n°1197.Mondial 2030 : ce que dit réellement le FMI sur la trajectoire budgétaire du Maroc
Le 30 mars, le Fonds monétaire international (FMI) a rendu public le rapport Morocco : Selected Issues (Country Report No. 26/73), document de 34 pages accompagnant la consultation au titre de l'Article IV avec le Royaume. Son premier chapitre, intitulé Macroeconomic Impact of Accelerating Public Infrastructure Investments, est entièrement consacré à l'évaluation des retombées macroéconomiques du programme d'investissement lié au Mondial 2030. C'est ce texte, préparé par une équipe de quatre économistes issus de trois départements du Fonds, qui a été abondamment repris — et souvent simplifié — dans la presse.
Or, une lecture intégrale du rapport révèle une analyse bien plus riche et équilibrée que ne le suggèrent les titres accrocheurs sur les « dérives budgétaires ». Le FMI ne tire pas la sonnette d'alarme. Il modélise des scénarios, pèse des arbitrages et identifie des leviers d'action. Le ton est celui du conseiller technique, pas du lanceur d'alerte.
Un programme d'investissement sans précédent, chiffré avec précision
Le rapport quantifie le programme d'infrastructure à 11,9 % du PIB de 2024, soit environ 190 milliards de dirhams, répartis sur la période 2024-2030. La ventilation est détaillée : le ferroviaire absorbe la part du lion avec 6 % du PIB, suivi des aéroports (2,4 %), des stades (2,2 %), des routes (0,9 %) et des infrastructures urbaines et touristiques (0,5 %).
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