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SÉRIE EP. 7
30.08.2025 à 15 H 27 • Mis à jour le 30.08.2025 à 15 H 27 • Temps de lecture : 15 minutes
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Moulay Bousselham, sous la cape de l’oubli

SÉRIE D'ÉTÉ Autrefois une station balnéaire huppée, Moulay Bousselham s'enfonce dans un long déclin. Si les touristes de passage sont toujours là, le mausolée qui lui a donné son nom tombe en ruine, ses hôtels ferment et même les oiseaux de sa réserve l'ont désertée

Selon la légende, un saint venu d’Égypte, nommé Moulay Bousselham, « l'homme au burnous », aurait péri en terre marocaine durant la Bataille des Trois Rois, en 1578. Sa dépouille fut inhumée au bord de l'océan Atlantique, là où « Merja Zerga », la lagune bleue, rencontre les dunes de sable. Un mausolée fut rapidement érigé en son honneur. On raconte que de son selham, cette large cape qui ne le quittait jamais, il aurait couvert la ville pour la protéger des tempêtes et des malheurs. Depuis, sous la coupole blanche qui abrite sa tombe, des générations de fidèles viennent chercher sa bénédiction, déposer un vœu ou simplement se recueillir.


Au fil des siècles, un village a vu le jour autour du sanctuaire, puis une station balnéaire qui prit le nom du saint. Durant ses années fastes, les vacanciers y affluaient en toute saison pour investir les villas tournées vers l’Atlantique, animer les terrasses des hôtels et peupler le camping jadis invariablement bondé. Moulay Bousselham avait alors l'élégance discrète d'un havre de paix prisé par la bourgeoisie de Rabat, Fès ou Meknès. Et sa lagune vivait au rythme des bateliers et des oiseaux migrateurs trouvant refuge dans ses eaux peu profondes, offrant un superbe spectacle aux visiteurs comme aux ornithologues.

Vue sur la lagune Merja Zerga de Moulay Bousselham. Crédit : Salma Hamri / Le DeskUne vue sur la lagune Merja Zerga, à Moulay Bousselham. Crédit : Salma Hamri / Le Desk

Un patrimoine en déshérence

Aujourd’hui, le fier mausolée, laissé à l’abandon, tombe en ruines. Comme des symboles, ses murs qui s’écroulent et sa coupole qui s’écaille illustrent l’état de délabrement d’une ville oubliée, depuis trop longtemps privée  de tout selham protecteur.


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