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03.10.2025 à 01 H 01 • Mis à jour le 03.10.2025 à 13 H 29 • Temps de lecture : 4 minutes
Par La rédaction

GenZ212 : à Casablanca, après la psychose, une manifestation pacifique

Rendez-vous à 17 h place des Nations unies, la manifestation à laquelle a appelé, ce jeudi 2 octobre, le mouvement GenZ212 s'est tenue sans heurts. Pourtant, les habitants et les occupants du centre-ville de Casablanca avaient un temps craint le pire.


En milieu d'après-midi, de nombreuses entreprises ont invité leurs effectifs à quitter les bureaux plus tôt que d'habitude, de même pour les écoles, dont la fermeture a été anticipée. Un semblant de panique s'est ainsi emparé des Casablancais, ce qui a causé notamment d'importants embouteillages, surtout dans le quartier de Sidi Belyout et le long de l'avenue Hassan II.


Sur les artères de la ville, des visages inquiets, des automobilistes à bout de nerfs, des embouteillages et un concert assourdissant de klaxons ont précédé le rendez-vous de cette fin de journée. Paradoxalement, sur le lieu fixé pour la manifestation, il régnait une atmosphère bien plus sereine, tandis que ses alentours se vidaient peu à peu.


Vers 17 h 30, un groupe d'une trentaine de jeunes a formé une ronde et a commencé à scander les slogans habituels des précédentes mobilisations. Ce noyau est rapidement rejoint par d'autres jeunes, une foule de sympathisants de tout âge et des journalistes. Les leaders du rassemblement ont ensuite pris place sur un promontoire à une dizaine de mètres de l'agence Casa Tramway.


Outre les slogans exigeant des réformes de fond dans les domaines de la santé et de l'éducation, les manifestants ont multiplié les attaques en direction du gouvernement, et plus particulièrement de son chef. Des appels à la démission de Aziz Akhannouch ont été suivis aussi d'une insistante demande pour une intervention royale.


De plus, lors de prises de parole individuelles, les leaders du groupe sont revenus sur la justification par le ministère de l'Intérieur des interpellations effectuées par les forces de l'ordre. Pour eux, les manifestants n'ont pas enfreint la loi, puisque «  les rassemblements n'ont ni entravé la circulation ni porté atteinte à la sécurité des individus et des biens ». Par conséquent, ils demandent la libération de tous les détenus liés aux contestations lancées par le mouvement GenZ212.


Discrètement déployées autour de la zone anciennement appelée « Place Maréchal », les forces de l'ordre avaient visiblement pour consigne de rester bien à l'écart de la manifestation. D'ailleurs, policiers et éléments des Forces auxiliaires ont reçu de nombreuses marques de soutien et de sympathie de la part des passants qui ne participaient pas à la manifestation.


L'ambiance plutôt calme de ce rassemblement a été toutefois troublée, à partir de 19 h 30, par l'arrivée d'un groupe d’adolescents. Plus chahuteurs, voire agressifs, ses membres, que d'autres jeunes déjà sur place désignent par le quolibet « El Fanid  » (en référence aux gélules de psychotrope), ont attiré l'attention des journalistes comme celle des policiers en tenue civile. Leur irruption a peu à peu sonné le glas de la manifestation initiale, qui a fini par se disperser d'elle-même.


Avant de quitter les lieux, aux alentours de 20 h 15, les jeunes qui ont débuté la manifestation ont pris soin de ranger les quelques déchets qu'elle a occasionnés dans de grands sacs poubelle, faisant montre d'un civisme particulièrement zélé, comme pour démontrer le caractère « irréprochable » du mouvement GenZ212. Le long de l'avenue Hassan II, un calme inhabituel à cette heure de la soirée est venu rappeler qu'il y a eu, dans cette partie de Casablanca, bien plus de peur que de mal.

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