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Lors de la première édition du China-Morocco Investment & Legal Summit, organisée par le cabinet Dentons Morocco le 21 mai 2026 à Casablanca.
01.06.2026 à 23 H 47 • Mis à jour le 01.06.2026 à 23 H 47 • Temps de lecture : 8 minutes
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n°1234.Investissements chinois au Maroc : Dentons éclaire les opportunités et l’accompagnement nécessaire

Accompagnant l'afflux croissant d'investissements chinois au Royaume, le cabinet Dentons Morocco a réuni plus de 70 entreprises chinoises lors de la première édition du China-Morocco Investment & Legal Summit. Objectif : décrypter les opportunités d'investissement au Maroc, tout en exposant ses spécificités institutionnelles et juridiques

Dentons Morocco, bureau local du cabinet d’avocats multinational Dentons, a organisé, le 21 mai, la première édition du China-Morocco Investment &  Legal Summit, évènement qui a réuni les représentants de plus de 70 entreprises chinoises, dirigeants d'institutions, investisseurs et conseillers pour une journée de discussions stratégiques sur l'investissement chinois au Maroc.


« Le concept du China-Morocco Investment &  Legal Summit est né en réponse à un besoin réel, avec la recrudescence des investissements chinois au Maroc au cours des dernières années, indique Omar Sayarh, Managing Partner chez Dentons Morocco. Nous recevons, ici ou à travers nos bureaux en Chine, de nombreux investisseurs chinois qui viennent au Maroc, mais qui ne sont pas toujours dûment accompagnés, ce qui peut engendrer des difficultés dans la mise en place de leur projet. »


Une rencontre pour répondre à un besoin croissant

La conférence ambitionnait donc de répondre à nombre de questions posées par les investisseurs chinois au Maroc : quels secteurs privilégier ? Quelles sont les incitations proposées ? Comment gérer les risques liés à la réglementation, à la fiscalité, à l'emploi, à l'immobilier et aux litiges ? « C'est vraiment une réponse à un besoin de sensibilisation, pour dire l'importance pour l’investisseur d'être accompagnés de manière globale, que ce soit sur le plan juridique ou sur l'aspect business  », poursuit Omar Sayarh.


Pour ce faire, Dentons Morocco s’est adjoint comme partenaires institutionnels l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), interlocuteur tout désigné pour un investisseur étranger, et CDG Invest, véhicule d’investissement du groupe CDG qui joue le rôle d’equity partner. Yassine Elahyani, chef du département industries émergentes à l’AMDIE, et Hamza El Moumen, directeur de l’investissement à CDG Invest, ont ainsi fait partie des intervenants durant la rencontre.


Ont également participé aux échanges Lamia Merzouki, directrice générale adjointe de Casablanca Finance City Authority, Mehdi Laraki, président du Conseil d'affaires Maroc-Chine de la CGEM, Yu Chang Business Developer à Bank Of Africa, ou encore Richard Xu, directeur de la Ningbo Lawyers Association, organe officiel rassemblant les professionnels du droit de la métropole de Ningbo, dans la province chinoise du Zhejiang.


Atout essentiel : l’accès aux marchés de l’UE et des États-Unis

L’ensemble des interventions convergeait vers un même constat : le Maroc se positionne désormais comme une plateforme industrielle et stratégique à long terme pour les entreprises chinoises en quête de croissance dans la région. Car outre les atouts du pays comme terre d’investissement (exonérations fiscales, aides étatiques, main-d’œuvre jeune et compétitive, sources d'énergie verte permettant de se conformer aux obligations liées à la taxe carbone…), c’est surtout l’accès à un très large marché, grâce aux nombreux accords de libre-échange – principalement avec l'UE et les États-Unis, qui constitue un attrait majeur pour les entreprises chinoises. Celles-ci voient en effet dans le « nearshoring de la production  » un moyen d’atténuer le risque des barrières tarifaires et des droits de douane.


Cette dynamique est déjà très concrète sur le terrain. Aux portes de Tanger, la cité Tanger Tech, vaste site de 500 hectares, accueille un cluster d'une grappe d'industriels chinois de l'automobile, des freins aux composants de batteries. L'usine de pneumatiques de Sentury Tire y est déjà opérationnelle, BTR New Material Group, premier fournisseur mondial d'anodes de batteries y construit une de ses deux unités, et l'équipementier APG doit y inaugurer cette année une usine de freins de 70 millions de dollars. Plus au sud, à Kénitra, le fabricant de batteries Gotion High-tech (détenu à 25 % par l'allemand Volkswagen) bâtit une gigafactory à terme de 1,3 milliard de dollars. Une montée en puissance qui s'appuie aussi sur un écosystème automobile déjà installé, Renault et Stellantis y exploitant d'importantes usines. Le ministre du Commerce, Ryad Mezzour, tablait fin 2025 sur une « chaîne de valeur complète  » capable d'alimenter jusqu'à 500 000 véhicules électriques par an.


