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#Moyen Atlas
28.03.2017 à 02 H 25 • Mis à jour le 28.03.2017 à 07 H 46
Par

Virée au cœur du village le plus froid d’Afrique

Reportage-Portfolio Non loin de Timahdite, au coeur du Moyen-Atlas dans la région de Fès-Meknès, village perché à 1 800 m d'altitude dans une zone au climat le plus rude du continent, une rencontre impromptue avec une famille coupée du monde... à la veille d'un coup de blizzard digne du cercle polaire...


La localité de Timahdite se situe à 30 km au sud de la ville d’Azrou sur la route nationale N13 appelée communément par les voyageurs qui s’y aventurent, Route du Sahara, parce qu’elle traverse le massif du Moyen Atlas et le massif du Haut Atlas oriental après Midelt pour arriver à Errachidia, porte du Tafilalet et du désert, là où les gisements de schistes bitumineux (Soukhour Naftiya) attirent prospecteurs et touristes de l’extrême. Mais contrairement à cette évocation de grandes chaleurs, Timahdite est lovée dans une zone au climat très froid qui enregistre les températures les plus basses d’Afrique. Ce qui rend cet axe routier impraticable durant des semaines entières en hiver suite aux importantes chutes de neige qu’enregistre la région. Nous y sommes allés alors que justement cet hiver digne du cercle polaire, refuse obstinément de quitter les cimes enneigées…Toute une aventure en l’espace d’un jour et une nuit… 


Timahdite. Soukhour Neftya. Montagne enneigée à l'entrée des accès aux schistes. MOHAMED DRISSI KAMILI
Rencontre impromptue avec Mohamed, 42 ans, près de son cheptel, encerclé lui et ses moutons par la neige. Il s'apprête à aller chercher de la nourriture pour ses bêtes. MOHAMED DRISSI KAMILI
Mohamed et sa petite famille en route pour charger les mulets afin d'acheminer les sacs de foin vers la grange. MOHAMED DRISSI KAMILI
La famille de Mohamed fait des incessants aller-retours pour alimenter la grange de sacs de foin dans un environnement digne du grand nord canadien. MOHAMED DRISSI KAMILI
Mohamed rejoint sa famille, dans un paysage à couper le souffle. Ils chargent à maintes reprises leurs mulets de sacs de foin, ramenés de Timahdite afin de les stocker dans la grange se trouvant à quelques centaines de mètres d'une piste peu praticable. MOHAMED DRISSI KAMILI
En route vers l'écurie avec les mulets bien chargés. Le foin ainsi mis au sec servira à alimenter les moutons jusqu'au retour du printemps qui dans cette région se confond parfois avec les premières floraisons estivales. MOHAMED DRISSI KAMILI
Mohamed, ses enfants et le berger qui travaille au pair, inspectant la cargaison si précieuse en ces temps d'hiver glacial. MOHAMED DRISSI KAMILI
Mohamed aidé par son berger déchargent les sacs de foin. Ils reviendront plus tard en tirer la quantité nécessaire pour la survie de leur cheptel. Une opération qui perdure souvent au-delà d'avril après la fonte des neiges. MOHAMED DRISSI KAMILI


Le stockage des sacs de foins se fait dans un recoin de la grange bien couvert, protégé des intempéries et surtout confiné au sec. MOHAMED DRISSI KAMILI


Après une journée de dur labeur, Mohamed suit le tracé de la route asphaltée sur 2 kilomètres pour arriver chez lui. Il accepte de nous recevoir pour la nuit. MOHAMED DRISSI KAMILI
Aussitôt arrivé, Mohamed est accueilli par son épouse qui lui tend le nécessaire de toilette pour réchauffer et laver ses pieds engourdis par le froid extrême. MOHAMED DRISSI KAMILI
Mohamed se détend autour d'une cheminée traditionnelle, ses enfants à ses côtés . MOHAMED DRISSI KAMILI
Session de palabres avec Mohamed, alors sa fille fait ses devoirs, intriguée par la discussion. MOHAMED DRISSI KAMILI
Au petit matin, préparatifs pour quitter la maison pour rejoindre le véhicule laissé en contrebas près de la grange aux foin. MOHAMED DRISSI KAMILI
Une tempête de neige qui s'est levée dans la nuit et qui perdure rend le départ difficile. MOHAMED DRISSI KAMILI
Au sortir de la maison faite de pierre de schiste bitumineux, un épais brouillard s'est levé rendant presque nulle la visibilité aux alentours. MOHAMED DRISSI KAMILI


La petite fille de Mohamed nous regarde à travers une fenêtre, épiant notre départ et regrettant presque ce loisir éphémère d'avoir croisé le temps d'une veillée des citadins. Mais le temps se gâte et il faut quitter les lieux sans tarder. MOHAMED DRISSI KAMILI
Un lourd manteau de poudreuse à couvert les environs durant la nuit. Difficile dans ces conditions de retrouver la trace de nos pas pour rejoindre le véhicule laissé la veille sur le bord de la route. MOHAMED DRISSI KAMILI
Habitué au climat très rude de la région, Mohamed prend beaucoup d'avance sur la cordée improvisée. MOHAMED DRISSI KAMILI
Sur le chemin, Mohamed nous informe que ce bâtiment était le groupe scolaire Tasemagt, aujourd'hui à l'abandon. MOHAMED DRISSI KAMILI
Enfin arrivés à la voiture, nous doutions fort de la praticabilité de la piste, elle est certes dégagée, mais c'était sans compter sur le mercure qui a touché le fond du thermomètre durant la nuit. MOHAMED DRISSI KAMILI
La température extérieure a atteint les -12°C, transformant la voiture, non adaptée pour ce climat en un frigo ambulant. Nous avons roulé pendant à peu près un kilomètre avant tomber en panne. Nous avons alors essayé de contacter les autorités, mais il était difficile de capter un signal GSM dans cette vallée encaissée. Il a fallu se déplacer à pied pour avoir un brun de couverture. Nous avons pu enfin après de nombreuses tentatives de joindre la commune d' Ifrane qui a averti les secours. MOHAMED DRISSI KAMILI
Il a fallu attendre six bonnes heures dans un froid polaire avant que quatre habitants surgis des environs viennent nous porter assistance. Equipés de pelles et de râteaux, il se sont mis à dégager la route. MOHAMED DRISSI KAMILI
Après quelques mètres de piste dégagés, soudain un chasse neige au loin est arrivé en renfort.
Les fonctionnaires des Travaux publics ont tenu à nous raccompagner jusqu'au goudron, afin d'être sûrs de nous voir quitter les lieux sans encombre. MOHAMED DRISSI KAMILI


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