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14.11.2025 à 13 H 41 • Mis à jour le 14.11.2025 à 13 H 45
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Militaire

Industrie de défense : Abdellatif Loudiyi annonce 10 projets en cours pour 260 M$ d’investissement

Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale. Crédit : MAP
Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale, a annoncé que dix projets industriels de défense, représentant 260 millions de dollars d’investissement et 2 500 emplois, sont déjà autorisés, tandis que cinq autres sont en cours de finalisation, confirmant l’accélération de la stratégie marocaine dans ce secteur

Devant la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques, des MRE et des migrations à la Chambre des représentants, Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la défense nationale, a confirmé que 10 projets industriels à vocation militaire ont déjà été autorisés, pour un investissement global estimé à 260 millions de dollars (M $) et la création de 2 500 emplois directs. Cinq autres projets sont en cours d’étude ou en phase de bouclage des procédures.


Dix projets déjà autorisés, quatre connus

Loudiyi a précisé que ces projets couvrent des activités de défense diversifiées, destinées à la fois à répondre aux besoins des Forces armées royales (FAR) et à positionner le Maroc comme fournisseur sur les marchés extérieurs, une partie de la production étant appelée à être exportée.


Parmi les dix projets déjà approuvés, quatre sont d’ores et déjà identifiés. Le premier, comme révélé par Le Desk, concerne l’implantation d’une usine de production de véhicules blindés de type WhAP, en partenariat avec le groupe indien Tata Advanced Systems, destinée à doter les FAR de capacités accrues en matière de mobilité blindée. Le second, dévoilé aussi par Le Desk, porte sur un partenariat avec le constructeur turc Baykar pour la production et la maintenance de drones, prolongeant la coopération déjà engagée autour des appareils de la famille Bayraktar.


Un troisième projet vise la mise en place d’une ligne de production locale de drones Spy-X, en collaboration avec l’Israélien BlueBird Aero Systems, afin de renforcer les capacités du Royaume dans la surveillance, le renseignement et les opérations tactiques. Le quatrième chantier identifié est la création du centre Maintenance Aéro Maroc (MAM) de Lockheed Martin, Sabena Engineering et MedZ, dédié à la maintenance lourde des avions C-130 et des chasseurs F-16, qui doit permettre à terme de réduire la dépendance aux services de maintenance à l’étranger et de développer une expertise nationale exportable dans le MRO militaire. Un cinquième projet éventé par la presse israélienne concernerait deux unités de production d'un second industriel israélien : Elbit Systems.


Deux zones d’accélération industrielle opérationnelles en 2026

Le ministre a replacé ces projets dans le cadre plus large de la stratégie industrielle de défense. Il a rappelé qu’en application du décret du 20 juin 2024, deux zones d’accélération industrielle dédiées à la défense ont été créées. Toutes les procédures nécessaires au lancement des travaux d’aménagement ont été engagées, avec l’objectif de rendre ces zones opérationnelles pour accueillir les premiers investisseurs avant la fin de l’année 2026.


Ces plateformes doivent offrir un environnement intégré donnant accès à l’ensemble des avantages fiscaux et douaniers prévus pour le secteur, tout en favorisant les synergies avec les autres filières industrielles. Elles doivent surtout devenir le socle territorial d’une industrie de défense nationale capable de combiner satisfaction des besoins internes et production destinée à l’export.


Un arsenal juridique et fiscal taillé pour un secteur stratégique

Loudiyi a insisté sur le fait que cette montée en puissance ne repose pas uniquement sur des annonces de projets, mais sur la mise en place progressive d’un cadre juridique et réglementaire complet. Conformément aux hautes orientations royales, le Maroc a, ces dernières années, activé une batterie de textes pour créer un environnement attractif pour les investisseurs dans ce secteur à haute valeur ajoutée.


Dans le prolongement du nouveau Pacte de l’investissement, plusieurs mesures incitatives spécifiques à l’industrie de défense ont été proposées. L’exonération temporaire de l’impôt sur les sociétés a été élargie pour inclure les activités de défense, tandis que le champ des exonérations de TVA a été étendu au profit des sociétés de services disposant d’une licence de fabrication dans ce domaine.


Le ministre a également mis en avant le mécanisme de compensation industrielle introduit par le décret du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics. Ce dispositif incite les entreprises qui concluent des contrats avec l’Administration de la défense à investir au Maroc, à transférer des technologies sensibles et à développer des chaînes de valeur locales, renforçant ainsi la base industrielle nationale.


Parallèlement, le Royaume a multiplié les partenariats bilatéraux, mémorandums d’entente et accords d’investissement avec des pays « leaders et émergents » dans le domaine de l’armement, afin de favoriser le transfert de savoir-faire, l’échange d’expertise et la construction progressive d’une autonomie stratégique sur certains segments industriels.


Un budget militaire renforcé mais contenu à 4 % du budget de l’État

Sur le plan budgétaire, Loudiyi a présenté les chiffres pour l’année 2026, tout en rectifiant ce qu’il a qualifié d’« erreurs d’interprétation » de la part de certains médias. Le budget de la défense nationale pour 2026 s’élève à 73 milliards de dirhams (MMDH), en hausse de près de 3,3 MMDH, soit 4,8 %, par rapport à 2025.


Le ministre a insisté sur le fait que ce montant constitue le budget réel, contrairement aux plus de 150 MMDH parfois avancés dans la presse, qui résultent de la confusion entre les dotations budgétaires annuelles et les autorisations d’engagement pluriannuelles pour les programmes d’armement. Malgré cette progression, la part du budget de la Défense dans le budget global de l’État devrait passer de 4,5 % en 2025 à 4 % en 2026, confirmant, selon lui, le caractère maîtrisé de cet effort.


Ce budget finance à la fois la masse salariale – impactée par la revalorisation des salaires entrée en vigueur en juillet 2025 – les dépenses de fonctionnement, le soutien social aux militaires et anciens combattants, ainsi que les investissements destinés à l’acquisition, la maintenance et la modernisation des équipements, dont la composante liée à l’appui à l’industrie de défense.

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