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19.08.2021 à 01 H 44 • Mis à jour le 07.09.2021 à 03 H 00
Par
Armement

Face au Maroc, l’Espagne déploie quatre drones Predator B aux Canaries

Présentation du Predator B à la base aérienne de Talavera La Real GLORIA CASARES- EFE
Livrés à Madrid en 2019 et 2020, les quatre drones de fabrication américaine sont en cours d’installation sur leur seconde base opérationnelle de Lanzarote pour surveiller le Maroc et la zone sahélienne. Un déploiement qui intervient alors que Rabat a fait commande d’appareils similaires, dont certains sont armés. Les détails

L’île de Lanzarote (archipel des Canaries) s’apprête à accueillir dans les prochains mois la base secondaire des quatre drones Predator B (MQ-9 Reaper) de dernière génération de l’armée de l’air espagnole, dont la mission sera de surveiller les zones sahéliennes et maghrébines (Mauritanie, Sénégal, Mali et Maroc), rapporte la presse locale.


Les quatre RPAS (Remotely Piloted Aircraft System) Predator B de l’armée de l’air espagnole sont désormais pleinement opérationnels depuis leur base de Talavera la Real, où se trouve le 233ème Escadron, responsable de sa navigation.


Les forces armées espagnoles disposent d’autres drones, mais les Predator américains sont particulièrement efficaces pour les missions de renseignement, de surveillance et de sécurité aérienne, terrestre et maritime. Celles-ci comprennent l’observation de situations telles que les crises humanitaires, la surveillance et le contrôle des frontières, l’immigration, la prévention des incendies et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.


L’aéroport militaire de Guacimeta, à Lanzarote, est en cours d’adaptation pour accueillir les quatre appareils et les travaux avancent, rapporte les mêmes sources médiatiques espagnoles. La base principale de ces drones est située à Talavera la Real (Badajoz), qui restera active avec une tour de contrôle et une liaison satellite. Les pilotes décolleront les drones de Lanzarote avec le soutien des antennes au pied de la piste, puis ils transféreront la maitrise du vol à d’autres pilotes qui se trouvent à Talavera, qui exploiteront les aéronefs via la liaison satellite.


Comparé à un drone ordinaire, le Predator est imposant et est piloté par des pilotes de F-18 ou d’Eurofighter. En effet, lors de la visite de Margarita Robles, ministre de la Défense espagnole à Talavera la Real en juin dernier, pour se renseigner sur les nouveaux drones, elle s’est entretenue avec l’un des pilotes, le capitaine Redondo, membre d’équipage de l’Eurofighter, qui lui a dit que « Les sensations sont très différentes de celles d’un avion de chasse, (…), mais être pilote de chasse aide beaucoup à piloter ce nouveau système ». Le président Pedro Sánchez a également visité ces installations en février dernier.


Les deux premiers drones sont arrivés en Espagne en décembre 2019 et les deux autres en novembre 2020. Outre la livraison des appareils, le contrat avec la société américaine General Atomics, d’un montant de 158 millions d’euros, comprend les trois stations de contrôle au sol et les équipements associés aux missions. Le système est officiellement entré en service en février de cette année et, en juin, le drone a dépassé le millier d’heures de vol sur le territoire espagnol.


Son rayon d’action est de 1 850 kilomètres et le plafond de vol est de 15 000 mètres, au-dessus de la normale d’un avion commercial qui est généralement d’environ 12 800 mètres. Bien que dans la configuration livrée à Madrid, pour le moment, il ne soit pas envisagé qu’il transporte des armes, dans le cas américain, il transporte des roquettes AIM-92 Stinger, des missiles AGM-114 Hellfire et il peut même combiner deux bombes GBU-12 Paveway II.

 

Le Maroc engagé dans la course aux drones et plus

Ce déploiement intervient alors que les Forces armées royales (FAR) ont commandé 12 drones armés Bayraktar TB2 (plus un spare) et leurs équipements au sol à la Turquie. Un achat inédit qui conforte davantage le Maroc dans son rapport de force militaire avec l’Algérie et surtout avec le Polisario, cet armement ayant montré ses preuves face aux guérillas, mais aussi dans la récente guerre asymétrique qui a opposé dans le Caucase l’Azerbaïdjan à l’Arménie. Les FAR ont réussi à obtenir directement de Washington et Ottawa un matériel optronique de visée interdit à Ankara et néanmoins indispensable aux drones pour pouvoir « locker » leurs cibles avant de les détruire. Une information qui avait suscité l’inquiétude des médias ibères, sachant que certains de ces appareils pourraient être stationnés sur la base aérienne d’El Aroui (région de Nador), non loin de l’enclave espagnole de Melilla… 


Fin 2020, le Maroc avait surtout obtenu, en marge du deal tripartie avec les Etats-Unis et Israël, la possibilité de se doter de quatre drones SeaGuardian (version marine du MALE MQ-9B) auprès du constructeur américain General Atomics Aeronautical Systems.  Près d’un an plus tôt, il avait reçu trois drones Harfang conçus par le géant israélien public de la construction aéronautique Israel Aerospace Industries, mais commercialisés par Cassidian, une co-entreprise établie par Airbus Group et cette même firme israélienne.


Cependant, la livraison à la Marine royale de drones SeaGuardian MQ-9B, bute sur la volonté des Démocrates du Congrès américain de se démarquer de la politique de l’ancien président américain dans la région.


Le Maroc a aussi commandé cette année des drones auprès de Bluebird Aero Systems, avait rapporté en février le site d’information israélien spécialisé IsraelDefense ne précisant pas leur nombre, ni les modèles en question.  Cette transaction aurait été favorisée par l’acquisition, en septembre dernier, de 50 % de Bluebird par IAI.


Alors que Rabat avait obtenu l’accord de l’administration Trump de s’équiper des quatre drones armés de dernière génération lui permettant de s’imposer en Méditerranée occidentale, son projet d’incorporer à sa flotte aérienne au moins trois avions espions dédiés à la collecte d’informations pour les services de renseignement militaires prend lui aussi forme.


D’un rayon d’action d’environ 12 000 kilomètres avec un plafond de vol de 15 000 mètres et pouvant atteindre une vitesse de croisière de 900 km/h, les trois Gulfstream G550 reconvertis en jets « ISR » pour les Forces royales air (FRA) seront les plus puissants de leur catégorie en Afrique, au même niveau que ceux opérés par les États-Unis et Israël.

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