La capture de Nicolás Maduro par les forces américaines le 3 janvier marque un tournant géopolitique majeur dont les ondes de choc se propagent bien au-delà de l'Amérique latine. Pour l'Algérie, qui avait envoyé une délégation de haut rang représenter le président Abdelmadjid Tebboune à l'investiture de Maduro pour un troisième mandat, un an presque jour pour jour avant sa chute, cette opération constitue une perte stratégique considérable.
Les relations entre Alger et Caracas s'étaient intensifiées ces dernières années, au point que les autorités algériennes n’ont pas commenté les événements du Venezuela, révélant une nervosité palpable au sommet de l'État. Cette alliance s'inscrivait dans une stratégie plus large de coopération Sud-Sud et de résistance à l'influence occidentale, avec des engagements concrets comme l'ouverture prévue d'une ligne aérienne directe Alger-Caracas et une coordination politique qui avait atteint son plus haut niveau selon les termes officiels.
Un allié de plus qui tombe : après la Syrie, le Venezuela
La capture de Maduro s'inscrit dans une série de revers pour l'axe anti-occidental auquel l'Algérie s'est associée. La chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, après une offensive éclair des rebelles syriens, avait déjà privé Alger d'un partenaire important. Le régime d'Assad, soutenu par l'Iran et la Russie, était un maillon essentiel de cet axe de résistance auquel l'Algérie s'identifiait partiellement sur la scène internationale.
Ces deux événements révèlent un phénomène plus profond : l'effondrement progressif du réseau d'alliances alternatives au système occidental. Le Venezuela de Maduro et la Syrie d'Assad partageaient avec l'Algérie une rhétorique anti-impérialiste, une proximité de posture avec la Russie et la Chine, et une position commune sur de nombreux dossiers internationaux, notamment au sein des forums onusiens et de l'OPEP.
L'Iran sous pression : le dernier pilier vacille
L'Iran, dernier grand allié régional de l'Algérie dans cette configuration, traverse actuellement sa plus grave crise depuis les manifestations de 2022. Depuis le 28 décembre, des protestations secouent le pays, déclenchées par l'effondrement du rial et une inflation galopante. Ces manifestations, qui ont fait au moins sept morts, ne se limitent plus à des revendications économiques : les slogans appelant à la chute du régime résonnent dans les rues de Téhéran.
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