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SÉRIE EP. 6
21.05.2026 à 18 H 03 • Mis à jour le 23.05.2026 à 11 H 03 • Temps de lecture : 19 minutes
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Ritz-Carlton : derrière la dépossession des Zenagui, une crise sociale couve

Enquête exclusive Pendant que l'État récupérait les deux palaces du conseiller royal Yassir Zenagui et de sa fratrie, bâtis à coups de milliards, une vingtaine d'entreprises qui les avaient construits se retrouvaient les mains vides. Leurs créances impayées, leurs garanties légales supprimées par décision administrative, elles saisissent aujourd'hui le gouvernement pour trouver une solution à leur impasse. Le Desk revient sur leur histoire, documents inédits à l'appui

Mai 2024. Le Ritz-Carlton Dar Essalam ouvre enfin ses portes à Rabat, sous la houlette, comme nous le révélions en exclusivité deux mois plus tôt, de la Société hôtelière de Benguerir, filiale de l'Université Mohammed VI Polytechnique, elle-même relevant du groupe OCP. Dans les salons du palace pavés de marbre, les premiers clients s'installent. Le personnel, recruté aux quatre coins du monde avec l'appui des équipes de Marriott International, prend ses marques. À l’extérieur, la forêt de chênes du Royal Golf Dar Essalam bruisse dans la chaleur printanière. Tout semble en ordre, et la Task Force du groupe OCP, appelée en mission commando, a de quoi être fière : elle aura réussi le pari de reprendre un palace fantôme, pour en faire un établissement opérationnel en un temps record.


Sauf que, dans des bureaux à l’ambiance moins feutrée, des chefs d'entreprise regardent les images de cette inauguration avec un sentiment qu'ils peinent à nommer. Peut-être de l’amertume, propre à celui qui reconnaît dans la vitrine d'un autre ce qu'il a lui-même fabriqué, sans jamais en avoir été payé. Ces hommes ont posé les fondations, dressé les murs, disposé les sols et les plafonds, installé les réseaux techniques et les équipements de ce palace… que d'autres inaugurent à grand bruit. Leurs factures, elles, attendent toujours d’être honorées.


C'est sur cette histoire-là, celle des oubliés du Ritz-Carlton Dar Essalam mais aussi celui de Tamuda Bay, que Le Desk se penche aujourd'hui, sur la base de documents inédits.


Dans cette affaire, le clan des Zenagui a longtemps occupé seul le devant de la scène. Dépossédés en 2021-2022 de leurs deux hôtels Ritz-Carlton, l'un à Rabat, l'autre à M'diq, le conseiller royal et ses frères Karim et Samir avaient fait les frais d'une opération que Le Desk qualifiait de « hold-up d'État », dans une enquête en deux volets publiée dès février 2023. Le projet du palace rbati était porté par la société des Zenagui, RCGR, alors que celui de Tamuda Bay était placé sous la houlette de Sienna Investment Group, également contrôlé par la même famille.


Yassir Zenagui, conseiller du roi. Archives Le Desk


Depuis, les deux établissements ont changé de mains : le Ritz-Carlton Dar Essalam de Rabat a été confié à la Société hôtelière de Benguerir (SHB), qui l'exploite depuis le printemps 2024  et le Ritz-Carlton Tamuda Bay, à M'diq, a été repris par Madaëf, la branche hôtelière du groupe CDG, qui y engage actuellement des travaux de rénovation.

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