Casablanca-Settat : 22 milliards de dirhams supplémentaires pour accélérer la transformation régionale
Abdellatif Maazouz, président du Conseil régional de Casa-Settat lors la session ordinaire au titre du mois de juillet. Crédit: MAP
La région Casablanca-Settat a franchi un nouveau cap dans la mise en œuvre de son Plan de développement régional (PDR) 2022-2027. Lors de sa session ordinaire du 7 juillet 2025, le Conseil régional, présidé par Abdellatif Maâzouz, a validé une nouvelle vague d’investissements d’envergure, engageant 22 milliards de dirhams (MMDH) supplémentaires. Cette contribution fait passer l’effort d’investissement régional de 13 à 35 MMDH, sur un programme global dont l’enveloppe atteint désormais 130 MMDH.
Cette hausse significative répond à une accélération des projets structurants sur l’ensemble du territoire. Alors que le PDR initial prévoyait une participation régionale de 12,7 MMDH sur 47 MMDH à mobiliser, les 390 conventions déjà adoptées impliquent désormais un coût global de 46 MMDH, dont 13,4 MMDH pris en charge par la région. Cette révision à la hausse consacre un changement d’échelle assumé. « Nous avons dépassé le budget initialement prévu par la région, mais les besoins sont plus importants. Le milieu rural, notamment, en est le premier bénéficiaire avec plus de 4,3 MMDH directement mobilisés » , a précisé Abdellatif Maâzouz.
Au total, 390 conventions avaient été approuvées par le Conseil régional depuis 2022. Parmi elles, 183 ont déjà été visées par le ministère de l’Intérieur, condition nécessaire au déblocage des budgets et au lancement effectif des projets. Dans cette tranche, 16 % des projets ont été finalisés, 24 % sont en cours de lancement, tandis que 47 % en sont encore au stade des études. Lors de la session du 7 juillet, plus de 50 nouvelles conventions ont été examinées et adoptées, portant le total à plus de 450 conventions validées à ce jour. À elles seules, ces nouvelles conventions mobiliseront plus de 80 MMDH d’investissement.
Mobilité : LGV et RER
Parmi les conventions les plus structurantes adoptées figure le protocole de financement de la future ligne à grande vitesse (LGV) Marrakech-Kénitra, estimée à 48 MMDH. Cette convention réunit les régions Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Marrakech-Safi, chacune contribuant à hauteur de 16 MMDH. Le projet comprend également un Réseau express régional (RER) autour de Casablanca, avec une ligne Benslimane-Nouaceur dotée de 16 stations et d’un pôle d’échange majeur à Casablanca-Sud (quartier Nassim).
Le financement repose sur un montage associant l’État (ministères de l’Intérieur, des Transports et des Finances), l’Office national des chemins de fer (ONCF), les trois régions partenaires, ainsi que six établissements bancaires (Attijariwafa bank, Banque Populaire, CDG, Bank of Africa, Crédit du Maroc et Bank Al-Maghrib). Le recours à des prêts à long terme avec différé permettra un démarrage rapide sans compromettre l’équilibre budgétaire.
En parallèle, les travaux d’amélioration de la voirie régionale se poursuivent : la voie côtière RR322 a été réhabilitée et mise en service, tandis que le projet de renforcement de l’axe routier Casablanca-Nouaceur (2 MMDH) est à un taux de réalisation de 63 % d’avancement. La réhabilitation des échangeurs de Sidi Maarouf et deAïn Harrouda, représentant 1,1 MMDH, a atteint un taux de réalisation de 35 % et devrait être achevée avant la fin 2025.
Eau et environnement : 17 stations mises en service
Face à la crise hydrique, la région multiplie les efforts. Elle participe au financement d’un vaste réseau de canalisations pour le transport d’eau dessalée produite à Casablanca et Safi, via une convention regroupant l’État, la Société régionale multiservices (SRM) et Attijariwafa bank. Au total, 17 stations de dessalement ont été mises en service sur les 28 prévues. En parallèle, une enveloppe de 500 millions de dirhams (MDH) a été affectée à l’assainissement pluvial dans les communes de Casablanca, Mohammedia et Dar Bouazza.
Le traitement des déchets connaît aussi une évolution majeure. À Médiouna, la réhabilitation de l’ancienne décharge sauvage est à 74 % d’avancement, et le projet de traitement des lixiviats est en phase finale. Ce chantier fait partie d’un programme de gestion intégrée des déchets de 16 MMDH (2025–2034), dont 1,6 MMDH pris en charge par la région.
Autres projets notables : l’aménagement des berges de l’Oued Bouskoura, la station d’épuration d’El Hank (en cours de finalisation, pour une livraison prévue en août) et le projet d’assainissement liquide de Mkanssa (province de Nouaceur). Le taux d’avancement du projet de protection de Nouaceur contre les inondations atteint 25 %, tandis que la réhabilitation du lac d’El Oulfa est achevée à 70 %.
Zenata : nouvelle gouvernance pour la logistique
Symbole d’un tournant dans la gouvernance territoriale, la région Casablanca-Settat devient actionnaire à hauteur de 13 % dans la société qui pilotera la Plateforme logistique et industrielle intégrée de Zenata (PLIIZ), prévue à Aïn Harrouda, dont la pose de la première pierre est programmée pour le 22 juillet. Ce parc de 380 hectares porte sur un investissement initial de 2,8 MMDH, avec un potentiel d’attraction de plus de 6 MMDH et jusqu’à 25 000 emplois créés.
La région investit également dans des projets à fort potentiel économique. Un centre régional de leadership entrepreneurial et d’innovation, doté de 850 millions de dirhams (MDH), verra le jour en partenariat avec l’École Hassania des travaux publics (EHTP). À Berrechid, une plateforme de distribution des produits alimentaires, agricoles et halieutiques sera créée avec un budget de 2 MMDH.
Dans le domaine de l’emploi, plusieurs projets ciblent les jeunes : formation au numérique, incubateurs à Sbata, équipement du centre Start’up de Sidi Hajjaj Oued Hassar, création d’un nouveau centre dans la même commune, ou encore aménagement des abords de l’Université Hassan Ier à Settat.
Santé, social et culture : des projets de proximité
En matière de santé, le centre régional de formation aux urgences médicales est achevé et ouvrira en septembre. Des conventions ont été signées pour l’équipement d’un centre de transfusion sanguine à Casablanca, la construction d’un centre de soins à Dar Bouazza, et l’extension du centre de rééducation Nour à Bouskoura.
Sur le plan social, un centre socioprofessionnel pour l’insertion des jeunes en situation de handicap sera édifié à Hay Hassani, et le programme « Pass Jeunes » est reconduit. D’autres équipements sociaux et sportifs sont en outre programmés : salles omnisports à Sidi Othmane et Rahma, complexe sportif de Deroua, bibliothèque municipale, centre de Protection civile à Settat, abattoirs communaux modernisés…
Gouvernance financière : recours à l’emprunt obligataire
Pour accompagner cette montée en puissance, le Conseil a validé un emprunt obligataire d’1 MMDH, dont le lancement est prévu à l’automne pour bénéficier d’une conjoncture plus favorable. Ce prêt a été négocié à un taux historiquement bas de 3,92 %, grâce à la baisse du taux directeur décidée en mars 2025 par Bank Al-Maghrib.
Le Conseil a également approuvé 54 points supplémentaires, liés à des amendements, des reprogrammations de crédits et l’ajustement de projets budgétisés. Une délégation a été confiée au président pour finaliser les démarches relatives à cet emprunt.
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