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Media Fail
20.04.2023 à 20 H 47 • Mis à jour le 14.05.2023 à 12 H 04 • Temps de lecture : 1 minutes
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Non, Stellantis ne va pas développer un moteur électrique au Maroc

A en croire quelques médias nationaux, le groupe automobile Stellantis qui regroupe PSA Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler Automobiles, s'est tourné vers le Maroc pour développer son« troisième moteur électrique ». Voici pourquoi il n'en est rien
À l'origine

Ce jeudi, plusieurs médias, dont L'Opinion et Yabiladi (qui le cite) se sont fait l'écho d'une information selon laquelle Stellantis, groupe automobile multinational franco-italo-américain, « se tourne vers le Maroc pour le développement de son 3ème moteur électrique ». 

Les détails

« Lors de la première assemblée générale de Stellantis après la pandémie, tenue récemment à Amsterdam, John Elkann, président du groupe, a exposé certaines grandes lignes, entre autres les options qu’envisage le groupe pour construire son troisième moteur au Maroc, en Turquie et en Inde », rapportent nos confrères de L’Opinion. Le quotidien du parti de l’Istiqlal, qui cite des « informations fournies par Stellantis France », ajoute que « le président de Stellantis s’attèle au développement du troisième moteur électrique grâce aux efforts que l’on déploie dans des pays parmi lesquels figure le Maroc ». Ce troisième moteur concernerait, outre le royaume, l'Amérique du Sud, l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Inde et l’Asie-Pacifique.

Les faits réels

En réalité, l’Opinion s’est rendu coupable d’une mauvaise interprétation des propos de John Elkann. Lors de son intervention du 13 avril dernier devant les actionnaires du groupe, il avait déclaré que Stellantis construit son « troisième moteur » en doublant sa capacité de production au Maroc, en s’engageant à croître en Inde et à s’étendre en Turquie avec Tofas. Le communiqué, relayé par exemple par Breaking Latest News, un site de curation de nouvelles, insiste sur les guillemets sur « troisième moteur ». Car un peu plus loin, Elkann explique ce qu’il entend par « troisième moteur ».


« Outre l’Europe et l’Amérique du Nord, où se trouvent nos racines, nous construisons ce que nous appelons notre ‘troisième moteur’. Celui-ci consiste en l’Amérique du Sud, l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Asie Pacifique », a déclaré le PDG de Stellantis aux actionnaires du groupe lors de l’assemblée générale à Amsterdam.


Ce « troisième moteur » n'est donc qu'une analogie rapportée au champ lexical de l'ingénierie automobile, et qui désigne un nouveau moteur de croissance (entendre par là une nouvelle zone géographique de croissance) pour le groupe et non pas un moteur automobile, comme le laisse croire l'article de L'Opinion.

De plus, l’intervention de John Elkann n’apporte rien de substantiellement nouveau en ce qui concerne le royaume. En novembre dernier, le groupe Stellantis avait déjà annoncé sa volonté de doubler la capacité de production de son usine de Kénitra, en investissant 300 millions d’euros, soit près de 3,2 milliards de dirhams. L’annonce a été faite en présence du ministre de l’Industrie, Ryad Mezzzour, et du ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, Mohcine Jazouli.

Le verdict

Il s’agit donc d’une interprétation trompeuse des déclarations de John Elkann, causée par une mauvaise traduction de l’anglais vers le français de l’expression « notre troisième moteur ». Le Maroc, bien qu’il soit bien embarqué dans le processus d’intégration de l’industrie automobile, n’a évidemment pas - pour le moment - les moyens de développer de bout en bout un moteur - encore moins électrique - destiné à être monté sur des véhicules en commercialisation. Lost in translation...

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