« La majorité des entreprises chinoises qui ont choisi de s’implanter au Maroc ont opté pour le secteur de l’industrie, et notamment dans l’industrie automobile. Leur objectif est de produire localement, afin de viser les marchés européens et américain, avec un taux d'intégration conforme aux accords de libre-échange  », détaille Omar Sayagh.


Omar Sayarh, Managing Partner chez Dentons Morocco, lors du China-Morocco Investment & Legal Summit, tenu le 21 mai 2026 à Casablanca.Omar Sayarh, Managing Partner chez Dentons Morocco, lors du China-Morocco Investment & Legal Summit, tenu le 21 mai 2026 à Casablanca. Crédit : Dentons Morocco


Une attractivité qui inquiète Bruxelles

Cet attrait a toutefois son revers. La perspective de voir des milliards de dollars d'investissements chinois affluer au Maroc alimente une inquiétude croissante au sein de l'Union européenne, qui redoute que le royaume ne se transforme en porte d'entrée pour des biens fortement subventionnés susceptibles de déstabiliser son industrie. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, y voit le symptôme des efforts chinois pour écouler ailleurs leur surcapacité industrielle, via le « transbordement » de leurs exportations par des pays tiers, et n'hésite pas à parler d'un enjeu majeur pour l'économie européenne.


Les précédents nourrissent cette vigilance. L'an dernier, la Commission a estimé que des jantes en aluminium expédiées depuis le Maroc bénéficiaient de subventions « déloyales », de Rabat comme de Pékin à travers son programme d'infrastructures des Nouvelles routes de la soie. Bruxelles a par ailleurs imposé des droits de douane pouvant atteindre 45 % sur les véhicules électriques chinois, et il n'est pas toujours aisé, reconnaissent des responsables européens, de distinguer une coopération industrielle authentique d'une stratégie de contournement des tarifs.


C'est dire l'importance des « règles d'origine », qui exigent une transformation suffisante des produits sur le sol marocain pour ouvrir droit à l'exportation en franchise vers l'UE. À Casablanca, Yassine Elahyani (AMDIE) a d'ailleurs rappelé aux investisseurs chinois la nécessité de s'y conformer, plaidant pour une relation « gagnant-gagnant » entre le Maroc, l'UE et la Chine et écartant l'idée que les zones économiques spéciales du royaume puissent servir de « porte dérobée » vers le marché européen.


Du côté chinois, on récuse également cette lecture : les industriels présents à la conférence ont mis en avant leur intégration dans les chaînes d'approvisionnement européennes – Renault et Stellantis disposant d'usines de premier plan au Maroc – et la compétitivité de produits fabriqués au plus près des sites européens. Reste que l'ampleur des projets annoncés met les responsables européens sous pression, à l'heure où l'UE débat d'un Industrial Accelerator Act destiné à protéger sa base industrielle. L'un des tests à venir sera de savoir si le Maroc y sera, ou non, considéré comme « européen », un enjeu loin d'être théorique pour un pays dont l'UE demeure le premier partenaire commercial, avec plus de 26 milliards d'euros d'exportations en 2025.


À ces investisseurs, Dentons Maroc propose dans ce contexte un accompagnement couvrant l'ensemble du processus, de l'idée initiale à l'implémentation et au-delà. Dès la phase amont, le cabinet peut réaliser des études de marché ou identifier des opportunités d'acquisition ou de partenariat. Une fois la décision d'investir prise, le cabinet peut prendre en charge l'ensemble du processus d'implémentation : création de sociétés, négociation des conventions d'investissement et des primes d'État, structuration fiscale, rédaction des contrats… Et en cas de litige, le cabinet intervient également en contentieux et en arbitrage.


« Nous leur offrons un accompagnement à 360 degrés, qui ne se limite pas au juridique, mais s’étend aussi au conseil stratégique, à travers notre branche advisory. Nous pouvons également les mettre en relation avec les partenaires dont ils ont besoin pour s'installer au Maroc  », ajoute Omar Sayarh.

Des préoccupations juridiques spécifiques

Le champ juridique reste toutefois le core business du cabinet, et ses clients chinois sont assez spécifiques. Évidemment, comme tout investisseur étranger, ils se montrent très attentifs à tout ce qui touche au droit de l'investissement, à ce qu’ils peuvent obtenir comme mesures incitatives, ainsi qu’au volet financier et les modalités de rapatriement des bénéfices.


Mais ils accordent aussi une grande attention au droit du travail, notamment ce qui concerne l’emploi de salariés chinois. Car souvent, lorsqu’il est question du top management, de postes stratégiques ou d’expertises très techniques, les entreprises chinoises installées au Maroc préfèrent recruter des compétences chinoises.


« Les systèmes juridiques marocain et chinois sont très différents. Donc, à la différence de leurs homologues européennes, quand des entreprises chinoises débarquent au Maroc, tout est nouveau pour elles. Elles sont dans un dépaysement total. Et c’est notre rôle de les accompagner  », conclut Omar Sayarh.

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