EP. 7
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Selon la légende, un saint venu d’Égypte, nommé Moulay Bousselham, « l'homme au burnous », aurait péri en terre marocaine durant la Bataille des Trois Rois, en 1578. Sa dépouille fut inhumée au bord de l'océan Atlantique, là où « Merja Zerga », la lagune bleue, rencontre les dunes de sable. Un mausolée fut rapidement érigé en son honneur. On raconte que de son selham, cette large cape qui ne le quittait jamais, il aurait couvert la ville pour la protéger des tempêtes et des malheurs. Depuis, sous la coupole blanche qui abrite sa tombe, des générations de fidèles viennent chercher sa bénédiction, déposer un vœu ou simplement se recueillir.
Au fil des siècles, un village a vu le jour autour du sanctuaire, puis une station balnéaire qui prit le nom du saint. Durant ses années fastes, les vacanciers y affluaient en toute saison pour investir les villas tournées vers l’Atlantique, animer les terrasses des hôtels et peupler le camping jadis invariablement bondé. Moulay Bousselham avait alors l'élégance discrète d'un havre de paix prisé par la bourgeoisie de Rabat, Fès ou Meknès. Et sa lagune vivait au rythme des bateliers et des oiseaux migrateurs trouvant refuge dans ses eaux peu profondes, offrant un superbe spectacle aux visiteurs comme aux ornithologues.
Une vue sur la lagune Merja Zerga, à Moulay Bousselham. Crédit : Salma Hamri / Le DeskUn patrimoine en déshérence
Aujourd’hui, le fier mausolée, laissé à l’abandon, tombe en ruines. Comme des symboles, ses murs qui s’écroulent et sa coupole qui s’écaille illustrent l’état de délabrement d’une ville oubliée, depuis trop longtemps privée de tout selham protecteur.
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