« L’inscription sur une liste de patrimoine nationale est aujourd’hui le seul moyen d’assurer la préservation de ces sites d’un haut intérêt scientifique », nous explique l’archéologue Abderrahim Mohib, par ailleurs co-directeur du Programme archéologique marocco-français « Préhistoire de Casablanca ».
Parmi les sites préhistoriques les plus importants de la capitale économique, seulement deux bénéficient de cette protection de l’État. Pour le reste, ce sont des vestiges parfois vieux de plus d’un million d’années qui risquent d’être ensevelis sous un immeuble et disparaitre à jamais. Un scénario devenu une réalité depuis le début du XXe siècle et l’émergence de la métropole moderne qui abrite pourtant des vestiges d’une présence millénaire.
Mais quelle est donc la valeur de ces trésors dont la préservation est un souci majeur pour les scientifiques ? « Il s’agit d’éléments importants pour comprendre l’évolution de l’Homme moderne » , explique sobrement Mohib. L’archéologue insiste sur la notion de « présence continue de l’espèce humaine au Maroc depuis au moins 1,3 millions d’années à nos jours », une rareté dans le monde.
Le royaume est en effet un témoin précieux de l’histoire de notre espèce avec en point d’orgue la célèbre découverte de l’Homme d’Ighoud, révélée en 2017 et qui fixe désormais l’âge d’Homo Sapiens à au moins 315 000 ans. Une étape cruciale de développement qui pousse les paléoanthropologues à essayer de comprendre comment en est-on arrivé là. Et c’est bien à Casablanca qu’ils ont l’espoir de trouver des réponses.
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