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L'agenda
25.06.2020 à 21 H 12 • Mis à jour le 25.06.2020 à 22 H 12
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Auctions Mohamed Melehi, porte-étendard de l’art contemporain marocain

En l'espace de quelques mois, l'artiste-plasticien de 84 ans a battu plus d'un record. Sa côte aux enchères monte en flèche, faisant de lui plus que jamais la figure proue d'un art marocain qui s'impose petit à petit sur la scène internationale.

Organisée du 18 au 25 juin par Sotheby’s, la vente aux enchères en ligne « This too shall pass » a vu la consécration de l’artiste marocain Mohamed Melehi. Estimée initialement à 120 000 dollars, l’œuvre de l’artiste « Soleil Oblique II » s’est finalement vendue à 1,9 millions de dirhams. Durant cette vente, une autre œuvre de l’artiste s’est également vendue à 500 000 dirhams.


Ce n’est pourtant pas la première fois que l’artiste Melehi s’impose dans une vente aux enchères. Le 31 mars, alors en pleine crise due à la pandémie du Covid-19, l’artiste a pu vendre son œuvre à plus de 5 millions de dirhams. L’œuvre en question « The Blacks » avait été réalisée durant le séjour américain de l’artiste, en 1963. Durant l’évènement, Farid Belkahia a également réussi à dominer la vente, en se classant à la troisième position de la plus grosse enchère, Melehi étant en première et l’artiste irakien Mahmoud Sabri en seconde.


C’est également à Londres que le 11 juin, durant une vente mise en place par la maison Bonhams, une œuvre de l’artiste marocain Farid Belkahia, décédé en 2014, s’est envolée au prix de 830 000 dirhams.  Il est également à noter que l’art contemporain marocain attire de plus en plus une clientèle anglo-saxonne, alors qu’habituellement l’art national avait plutôt le vente en poupe dans les milieux parisiens. En juin 2019, une exposition s’était tenue à Londres, avec au commissariat Morad Montazami. Quoi qu’il en soit, la côte de l’artiste ne cesse de grimper depuis dernièrement, pour augmenter de plus de 300 %.


Est-ce que l’art contemporain marocain se porte bien ? Pour y répondre, il n’y a alors qu’à voir la côte des artistes marocains à l’étranger : en plus de Jilali Gharbaoui et Ahmed Cherkaoui, nous retrouvons maintenant Mohamed Melehi et Farid Belkahia. Un groupe auquel s’ajoute l’incontestable Chaïbia. Au Maroc, la vente aux enchères organisée à Casablanca ce 27 juin par la CMOOA devrait certainement donner le ton : hormis Cherkaoui, tous ces artistes seront représentés. Pour Mohamed Melehi, l’époque américaine sera également mise en avant, avec la présentation de l’œuvre Minneapolis, datée de 1962. Estimations ? Entre 1,4 et 1,6 millions de dirhams… 


Crédit : CMOOA. MINNEAPOLIS, 1962 134 x 94 cm


Né en 1936, l’artiste peintre marocain s’impose depuis quelques temps comme étant le principal représentant encore vivant, à l’international, de l’art contemporain marocain. Il est considéré comme étant le précurseur de l’art moderne marocain. Du haut de ses 84 ans, il demeure encore aujourd’hui considéré comme étant avant-gardiste dont l’art audacieux ne cesse de voyager à l’étranger. Ses courbes ondulatoires, ses couleurs vives et puissantes et ses vibrations restent ses signatures, reconnaissables parmi tant d’autres et appuyant le caractère singulier de sa production.


Le doyen des artistes marocains est également respecté par ses pairs. Dernière action en date, son « discret » retrait de la commission d’acquisition de la Fondation Nationale des Musées. Le vieux loup ayant dès le début détecté une ambiguïté au niveau de l’orientation du fonds dédié à la fois au soutien des artistes mais aussi à l’enrichissement de la collection muséale de l’instance dirigée par Mehdi Qotbi. La décision de retrait de Melehi avait été immédiatement saluée par le Syndicat national des artistes plasticiens marocains.


En d’autres termes, l’artiste respecté et salué au Maroc, ayant déjà arpenté les grandes capitales mondiales de la culture, y séjournant ou y enseignant, il est aujourd’hui, plus que jamais, l’ambassadeur par excellence de l’art contemporain marocain. Ses œuvres s’arrachent, comme le démontrent les récentes ventes et en cela, on assiste également à la mise en valeur de toute une vie dédiée à l’art. Une vie ayant intimement lien avec l’histoire de l’art marocain.