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10.01.2017 à 10 H 29 • Mis à jour le 10.01.2017 à 17 H 41
Par
Diplomatie

La Zambie confirme la reprise de ses relations avec la “RASD”

Brahim Ghali et le président zambien Edgar Lungu le 9 janvier 2017 à Lusaka. SPS
Le chef du Polisario et président de la "RASD" Brahim Ghali effectue une « visite de travail » en Zambie. Le gouvernement zambien confirme ainsi son revirement, six mois après avoir annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la "RASD" et signé la « motion de Kigali » demandant sa suspension de l’Union africaine.

Après une visite de trois jours en Afrique du sud, durant laquelle il a rencontré le président Jacob Zuma et assisté au 105e anniversaire de l’ANC, le chef du Polisario est arrivé lundi en Zambie. Il a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport de Lusaka par le ministre zambien des Affaires étrangères, Harry Kalaba, puis a participé à un dîner offert par le président Edgar Lungu. Ce dernier avait déjà reçu en octobre le ministre des Affaires étrangères de la “RASD” , Mohamed Salem Ould Salek, et avait alors réaffirmé son soutien aux « droits légitimes » des Sahraouis.


La Zambie confirme ainsi son revirement diplomatique, après avoir annoncé à Rabat en juillet dernier la rupture de ses relations avec la “RASD”  et signé avec 27 autres pays africains la « motion de Kigali » demandant sa suspension de l’Union africaine. L’actuel gouvernement zambien semble tiraillé entre son désir de développer ses relations bilatérales avec le Maroc et la pression de ses influents voisins de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), notamment l’Afrique du sud et le Zimbabwe, acquis aux thèses du Polisario.


Soutien historique des mouvements de libération dans la région, la Zambie a reconnu la RASD dès 1979 mais n’a accueilli un ambassadeur sahraoui qu’en 2005, dans le sillage de l’Afrique du sud, du Kenya et de la Tanzanie, suite au refus du Maroc d’accepter le deuxième plan Baker.

 

Revirements successifs depuis 2011

En 2011, Rabat avait réussi à convaincre le gouvernement précédent, dirigé par Rupiah Banda du Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD), de suspendre ses relations avec la “RASD” . Mais l’arrivée au pouvoir un an plus tard du Front Patriotique de Michael Sata a une nouvelle fois changé la donne.


Sans aller jusqu’à rouvrir l’ambassade de la “RASD” , la Zambie a alors soutenu l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans les fora internationaux, notamment au niveau de la 4e commission de l’ONU. Après le décès de Michael Sata, son successeur Edgar Lungu a franchi le pas en février 2016 en accréditant l’ambassadeur sahraoui résident en Tanzanie, Brahim Salem Buseif.


Le président zambien Edgar Lungu reçoit en février 2016 le nouvel ambassadeur non-résident de la RASD. LUSAKA TIMES


Un changement de position qui a poussé Rabat à s’activer auprès du gouvernement Lungu, alors que le royaume prépare son retour au sein de l’Union africaine. En juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères Harry Kabala a été reçu au Maroc et a annoncé la décision de son pays « de retirer sa reconnaissance de la pseudo « RASD » et de rompre ses relations diplomatiques avec cette entité », lors d’un point de presse conjoint avec le ministre délégué Nasser Bourita, qui déclarait alors que ce retrait « ouvrira une nouvelle page dans les relations maroco-zambiennes et contribuera à la promotion des échanges bilatéraux à tous les niveaux ». Quelques jours plus tard, la Zambie a même signé la « motion de Kigali » lors du sommet de l’UA, demandant la suspension de la “RASD”  de l’organisation continentale.


Le ministre zambien des Affaires étrangères Harry Kabala aux côtés de Nasser Bourita à Rabat en juillet 2016 pour annoncer la rupture des relations diplomatiques avec la RASD.


La lune de miel a toutefois été de courte durée. En août 2016, date de la réélection d’Edgar Lungu, la cour constitutionnelle de Zambie a rendu un jugement déclarant illégal le maintien au pouvoir des ministres zambiens depuis la dissolution du parlement en mai 2016 et les sommant de rembourser les salaires perçus sur cette période. Au niveau politique, Edgar Lungu a subi la pression des alliés du Polisario, le poussant à recevoir en octobre Mohamed Salem Ould Salek, avant d’accueillir aujourd’hui Brahim Ghali, alors que la visite de Mohammed VI à Lusaka, prévue début décembre, a de son côté été reportée sans explications.


Ce revirement montre à quel point l’éviction de la “RASD”  de l’UA ne sera pas tâche aisée pour le Maroc, qui devra s’assurer au minimum du soutien de deux tiers des Etats membres (36 votes), après son retour au sein de l’UA prévu à la fin du mois lors du prochain sommet d’Addis-Abeba.