Benali : le premier contrat d’achat de GNL sur le marché international sera signé cette semaine

Depuis la fermeture du Gazoduc Maghreb-Europe (GME) fin octobre 2021, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali s’est montrée rassurante, malgré le peu d’information ayant filtré sur une solution alternative.
Rabat et Madrid ont mis la dernière main à l’inversion du flux du GME devant permettre au Maroc de se fournir en gaz via l'Espagne. Restait à savoir qui livrera, dans les terminaux espagnols, le GNL destiné au royaume. Jusqu’ici, les résultats de l’appel d’offres se faisaient toujours attendre, d'autant qu'Alger exige un droit de regard sur ces contrats.
Le Maroc, qui a réussi pour la première fois de son histoire d'entrer sur le marché international du gaz naturel liquéfié (GNL), a reçu des dizaines d’offres qui ont été examinées par une commission ad hoc, et va signer un premier contrat d’achat dans le courant de cette semaine, a annoncé lundi, Leila Benali.
Qatargas et Adnoc (Abu Dhabi National Oil Co) auraient fait partie des fournisseurs approchés par le ministère en charge de l'énergie, aux côtés de l'espagnol Repsol et de grands noms du trading pétrolier, apprenait-on début mai, sans que cela ne soit confirmé par Benali.
La ministre, qui répondait à une question orale sur « l’investissement et le développement des infrastructures de base pour recevoir le GNL de l’étranger et l’utiliser afin d’assurer la souveraineté énergétique », lors d’une séance plénière à la Chambre des représentants, a indiqué que ces offres ont fait l’objet « d’une procédure accélérée et minutieuse d’examen et de négociation avec des compagnies internationales, qui a été menée par une commission spéciale créée à cette fin ».
Un plan d'urgence pour un demi-milliard de m3 de gaz par an
Benali a fait savoir, en outre, que le Royaume a mis en place un plan d’urgence pour assurer son approvisionnement en électricité qui nécessite un demi-milliard de m3 de gaz naturel par an, sur le court terme, ajoutant que la capacité globale de stockage des produits pétroliers au Maroc est de 1,8 million de tonnes couvrant 57 jours de la consommation nationale.
Elle a de même noté que la décision algérienne de ne pas reconduire le contrat du Gazoduc Maghreb-Europe n’a eu aucun impact sur la production de l’électricité au Maroc, et n’a provoqué aucune pénurie ou manque en matière de satisfaction des besoins du Maroc en électricité et ce, en dépit du fait que les centrales de Tahaddart dans le Nord et de Beni Mathar dans l'Oriental sont à l'arrêt, conséquence de ce boycott.
En réponse à une autre question sur « la stratégie du ministère pour assurer l’approvisionnement énergétique du Royaume », elle a souligné que dans le cadre de la politique ambitieuse prônée par le Maroc pour augmenter son stock de réserve et répondre aux besoins du pays, son département veille au suivi et à l’accélération de la mise en oeuvre des projets programmés par des opérateurs privés pour réaliser une capacité globale de stockage des produits pétroliers de quelque 777 000 m3 pour un investissement de 2,7 milliards de dirhams à l'horizon 2023.
Et d'ajouter que le ministère se penche sur la mise en place d'un nouveau mode de gestion du stock de réserve dans le cadre du partenariat public-privé, en plus d'une réorganisation institutionnelle pour assurer un meilleur suivi de ces projets.