En mars 1914, alors que l'Europe sombre dans les affres de la Première Guerre mondiale, les renseignements français interceptent un radio-télégramme chiffré émis par l'attaché militaire allemand à Madrid. « L'entrée en action de Raïssouniet Abd El Malek nous impose de hâter toute notre action. Hafid partira, si possible, avant que cette quinzaine ne soit écoulée », indique le message, adressé au ministère des Affaires étrangères espagnol à Berlin.
Les deux premiers personnages évoqués dans ce message sont considérés par les autorités coloniales françaises comme des agitateurs au Maroc. Le premier, Mohamed Raïssouni est un puissant seigneur de guerre qui sévit dans le nord du Royaume, considéré par ses partisans comme le chef du jihad. Le second, Abd El Malek, est le fils de l'illustre résistant algérien, l'émir Abdelkader. Il tente, depuis la région de Taza, de fédérer des tribus pour lancer des attaques contre les troupes françaises.
Quant à celui qui est nommé « Hafid », il n’est autre que le dernier sultan du Maroc indépendant. Dans la missive, Moulay Hafid est donc censé « partir » d’Espagne, où il vit en exil après son abdication, mais pour quelle destination ? Et surtout, dans quel dessein ?
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