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27.11.2019 à 22 H 07 • Mis à jour le 30.11.2019 à 16 H 13
Par
Diplomatie

Ce que Washington dit du Maroc à la veille de la visite de Pompeo

Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain. GETTY IMAGES
Coopération bilatérale, situation du dossier du Sahara Occidental, mandat de la Minurso, lutte contre le terrorisme, liens entre le Maroc et l’Arabie Saoudite… En amont de la visite le 4 décembre à Rabat du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo durant laquelle il sera reçu par Mohammed VI, le Département d’Etat a répondu à des questions posées par la presse lors d'une conference call tenue le 27 novembre. En voici le transcript

Après sa présence à la réunion des dirigeants de l’OTAN à Londres avec le président Donald Trump, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo se rendra au Maroc le 4 décembre pour rencontrer le roi Mohammed VI et ses homologues au gouvernement, a précisé le Département d’Etat américain.


A cette occasion, un échange avec la presse a été organisé le 27 novembre avec deux représentants diplomatiques américains de haut niveau. Voici leurs déclarations respectives en réponse aux questions soulevées par la presse.


Introduction –  Je voudrais commencer par souligner à quel point nous apprécions notre relation de longue date avec le Maroc. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître l’indépendance des États-Unis et a accueilli notre première mission diplomatique à Tanger. Le Maroc est également pour nous un partenaire essentiel dans tous les domaines, un leader sur le continent africain, une voix importante pour la paix au Moyen-Orient élargi et une source de stabilité en Méditerranée. Nous nous félicitons de la poursuite de notre partenariat, en particulier dans notre effort multilatéral visant à vaincre l’Etat islamique. Nous nous félicitons des efforts continus déployés par le Maroc pour promouvoir un développement économique durable en accordant la priorité à l’intégration des femmes dans la population active. Plus récemment, la conseillère spéciale Ivanka Trump s’est rendue auprès de femmes marocaines pour parler des nouvelles réformes agraires et pour promouvoir l’indépendance financière des femmes. Les États-Unis se sont associés au Maroc dans le cadre d’un certain nombre de projets visant à promouvoir une éducation de haute qualité par le biais du Corps de la paix, de l’USAID et du programme Millenium Challenge. La visite du secrétaire d’Etat soulignera ces liens étroits et de longue date. Il a hâte de rencontrer les hauts dirigeants marocains. Le secrétaire d’Etat rencontrera également le personnel de l’ambassade à Rabat pour les remercier de leur travail acharné, comme il le fait lors de presque tous ses voyages à l’étranger ».


Nick Wadhams de Bloomberg : Question –  Y a-t-il une indication que le Sahara Occidental sera discuté ? Il y avait eu des discussions –  il s’agissait d’un projet favori de John Bolton et il y avait eu des discussions sur le fait qu’il pourrait y avoir une résolution sur ce qu’il faudrait faire avec le Sahara Occidental à un moment donné. Voyez-vous une indication à cet égard, et cela fera-t-il l’objet d’une discussion ?  La question du Sahara Occidental sera-t-elle soulevée ? On a dit que c’était plus près d’une solution et on se demandait si c’était le cas, s’il y avait des signes de perspective dans ce problème très long et insoluble, et si le secrétaire d’Etat en discutera avec les dirigeants marocains.


Réponse –  Ecoutez, de toute évidence, le Sahara Occidental est une question prioritaire pour les Marocains, et nous sommes engagés avec les… avec l’ONU qui attendent avec impatience de faire avancer une solution politique. Notre politique reste la même, à savoir que le plan d’autonomie du Maroc est sérieux, réaliste et crédible, mais sans cela…mais que les Marocains vont soulever cette question. C’est une question qu’ils nous ont présentée comme essentielle pour eux ».


Question –  Mais vous n’avez pas l’impression que nous sommes plus près d’une résolution ?


Réponse –  Je pense que c’est un travail en cours –  encore un autre travail en cours. Nous allons nommer un nouvel envoyé de l’ONU, un envoyé personnel qui semble se rapprocher de sa nomination. Mais en termes de négociation, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.


Lara Jakes du New York Times : Question –  Le département d’État ou les États-Unis appuient-ils actuellement le rétablissement d’un mandat en matière de droits de l’Homme dans le cadre de la mission au Sahara occidental pour les Nations unies ?


Réponse –  La politique reste la même. Nous venons de renouveler le mandat de la Minurso pour 12 mois avec le même mandat qu’auparavant. Donc, juste pour clarifier, le mandat actuel au Sahara Occidental n’a pas de composante droits de l’Homme.


Question –  Je tiens donc à préciser que nous parlons tous de la même chose ici, à savoir que les États-Unis appuient le mandat actuel sans la composante droits de la personne. Correct ?


Réponse  –  Les États-Unis appuient le mandat actuel  nous venons de le renouveler.


Shaun Tandon de l’AFP  : Question –  (…) Je me demandais comment vous voyiez le Maroc dans le monde arabe au sens large et au Moyen-Orient. Plus tôt cette année, le Maroc avait rappelé son ambassadeur en Arabie saoudite, avec laquelle il entretient traditionnellement des relations assez étroites. Je me demandais, surtout à la lumière des liens étroits que les États-Unis entretiennent avec les Saoudiens et MBS (Mohamed Bin Salmane, ndlr), si c’est une question que vous prévoyez aborder ? Et plus généralement, comment voyez-vous le rôle du Maroc au Moyen-Orient, quel type de rôle devrait-il jouer selon vous ?


Réponse –  Oui. Je ne suis pas sûr d’avoir bien compris la question. Écoutez, le Maroc est, pour les États-Unis, un partenaire essentiel. Nous avons un accord de libre-échange avec eux, nous faisons 4,5 milliards de dollars de commerce bilatéral. Nous avons avec eux certains des exercices militaires les plus robustes de la région. Ils accueillent les plus grands exercices d’entraînement multilatéraux de l’Africom, des exercices de tir réel sur le territoire marocain. Ils sont un chef de file en matière de lutte contre l’extrémisme violent et de rapatriement des combattants terroristes étrangers. Juste un partenaire d’exception (…). Vous vouliez quelque chose sur les relations Maroc-Arabie Saoudite ?


Question –  Oui, désolé, ma question était incohérente. Mais comment trouvez-vous…est-ce que cela va être un problème pour vous ? Plus précisément, il y a eu des tensions entre les Marocains et les Saoudiens récemment. Je veux dire, est-ce que vous voulez…est-ce que vous cherchez…comment voyez-vous cela…qu’ils cherchent un rôle plus large du Maroc dans la région du Golfe…


Réponse –  Écoutez, je pense que le Maroc joue un grand rôle dans toute la région en tant que partenaire important dans la tolérance, dans la promotion de la tolérance, qu’il entretient également des liens et des relations apaisées avec Israël, comme nous le savons tous. Pour ce qui est de ses relations bilatérales avec l’Arabie Saoudite, je laisserai aux Marocains le soin d’en parler. Dans tous les cas où l’on nous demande d’essayer de jouer un rôle productif, comme nous l’avons fait dans le passé avec la crise du Golfe, le Qatar, l’Égypte, les Saoudiens, les Émirats, etc., nous allons essayer de jouer un rôle qui peut être productif, mais il s’agit en fait d’une question bilatérale, alors vous devrez leur parler.


Lire aussi : Pompeo au Maroc pour pousser à une normalisation avec Israël ?