n°1173.Sahara : pourquoi la Bolivie a tourné le dos au Polisario
Le mardi 23 février, un appel téléphonique entre Nasser Bourita et son homologue bolivien Fernando Aramayo a suffi à acter ce qui était prévisible depuis plusieurs mois : la Bolivie suspend sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique (RASD) », entité autoproclamée du Polisario non reconnue à l’ONU, rompt tout contact officiel avec le Front de Tindouf et s'engage à ouvrir des missions diplomatiques résidentes à Rabat et à La Paz. Pour comprendre cette décision, il faut remonter à l'élection présidentielle d'août 2025 et au profond basculement politique qu'elle a inauguré.
Après presque deux décennies d'hégémonie du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales, la Bolivie a porté au pouvoir Rodrigo Paz Pereira, du Parti démocrate-chrétien (PDC), dont le programme promettait un « capitalisme pour tous » et un rapprochement avec les États-Unis. Un positionnement qui tranchait radicalement avec celui de ses prédécesseurs, qui avaient fait de l'alliance avec Alger et avec le Polisario l'un des marqueurs idéologiques de leur politique étrangère.
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