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27.06.2018 à 14 H 04 • Mis à jour le 28.06.2018 à 05 H 22
Par
Censure

Procès Zafzafi: le groupe Medi 1 impose le black-out à ses journalistes

Hassan Khiyar, PDG du groupe Medi 1. MEDI1 TV
Alors que le 22 juin, le Conseil d’administration de Medi 1 TV se félicitait des résultats engrangés annonçant son projet de chaine d’information en continu et des investissements en Afrique, le 26 juin, son PDG, Hassan Khiyar donnait par mail ses instructions pour ne pas couvrir le verdict du procès des 53 accusés du Hirak rifain qu’il a qualifié de « non événement »

Bronca au sein des rédactions du groupe multimédias Medi 1 (Medi 1TV, Medi 1 Radio, Medi1.com). Des voix parmi les employés et les journalistes de la chaine de télévision et de sa radio éponyme basées à Tanger dénoncent une censure imposée par la direction les empêchant de couvrir l’audience du procès Zafzafi et consorts qui s’est conclue tard dans la nuit du 26 au 27 juin à la Chambre criminelle près la Cour de cassation à Casablanca par des sentences particulièrement lourdes.

 

« Je suis salarié du groupe Medi1, et comme beaucoup de mes collègues, je suis scandalisé par le traitement de l’actualité imposé sur de nombreux sujets, dont les manifestations d’Al Hoceima et leur procès », témoigne un journaliste qui a requis l’anonymat.


Des consignes imposant la censure aux rédactions

« Les rédactions du groupe Medi1 ont déjà eu l’occasion de faire part de leurs inquiétudes concernant l’évolution de la ligne éditoriale », ajoute la même source qui produit des copies des mails contenant les consignes imposées par Hassan Khyar, directeur du groupe Medi 1 aux rédactions au fil de la journée du 27 juin 2018, alors que le verdict du procès des 53 accusés du Hirak rifain, dont le leader du mouvement Nasser Zafzafi était attendu dans la soirée.


Lire aussi : Hirak : la SNRT, Medi1 TV et Med Radio épinglés par la HACA


Dans deux mails séparés datant du 26 juin, Hassan Khiyar donne ses instructions comme suit : « Consigne à respecter scrupuleusement. On ne traite pas les peines prononcées dans l’affaire Al Hoceima même s’il y a une MAP à ce sujet », en clair même si l’agence officielle Maghreb Arabe Presse en faisait l’écho (ce qu’elle n’a pas fait au demeurant).



Dans le second courriel celui-ci écrit : « Attention traitement Al Hoceima (…) Condamnation de Zafzafi : non événement (info à ne pas traiter ni dans les éditions, ni RP ». Le même mail indique qu’il faut en revanche couvrir « avec sons et analyses », un point presse sur « les réalisations et autres projets dans la région ». Une manière sans doute de faire écran sur les revendications du Hirak qui, justement, réclamait lors de ses manifestations de rue de l’an passé des comptes sur les chantiers du programme Al Hoceima Manarat Al Moutawassit en panne et qui a valu à nombre de responsables , dont des ministres d’être limogés par le roi


Lire aussi : Al Hoceima : Télévisions d’Etat, images trompeuses et couverture à sens unique


Des résultats en hausse, une ambition hors frontières… 

Le 22 juin, Medi1TV annonçait le développement, en 2018, de son projet de chaîne d’information continue en lançant un troisième canal arabophone et une nouvelle plateforme numérique d’information radio et télé.


Le Conseil d’administration de Medi1TV, qui s’était réuni la veille sous la présidence de Hassan Khiyar, afin d’examiner l’activité et les résultats sociaux de l’exercice 2017 déclarait dans un communiqué sa satisfaction de constater « une amélioration du résultat net de 18 % par rapport à 2016 ».


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Cette performance est « le fruit des pratiques de bonne gouvernance, s’appuyant prioritairement sur une politique de gestion optimale des ressources et un accroissement soutenu des recettes permettant le développant continu d’une offre éditoriale qualitative », se félicitait Medi1 TV,


« Après avoir exprimé sa satisfaction du rayonnement, de plus en plus marquant, de Medi1 TV sur le continent africain, le Conseil d’administration a renouvelé son appui à la stratégie mise en œuvre dans un contexte économique marqué par l’évolution rapide de l’environnement compétitif de la chaine sur les plans régional et international. A cet effet, il a engagé le PDG de Medi1TV pour que les énergies et ressources soient en priorité allouées au développement de Medi1 TV en Afrique en partenariat avec Radio Méditerranée Internationale », pouvait-on lire dans son communiqué relayé par la MAP.


« Le Conseil d’Administration s’est également félicité des résultats d’audience enregistrés par Medi1 TV durant l’année 2017 lui conférant le leadership au Maroc en tant que première chaine d’information devant les chaines panarabes et internationales, et confirmant son positionnement numérique en tant que marque forte dans l’univers digital », concluait la direction de la chaîne…


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Selon l’étude réalisée par Le Desk en coopération avec Reporters sans frontières dans le cadre du projet mondial Media Ownership Monitor, Medi 1TV est détenue à 41 % par la société émiratie Steed Media, à 13 % par Nekst Investments réputé être un « fonds d’investissement émirati » dont il n’existe que peu d’informations disponibles et à hauteur de 12 % par Acacia participations, une filiale de la Caisse de Dépôts et de Gestion (CDG), liés au groupe financier Attijariwafa, détenue par la holding royale Al Mada (ex- SNI) à 48 %. L’étude a relevé que pour sa création, « Medi1 TV a bénéficié de la première vague de licences accordées par la HACA. Elle est la seule à s’être vue accorder une licence télévisuelle. Selon la HACA, elle était la seule en lice en 2006. Cette information est cependant contestée par certaines sources, qui ont relevé 9 demandes de licences cette même année ».


Par ailleurs, sa part d’audience n’est pas disponible « car Medi 1 TV n’a pas renouvelé son contrat avec le CIAUMED entre 2015 and 2017 ».


Pour ce qui est de Medi1 Radio, les dernières informations disponibles publiquement (et très certainement obsolètes) font état d’une répartition de capital entre la Compagnie internationale de radio et de télévision (CIRT) à 49 %, FinanceCom à 25,5 % et la Société financière de gestion et de placement (SFGP) à 25,5 %.