Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
25.10.2019 à 01 H 49 • Mis à jour le 25.10.2019 à 01 H 49
Par
Hirak

La situation jugée critique de Rabie Al Ablak minimisée par les instances d’Etat

Rabie el Ablak, détenu rifain à la prison Tanger II. Archives
Alors que des ONG et les proches du militant rifain en grève de la faim depuis plusieurs semaines alertent sur son état de santé qu’ils jugent plus que préoccupant, l’administration pénitentiaire conteste leur version des faits et le Conseil national des droits de l’Homme communique à minima sur son cas, se voulant rassurant

Rabie El Ablak, détenu à la prison de Tanger II pour sa participation au Hirak rifain observe, selon ses proches, une grève de la faim depuis six semaines. Arrêté fin mai 2017, le jeune militant a été condamné en appel, en juin 2018, à cinq ans de prison pour « avoir reçu des fonds étrangers, mené une activité de propagande en usurpant la profession de journaliste et porté atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat », selon l’article 206 du Code pénal. Au plus fort de la contestation à Al Hoceima, il avait contribué au site Badil.info animé par Hamid El Mahdaoui, lui aussi condamné pour « participation à l’organisation d’une manifestation non autorisée ».


En avril dernier, alors qu’il avait entamé une précédente grève de la faim, dans une lettre transmise au chef du gouvernement, au ministre d’Etat chargé des Droits de l’homme ainsi qu’à l’administration pénitentiaire, l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), déplorait déjà la détérioration de son état de santé.


L’AMDH avait fait porter la responsabilité de sa situation jugée critique aux autorités qui observait le silence sur son cas. A l’époque, l’appel de l’ONG avait été entendu par un sénateur de la Confédération démocratique du travail (CDT). Abdelhak Hissane avait pris la parole pour réclamer une intervention en faveur du jeune militant lors d’une session hebdomadaire des questions orales à la Chambre des conseillers, avant d’être brutalement interrompu par Abdeslam Qayouh (Istiqlal) qui présidait la séance.


La DGAPR accusée de négligence

Cette fois-ci, la forte mobilisation des proches d’Al Ablak, soutenus par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et de la presse, à l’instar de Reporters sans frontières (RSF) qui lançait de nouveau une alerte sur son cas le 23 octobre appelant les autorités marocaines à « le libérer dans les plus brefs délais », a fait réagir la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR). Un rassemblement organisé quelques jours plus tôt à Rabat par son comité de soutien avait appelé à « sauver la vie de Rabie Al Ablak d’un réel danger de mort ».


Dans un communiqué daté du 19 octobre, l’administration pénitentiaire avait contesté les informations diffusées à la presse par la famille du détenu indiquant qu’il « n’a jamais déposé de préavis de grève de la faim », sans pour autant reconnaître qu’il l’avait entamée depuis des semaines. La direction de la prison de Tanger II avait cependant indiqué que l’activité quotidienne de Rabie Al Ablak « prouve bien que son état de santé est normal ». La même source a fait savoir que le détenu « a refusé de se soumettre à l’examen des indicateurs biologiques par le médecin de l’établissement ».


La famille d’Ablak avait réagi et accusé la DGAPR de « négliger son état critique ». Celle-ci a affirmé qu’il ne bénéficiait pas d’une assistance médicale appropriée. Un ophtalmologiste lui a rendu visite le 17 octobre, suivi d’un médecin diligenté par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH). Ce dernier avait, selon les informations livrées par les proches du détenu, conclu à l’urgence de son cas, nécessitant une prise en charge en milieu hospitalier.



Ce 24 octobre, le CNDH a cependant indiqué via les réseaux sociaux qu’il « a informé la mère de M. Rabie El Ablak sur les résultats de sa visite surprise effectuée à son fils » pour la « rassurer sur son état conformément au rapport de l’examen clinique effectué par le médecin du Conseil ». L’instance présidée par Amina Bouayach n’a cependant, ni infirmé, ni confirmé que le détenu était en effet en grève de la faim et que son état de santé nécessitait des soins particuliers.



« Nier l’état de santé déplorable de Rabie al Ablak est indigne et injuste », a dénoncé le bureau Afrique du Nord de RSF.