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SÉRIE EP. 3
24.11.2025 à 02 H 51 • Mis à jour le 24.11.2025 à 15 H 47 • Temps de lecture : 17 minutes
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Affaire CNP : le cas El Mahdaoui ou le coup de grâce à un naufrage institutionnel

ENQUÊTE Une vidéo de près de deux heures, dont Hamid El Mahdaoui a rendu publics plusieurs extraits, dévoile la commission disciplinaire du Conseil national de la presse improviser le droit, insulter le justiciable, manipuler les procédures, solliciter l’entregent judiciaire et piétiner la séparation entre sanction et recours. Au centre du dispositif, des protagonistes face auxquels la réponse politique et judiciaire est désormais plus que nécessaire

C’est sans doute le scandale médiatique de l’année : une institution d'autorégulation censée garantir l’éthique et la régulation d’une profession sensible, se retrouve exposée dans sa propre illégalité, et des membres désignés par l’autorité gouvernementale, filmés en flagrant délit de violations des lois encadrant leur organisme, révélant au passage une sidérante incompétence.


Voilà, en substance, ce que donne à voir ce volet spectaculaire de « l’affaire du Conseil national de la presse (CNP) », après la fuite d’une séance d’audition et de délibération de sa commission disciplinaire. Des images rendues publiques par fragments par Hamid El Mahdaoui, journaliste, directeur de publication de Badil.info et youtubeur très suivi.


Dans une vidéo publiée sur YouTube le 20 novembre, ce dernier affirme détenir près de deux heures d’enregistrement. Il en publie une vingtaine d’extraits – que nous avons retranscrits intégralement – qui permettent de mesurer l’ampleur des dérives imputées au CNP.


On y constate la présence d’El Mahdaoui et ses avocats, mais surtout des membres de la commission disciplinaire. En premier lieu, son président, Mohamed Selhami, directeur de publication de Maroc Hebdo. À ses côtés, Fatim-Zahra Ouriaghli, directrice générale du groupe qui édite Finances News Hebdo, Boursenews, La Quotidienne et Iktissadkoum, et membre siégeant à la commission.


Est également attablé Khalid El Horri, directeur du quotidien Assabah (groupe Eco-Médias). Dans une séquence, apparaît aussi Abdelmounaïm Dilami, président d’honneur d’Eco-Médias, aujourd’hui contrôlé par la famille libanaise Mawlawi. Younes Moujahid, président de la commission des recours et président en exercice du CNP, est lui aussi présent.


Tour à tour, ces membres, président inclus, se livrent à des commentaires et prises de position autour du dossier El Mahdaoui, cité devant la commission disciplinaire pour avoir qualifié un youtubeur de « salgote » (saligaud, voyou ou racaille en français, NDLR). Les propos captés dans ces extraits, désormais viraux, suscitent une condamnation unanime : journalistes, avocats et responsables politiques dénoncent une institution qui trahit ses propres règles, et un Conseil qui, loin d’arbitrer, se montre incapable d’incarner la moindre impartialité.


Veiller au respect du droit… sans le connaître

Les griefs sont nombreux, mais un premier saute aux yeux : une incompétence criante, désormais exposée au grand jour. Incompétence nimbée de mauvaise foi, comme déjà relaté dans la première et la deuxième partie de notre récit consacré au dossier qui nous avait opposés à Noufissa El Yacoubi, cousine du Roi.


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