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22.04.2022 à 14 H 26 • Mis à jour le 22.04.2022 à 14 H 36
Par
Maroc-Espagne

Eaux territoriales avec le Maroc: le débat continue d’agiter la classe politique espagnole

José Manuel Albares, ministre des affaires étrangères espagnol, dans sa résidence officielle à Madrid, le 4 novembre 2021. Crédit: VEGAP
Une large partie de la classe politique espagnole craint que le Maroc use de sa capacité d'explorer et d'exploiter les ressources au-delà des 200 milles de sa zone économique exclusive (ZEE) face aux Canaries. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, assure pour sa part suivre de près le dossier avec Rabat

Le sujet en débat entre l’Espagne et le Maroc sur la délimitation des espaces maritimes dans l’Atlantique face aux îles Canaries continue d’agiter la classe politique espagnole.


Le récent accord conclu par les deux pays pour réactiver le groupe de travail pour la délimitation de ces zones et de la médiane maritime entre les côtes marocaines et canariennes semblait ouvrir un nouveau cadre de négociation sans a priori sur les positions actuelles des parties, mais les politiques ibères font remarquer que la presse officielle marocaine « insiste pour dénier à l’Espagne les droits sur une grande partie des espaces contestés ». De quoi douter selon eux sur l’avancée des pourparlers entre Rabat et Madrid sur ce sujet.


Faisant référence au droit maritime international issu de la Convention de Montego Bay (1982), qui est précisément celui utilisé par l’Espagne pour négocier un statut qui va au-delà des actions unilatérales des Rabat, une grande partie de la classe politique espagnole craint que le Maroc use de sa capacité d’explorer et d’exploiter les ressources au-delà des 200 milles de sa zone économique exclusive (ZEE) et « d’envahir ainsi les eaux sahariennes et canariennes ».


C’est d’ailleurs cette interprétation qui a conduit Rabat à adopter deux lois, en 2020, pour étendre ses espaces maritimes à des zones en conflit avec Espagne.


Une surenchère médiatique sur l’exploration pétrolière

« Cette position (…) soulève des doutes sur l’efficacité du groupe de travail bilatéral susmentionné  et sur les possibilités d’un accord cohérent mettant fin au différend sur les frontières maritimes, l’une des principales raisons pour lesquelles le président du gouvernement espagnol,  Pedro Sánchez , a fini par accepter la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara Occidental  comme ‘la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend’ de l’ancienne colonie espagnole », commente ainsi la presse espagnole.


Ce débat a ressurgi en Espagne suite à une surenchère médiatique autour de la prospection pétrolière au large des côtes atlantiques marocaines. Le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a dû assurer ce vendredi que les prospections pétrolières et gazières prévues par le Maroc se déroulent dans ses eaux territoriales et a promis que le gouvernement veillera à ce qu’elles n’aient pas d’impact environnemental sur les Îles Canaries. Il répondait ainsi à des questions de journalistes à Rome à propos du renforcement de l’accord pétrolier Tarfaya Offshore Shallow avec les sociétés Eni Maroc (filiale de l’italien Eni) et Qatar Petroleum International Upstream (Qatar), pour mener des activités d’exploration pétrolière dans les eaux datant de novembre 2021 et l’annonce faite par Europa Oil &  Gas le 13 avril faisant référence à des évaluations préliminaires faites en août dernier.


Albares a profité de ce point de presse pour envoyer un message de « tranquillité » aux Canariens, à qui il a assuré qu’il surveillait ce qui se passait « au jour le jour ». « En tant que ministre des Affaires étrangères, je veillerai toujours sur leurs intérêts et tout ce qui peut les affecter pour garantir qu’ils sont à l’écart de tout impact négatif », a-t-il fait remarquer, répétant ainsi ce qu’il avait dit devant les Cortès.


Selon Albares, la question de la prospection est l’une de celles qui seront abordées dans la commission bilatérale avec le Maroc, ce qui, a-t-il ajouté, démontre l’importance de celle-ci ainsi que du dialogue avec Rabat afin qu’ « il n’y ait pas de collision avec les intérêts canariens ». Le ministre espagnol a souligné que la prospection de pétrole ou de gaz n’est pas nouvelle, mais qu’elle est déjà apparue il y a des années, et aujourd’hui propulsée au cœur de l’actualité de la « tension sur le marché mondial du pétrole et du gaz ». Des investissements qui ne « semblaient pas si intéressants auparavant ou qui étaient dédaignés » et « qui suscitent maintenant un certain intérêt », a-t-il souligné.

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