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30.09.2018 à 17 H 56 • Mis à jour le 30.09.2018 à 17 H 59
Par
Justice

Affaire Hayat : deux Espagnols et cinq Marocains seront jugés à Tétouan

Funérailles de Hayat.B à Tétouan. AIC PRESS
Les sept hommes sont impliqués dans l'incident qui a mis fin mardi dernier à la vie de la jeune Hayat Belkacem, 19 ans, et blessé trois autres personnes au large de Fnideq, après les tirs d’une unité de combat de la marine royale marocaine contre un go-fast transportant un groupe d'immigrants clandestins en Espagne

Deux citoyens espagnols et cinq Marocains seront jugés prochainement à Tétouan après avoir été accusés de « formation de gangs criminels » et de « trafic d’êtres humains », ont indiqué à l’agence espagnole EFE des sources proches de l’enquête.


Les sept hommes sont impliqués dans l’incident qui a mis fin mardi dernier à la vie de la jeune Hayat Belkacem, 19 ans, et blessé trois autres personnes au large de Fnideq, après les tirs d’une unité de combat de la marine royale marocaine contre un go-fast transportant un groupe d’immigrants clandestins en Espagne.


Six détenus déférés devant la cour d’Appel de Tétouan

Six détenus, dont le prétendu pilote de l’embarcation (dont les initiales de son nom seraient J-M.D.), ont été présentés au juge d’instruction de la cour d’appel de Tétouan vendredi dernier, qui a ordonné sa détention en attendant un interrogatoire approfondi. La septième personne a été mise hier à la disposition du juge, détaille EFE.


Les accusations les plus graves pesant sur J-M.D. et quatre autres membres du groupe ont été définis par le procureur comme « la constitution d’une bande criminelle active qui organise habituellement l’émigration illégale avec des moyens de transport à moteur ».


A cela s’ajoute « la traite des êtres humains par des gangs criminels dans le cadre transfrontalier, entraînant la mort d’une personne et trois blessés ».


Les deux autres accusés sont poursuivis pour « complicité » en tant que « médiateur » ou pour « participation » à ces crimes, ajoute la même source.


Parmi les accusés, il y a aussi un autre Espagnol porteur de la double nationalité et qui est considéré par l’instruction comme marocain, bien que l’Espagne assure également une protection consulaire, poursuit EFE.


On ne sait pas si parmi les sept accusés, il y a un passager de la vedette qui a tiré ou des membres du gang arrêtés sur le terrain. Le procès n’a pas encore débuté pour les sept accusés, qui risquent de lourdes peines de prison.


Une enquête ouverte sur les circonstances du drame

D’autre part, une enquête est en cours pour clarifier ce qui s’est passé lors de cet incident, compte tenu des nombreux points non résolus sur le nombre de personnes arrêtées par le navire de la marine, sur les armes utilisées et sur celui qui a donné l’ordre de tirer.


Différentes sources ont révélé ces derniers jours à divers médias, officieusement, que les migrants voyageaient « allongés » à l’intérieur du bateau et n’étaient donc pas visibles. Plus tard, il a été dit qu’ils étaient recouverts d’une bâche et que le bateau avait opéré des manœuvres dangereuses qui ont mis en danger le navire de la marine.


La mort du jeune Hayat a suscité une vague d’indignation, en particulier à travers les réseaux, et des manifestations ont eu lieu vendredi dans les rues de Tétouan, durant lesquelles les slogans les plus scandés étaient : « Le peuple veut savoir qui a tué à Hayat » et « le peuple veut renoncer à la nationalité ».