l’an passé au sujet du siège de l’Africom, bien que non officielles, interviennent dans un contexte de profondes mutations stratégiques dans la région. Le Maroc, partenaire militaire majeur des États-Unis en Afrique du Nord, renforce activement ses capacités de défense aérienne et de lutte antimissile. Une délégation des Forces armées royales (FAR) a récemment été reçue sur la base de Baumholder, en Allemagne, où elle a assisté à une démonstration opérationnelle du système américain Patriot dans sa dernière configuration PAC-3 MSE.
Le Maroc semble ainsi se positionner comme un pôle régional de sécurité, dans une logique de convergence croissante avec les intérêts stratégiques américains. La proposition de Robert Greenway, bien qu’elle ne reflète pas la position officielle du Pentagone, illustre une tendance de plus en plus manifeste dans certains cercles militaires et géopolitiques américains : considérer le Royaume comme un partenaire de substitution crédible et stable aux alliés européens jugés de moins en moins fiables, notamment l’Espagne, en raison de ses réticences budgétaires et de ses relations fluctuantes avec Washington.
Pour Madrid, un éventuel transfert de ces infrastructures militaires vers le Maroc constituerait un revers diplomatique majeur, tant les bases de Rota et de Morón jouent un rôle central dans l’architecture de défense de l’OTAN en Méditerranée. Pour Rabat, au contraire, ce serait un signal fort de reconnaissance de son rôle stratégique dans la stabilité régionale et un levier supplémentaire dans sa montée en puissance militaire.
Reste à savoir si cette vision, partagée par certains militaires américains, deviendra un jour une orientation politique assumée par Washington. En attendant, le Maroc continue de structurer ses moyens de défense de plus en plus intégrés, modernes et interopérables avec les systèmes occidentaux, consolidant son statut d’allié stratégique incontournable sur le flanc sud de l’OTAN.
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