Comment le durcissement du contrôle reconfigure les schémas migratoires depuis le Maroc
L’impact du resserrement sécuritaire sur les points de passage entre le Maroc et les enclaves de Ceuta et Melilla a été palpable en termes de réduction de la migration irrégulière. Cela n’a toutefois pas découragé les réseaux d’immigration illégale qui ont vite réadapté leurs modus operandi
Une chute de 75 %. Voici un chiffre qui en dit beaucoup des efforts sécuritaires déployés par les autorités marocaines pour faire face à l’immigration illégale par voie terrestre entre le nord du Maroc et les enclaves de Ceuta et de Melilla. Selon le rapport intitulé « Écosystèmes de traite et de trafic d'êtres humains - Afrique du Nord et Sahel », récemment publié par l'Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC), les flux des migrants marocains sur cette voie nordique ont connu « une chute spectaculaire » en 2023. En effet, seulement 467 arrivées ont été enregistrées du 1er janvier au 31 décembre, contre en 1 868 entrées illicites en 2022.
Le nombre de migrants d’autres nationalités ayant emprunté cette route a à son tour suivi la même tendance baissière. « Cette baisse était principalement due à des opérations de sécurité renforcées autour des enclaves par les forces espagnoles et marocaines », explique la même source, soulignant que « selon les personnes interrogées au Maroc, les autorités ont renforcé les points de contrôle aux entrées des villes du nord près de Ceuta ou Melilla, en particulier à Nador, pour empêcher les migrants de s'approcher. Ces contrôles ont largement réussi à empêcher les groupes de migrants de se rassembler près des enclaves ».
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