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21.03.2017 à 01 H 14 • Mis à jour le 21.03.2017 à 01 H 14
Par
Sahara

L’Espagne veut ménager le Maroc après sa position explicite dans l’affaire du Key Bay

Alfonso Dastis, ministre espagnol des Affaires étrangères et son homologue Salaheddine Mezouar à Rabat le 13 février 2017. EFE
La diplomatie espagnole tente d’éteindre l’incendie après la divulgation de sa réponse écrite à un député datée du 14 mars entérinant le jugement de la CJUE sur les relations Maroc-UE. Madrid affirme dans un communiqué « n’avoir pas changé sa position » en relation avec la question du Sahara

L’Espagne « n’a pas changé sa position » en relation avec la question du Sahara, et réitère sa « pleine disposition » à poursuivre tous ses efforts pour contribuer au développement de la relation stratégique entre le Maroc et l’Union Européenne a souligné la porte-parole du ministère espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, Ana Maria Rodriguez Pérez, dans un communiqué diffusé aux médias.


Cette sortie fait référence sans le citer à la réponse écrite du gouvernement espagnol datée du 14 mars 2017  dont Le Desk a fait état du contenu, à un député déclarant explicitement que les produits du Sahara occidental ne sont pas couverts par les accords commerciaux Maroc-UE.


L’affaire du Key Bay, source du problème

La question sur la position du gouvernement espagnol sur les importations de produits halieutiques avait été soumise le 18 janvier par Jorge Luis Bail, membre espagnol du Congrès de la formation Unidos Podemos – Equo, faisant référence à l’affaire du Key Bay.


Dans une déclaration consécutive à la sortie d’Ana Rodriguez, et relayée par l’agence MAP, l’ambassadeur d’Espagne au Maroc, Ricardo Díez-Hochleitner, a mis en exergue « l’importance des relations hispano-marocaines » suite « aux informations publiées sur la position de Madrid à propos de l’affaire du Sahara ».


La porte-parole a souligné à ce propos que l’Espagne « mise sur une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable, dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies », ajoute l’ambassadeur d’Espagne à Rabat.


Le diplomate espagnol a déclaré qu’Ana Maria Rodriguez Pérez « a voulu souligner au nom du gouvernement espagnol la ferme détermination de l’Espagne à continuer à maintenir et à développer sa relation privilégiée avec le royaume du Maroc ».


Díez-Hochleitner a ajouté « la pleine disposition du gouvernement espagnol à poursuivre tous ses efforts pour contribuer au développement de la relation stratégique entre le Maroc et l’Union Européenne ».


« Le gouvernement espagnol soutient les conversations techniques en cours entre les responsables de l’UE et le Maroc pour accorder ensemble la meilleure manière d’appliquer l’arrêt du 21 décembre 2016 de la Cour de Justice européenne », a ajouté la même source.


Madrid pris entre deux feux

La mise au point de Madrid démontre le difficile jeu d’équilibrisme de sa diplomatie, qui doit ménager le choux et la chèvre, entre les clarifications que doit impérativement donner l’Exécutif espagnol à son opinion publique, et sa volonté de maintenir des relations de bon voisinage avec le Maroc. Une situation complexifiée par le fait que l’Espagne est en première ligne dans l’issue des tractations en cours entre Rabat et l’UE autour de l’Accord de pêche.


Comme annoncé par Le Desk, la diplomatie marocaine se refuse à tout commentaire sur le cas particulier du Key Bay et de la position exprimée par l’Espagne à ce sujet. Les deux pays préfèrent ainsi agir en coulisse afin de mettre en œuvre « un protocole additif à celui de 2014 permettant de contourner la décision de la Cour européenne propice à des interprétations d’ordre technique » explique au Desk une source marocaine proche du dossier.


A Madrid, et selon les informations obtenues par Le Desk de sources espagnoles, « ce communiqué de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères a été concédé pour un usage strictement diplomatique à l’endroit du Maroc ».