n°1185.Pourquoi Michael Rubin exhorte le Maroc à la reconquête de Ceuta et Melilla
Il lui aura fallu quatre jours pour passer d’une tribune académique à un appel à l’invasion civile de masse. Le 12 mars, Michael Rubin, chercheur principal à l’American Enterprise Institute (AEI) et directeur de l’analyse politique au Middle East Forum, publiait un article qualifiant l’Espagne de « puissance coloniale » et demandant au président Trump de reconnaître Ceuta et Melilla comme des territoires marocains occupés. Le 16 mars, sur la même plateforme, il appelait le roi Mohammed VI à lancer une « Nouvelle Marche Verte » pour — ce sont ses mots — « finaliser l’expulsion des colons espagnols du sol marocain ».
L’affaire, présentée comme un réveil anticolonial, est en réalité tout autre chose. Derrière le vocabulaire de la décolonisation se dessine une opération de représailles calibrée, déclenchée par la décision espagnole de rappeler définitivement son ambassadeur d’Israël le 11 mars, et alimentée par le refus de Madrid de mettre ses bases à disposition des frappes américaines contre l’Iran dans le cadre de l’opération « Epic Fury ». Pour comprendre le mécanisme, il faut remonter le fil — celui d’un homme, de ses réseaux, et de l’intérêt unique qui structure chacune de ses prises de position.
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