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25.11.2025 à 15 H 46 • Mis à jour le 30.11.2025 à 14 H 54 • Temps de lecture : 3 minutes
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Énergies renouvelables

Solaire : l’État renforce ses garanties pour relancer Noor Atlas et sécuriser Midelt I

Dans la centrale solaire Noor Midelt I.

Le gouvernement a approuvé fin octobre, par deux décrets distincts, la signature d’avenants aux contrats de prêt conclus entre le Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI), officialisant l’engagement de l’État à garantir deux financements majeurs dédiés à des projets solaires stratégiques pilotés par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen).


Le premier décret valide une garantie souveraine couvrant un prêt de 129 millions d’euros (M €) accordé à Masen le 22 septembre dernier pour le financement du programme Noor Atlas. Ce texte abroge le décret du 22 juin 2020 qui autorisait déjà une garantie du même montant, mais au profit d’un autre maître d’ouvrage, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable – Branche Électricité (ONEE-BE).


Lancé il y a plus de douze ans par l’ONEE avant d’être repris par Masen, Noor Atlas, programme photovoltaïque multisites longtemps enlisé, bénéficie aujourd’hui d’une relance concrète grâce à la création d’une filiale dédiée, Noor Atlas Energy Company S.A., et au recrutement d’un assistant technique de type Owner Engineer qui accompagnera le développement du projet jusqu’à sa mise en service. D’un coût prévisionnel de 2,775 milliards de dirhams (MMDH) financé par la KfW, la BEI et des banques marocaines, il prévoit six centrales photovoltaïques totalisant 291 MW, réparties sur les sites d’Aïn Beni Mathar, Bouanane, Boudnib, Enjil, Tan-Tan et Tata. Les premières mises en service sont attendues entre 2026 et 2027, après l’attribution des contrats EPC actuellement en cours.


Le second décret porte sur l’approbation d’un avenant au contrat signé le 8 octobre dernier, par lequel l’État garantit un prêt de 190 M € de la BEI destiné à Noor Midelt I. Ce complexe solaire hybride doit produire de l’électricité pilotable en combinant photovoltaïque et solaire thermodynamique à stockage, afin de prolonger l’injection au réseau en période nocturne. Cette mise à jour remplace un décret du 9 avril 2020 qui ne couvrait qu’un prêt de 119 millions d’euros, un montant devenu insuffisant en raison de l’évolution financière du projet.


Noor Midelt I, qui devait initialement être livré en 2022 puis en 2024, connaît un retard majeur. Sa capacité, comprise entre 800 et 850 MW, et son coût estimé à 2 milliards de dollars avaient justifié l’attribution en 2019 du contrat à un consortium mené par EDF Renouvelables, avec une architecture combinant la compétitivité du PV et les capacités de stockage du solaire thermodynamique (CSP). Mais ce choix s’est heurté à un débat persistant sur la pertinence du CSP au Maroc, notamment après le retour d’expérience mitigé du complexe Noor Ouarzazate et des contraintes financières qu’il implique. Alors que les ajustements technico-financiers se poursuivent, la garantie actualisée du prêt constitue un signal politique destiné à maintenir ce projet stratégique sur les rails, dans un moment clé pour la transition énergétique du pays.

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