Vague d’arrestations GenZ212: des ONG internationales alertent sur la répression des protestations
Un collectif d’organisations internationales de défense des droits humains, dont l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), a publié un communiqué conjoint pour alerter sur « l’intensification de la répression menée par les autorités marocaines contre les manifestations pacifiques », en cours depuis le 27 septembre.
« La première vague de répression a été particulièrement sévère, avec plus de 100 personnes arrêtées rien qu’à Rabat, et des dizaines d’autres interpellées dans des villes comme Casablanca, Marrakech et Agadir », indique l’Observatoire.
Le communiqué fait état d’arrestations supplémentaires le 29 septembre, illustrant une « dynamique continue de répression visant à étouffer la liberté d’expression et de réunion pacifique ».
Parmi les personnes arrêtées figurent le journaliste Ibrahim Boufdem, le cinéaste Ashraf Amzil, le rappeur Anas Zammati, le jeune avocat Faroq El Mehdaoui (secrétaire général de l’organisation de jeunesse de la Fédération de la gauche démocratique, ultérieurement relâché), la militante féministe Latifa Al-Makhloufi, l’activiste d’Attac Maroc Fatima Al-Zahraa Al-Balghiti, ou encore le podcasteur Hamza Al-Fadil.
Ces mobilisations interviennent dans un climat de colère sociale ravivé par la mort de huit femmes enceintes dans un hôpital public d’Agadir, symbole, selon les signataires, de la dégradation dramatique des services de santé.
Le communiqué relève par ailleurs l’usage de la force par les forces de l’ordre : « des vidéos montrent les forces de sécurité dispersant violemment les manifestations, frappant les participants et procédant à des arrestations arbitraires ».
Les ONG dénoncent également l’arrestation d’un citoyen « pour avoir simplement accordé une interview pacifique aux médias », y voyant « une violation flagrante du droit à la liberté d’expression garanti par l’article 25 de la Constitution marocaine ».
De manière générale, la dispersion violente des rassemblements pacifiques « constitue une violation du droit à la liberté de réunion pacifique, protégé par l’article 29 de la Constitution », rappellent-elles.
Les signataires exigent la libération immédiate des personnes arrêtées, l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les violences policières, ainsi que le respect des engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains, en particulier l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).
Enfin, ils exhortent les autorités à « reconnaître publiquement la légitimité des revendications sociales et économiques portées par les manifestants et engager un dialogue national sincère et inclusif afin de répondre aux crises de la santé publique, de l’éducation et de l’emploi ».
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