Des rires. Des rires de plus en plus forts. Des pas qui se rapprochent à grande vitesse et une ou plutôt trois petites têtes qui dépassent à peine de la porte du bureau du directeur de l’école d’El Maghreb El Arabi dans le quartier populaire de Yacoub El Mansour à Rabat. Ce sont celles de Khouloud et sa sœur Saadia, respectivement 10 ans et 8 ans et de leur amie, Fatima, 8 ans également. Toutes trois syriennes scolarisées dans cet établissement. Une école primaire quasi-fantôme à cette époque de l’année. Les cours sont finis, à leur grand regret car c’est une bouffée d’oxygène ou plutôt leur bouffée d’oxygène. Dès qu’elles franchisent le portail de l’établissement, les trois fillettes oublient leur souci, en tout cas, aujourd’hui. Car, comme la plupart des enfants réfugiés syriens, quand elles se sont assises pour le première fois sur les bancs de l’école, cela n’a pas été un jeu d’enfant, surtout pour Khouloud, la plus âgée qui avait oublié. Tout oublié des cours qu’elle avait reçus auparavant.
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