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07.10.2025 à 02 H 48 • Mis à jour le 15.10.2025 à 12 H 47 • Temps de lecture : 11 minutes
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n°1109.Rapport de Guterres sur le Sahara : diplomatie à l’arrêt pour De Mistura, « end game » selon Rabat

À la veille du vote pour le renouvellement du mandat de la Minurso, le Secrétaire général des Nations unies dresse dans son dernier rapport sur la situation au Sahara un constat préoccupant : hostilités persistantes, blocage politique, dégradation humanitaire et tensions régionales menacent de maintenir le dossier du Sahara en conflit gelé sans perspective de résolution

Dans son rapport adressé au Conseil de sécurité le 30 septembre dont Le Desk a pu consulter la version anticipée, Antonio Guterres dresse un état des lieux sans appel. Cinquante ans après le déclenchement du conflit, le dossier du Sahara demeure marqué par une l’absence de tout progrès politique. Sur le terrain, la mission onusienne (Minurso), agit dans un environnement militarisé, traversé de tensions permanentes et de violations sporadiques du cessez-le-feu. Le Secrétaire général note la persistance d’affrontements de faible intensité entre le Maroc et le Front Polisario, malgré les appels répétés à la retenue.


Entre septembre 2024 et août 2025, les observateurs de la Minurso ont enregistré de multiples échanges de tirs, concentrés principalement dans la région de Mahbès, et des frappes de drones marocains à l’est du mur de défense. Le 27 juin, quatre roquettes ont explosé à proximité du site de l’équipe onusienne d’Es-Smara, dont l’une à seulement 200 mètres des installations, un incident considéré comme le plus grave depuis la reprise des hostilités en 2020. Le Front Polisario, sans confirmer sa responsabilité, a évoqué une riposte militaire, tandis que le commandement sud des Forces armées royales (FAR) a dénoncé un « acte terroriste ». Dans les semaines qui ont précédé, des frappes de drones attribuées à l’armée marocaine ont visé des véhicules dans la zone de Mijek, causant la mort de plusieurs orpailleurs mauritaniens et soudanais.


142 incidents de tirs signalés par le Maroc

Le rapport fait état de 142 incidents de tirs signalés par le Maroc, dont près de la moitié dans le secteur de Mahbès. La Minurso a conduit 58 missions d’enquête couvrant 354 sites d’impact, sans pouvoir vérifier directement plus de la moitié des incidents en raison de restrictions d’accès. À l’est du mur, les observateurs onusiens n’ont pas pu dépasser un rayon de 20 kilomètres autour de leurs bases, sur instruction du Front Polisario, qui interdit également toute reconnaissance aérienne depuis novembre 2020. Malgré ces entraves, les activités de déminage ont connu une progression notable. Le Service d’action antimines a inspecté plus de 13 800 kilomètres de routes, nettoyé 1,4 million de mètres carrés de terrain et détruit 247 sous-munitions. Les FAR affirment de leur côté avoir déblayé 129 millions de mètres carrés de zones à risque à l’ouest du mur, tout en signalant 3 accidents liés à des restes explosifs ayant causé des blessures à des civils.

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