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05.06.2017 à 20 H 30 • Mis à jour le 05.06.2017 à 20 H 30
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n°158.Crise dans le Golfe: Comment l’Arabie et ses soutiens veulent isoler le Qatar

Diplomatie, circulation des biens et des personnes... L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn viennent d'adopter une série de mesures pour rompre avec Doha

Cela ressemble à une mise en quarantaine. Tôt ce lundi, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rompu leurs liens avec le Qatar. Les trois nations du Golfe accusent Doha de « soutien au terrorisme ». En cause : des suspicions de liens avec Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée “terroriste”  par l’Egypte et des pays du Golfe.


Également exclu de la coalition militaire arabe opérant au Yémen sous commandement saoudien, le Qatar se retrouve au centre d’une crise majeure au Moyen-Orient. Il s’agit même de la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.



Elle intervient surtout quinze jours après un appel de Donald Trump à l’unité des pays arabes face à la menace terroriste.


Concrètement, Ryad, Abou Dhabi et Manama ont pris tout un train de mesures visant à isoler le pays. Il s’articule autour de trois grands axes.


Des relations diplomatiques rompues

Rupture immédiate des relations diplomatiques entre le Qatar, Bahreïn et les Emirats. Ces deux nations ont ordonné à leurs diplomates de quitter Doha dans les 48 heures. Ce n’est pas une première : en 2014, les trois pays avaient rappelé leurs ambassadeurs pour protester contre le soutien du Qatar aux Frères musulmans.


Lundi matin, l’agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations diplomatiques avec le Qatar pour « protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l’extrémisme ». Selon l’Arabie, le Qatar appuie aussi « les activités de groupes terroristes soutenus par l’Iran dans la province de Qatif (est) », où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien. De son côté, Bahreïn accuse Doha « d’ébranler la sécurité et la stabilité (de son royaume) et de s’ingérer dans ses affaires » intérieures.


Des mesures appliquées sur terre, sur mer et dans les airs

Fermeture de la frontière terrestre de l’Arabie saoudite avec le Qatar. Cette mesure entraîne un blocage des importations de biens par voie terrestre du Qatar à travers l’Arabie saoudite.


Des liaisons aériennes et maritimes mises à mal. Cette décision doit intervenir dans les 24 heures. L’Egypte, qui a elle aussi « décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l’Etat du Qatar », a indiqué que ses liaisons aériennes avec ce pays seront suspendues à partir de mardi.


Une saoudienne et un enfant marchant devant l'agence de Qatar Airways à Ryad. Fayez Nureldine/AFP/Getty Images


Des suspensions de vols en rafale. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont décidé la fermeture des espaces aériens aux vols de la compagnie aérienne du Qatar. Les compagnies aériennes Etihad, Emirates et Flydubai des Emirats arabes unis vont arrêter les vols sur Doha à partir de mardi matin. Parallèlement, Qatar Airways a mis un terme à ses liaisons avec l’Arabie saoudite, dont la compagnie nationale Saudia a pris une mesure similaire.


La circulation des personnes considérablement réduite

 Les ressortissants du Qatar invités à partir. Cette décision, qui sera appliquée dans les trois pays d’ici 14 jours, concerne aussi bien les visiteurs que les résidents permanents. Ce point est particulièrement problématique car cette mesure contredit un accord sur la libre circulation au sein du CCG. Une exception est cependant à noter : les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite.


Il est en outre interdit aux ressortissants des trois pays de se rendre au Qatar.


Des conséquences immédiates à Doha

Face à ces mesures, le Qatar a réagi avec colère en accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre « sous tutelle » et de l’étouffer économiquement. Ces mesures ont surtout des incidences directes sur l’économie nationale. La Bourse de Doha a chuté de 8 % à l’ouverture des transactions avant de clôturer en baisse de 7,58 %.


Dans le même temps, les habitants de la capitale qatarie se sont rués sur les produits alimentaires, vidant des rayons entiers de supermarchés, a rapporté le site en ligne Doha News.

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