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24.03.2025 à 01 H 45 • Mis à jour le 24.03.2025 à 01 H 45 • Temps de lecture : 3 minutes
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Témoignage

Brahim Saadoun, ex-« mercenaire » à la solde de l’Ukraine se plaint d’être surveillé et privé de passeport

Le cas de Brahim Saadoun refait surface dans la presse de Kiev. Le jeune Marocain qui avait quitté le pays pour l'Ukraine en 2019 pour y poursuivre des études dans l'ingénierie aérospatiale, s’était engagé fin 2021 dans l'armée ukrainienne pour un contrat de trois ans comme combattant et traducteur. Il avait été fait prisonnier à Marioupol par les Russes un mois après l’invasion de février 2022.


Saadoun avait été condamné à mort lors d'un simulacre de procès par la République populaire autoproclamée de Donetsk (RPD), accusé d'être un mercenaire, et selon son témoignage et celui d’un codétenu qui a subi le même sort, « brutalisé, électrocuté et affamé » durant sa captivité.


Six mois plus tard, Saadoun a été libéré grâce à un échange de prisonniers négocié par l'Arabie saoudite en septembre 2022. A son retour au Maroc, bien que libéré, il se plaint aujourd’hui à la presse ukrainienne d’être « privé de passeport, surveillé et contraint au silence ».


Saadoun prétend que « sa libération faisait partie d'un accord visant à alléger les sanctions occidentales contre les oligarques russes ». Parmi les négociateurs figurait Roman Abramovitch, milliardaire et ancien propriétaire du Chelsea Football Club. Sanctionné par la justice britannique, l'oligarque avait eu pour projet de mettre à l'abri deux de ses superyachts au Maroc.


Sur le vol pour l'Arabie saoudite, Abramovitch lui a demandé s'il prévoyait de retourner en Ukraine. Saadoun a déclaré : « J'ai simplement souri et dit : “Pourquoi pas ?” Il a souri et est parti ».

 

Dans sa complainte à la presse ukrainienne, Saadoun affirme avoir été « surveillé et privé d’internet » par les Saoudiens et considéré par les diplomates marocains venus le récupérer « comme un prisonnier ». Il raconte qu’à son arrivée à Casablanca, il a été « immédiatement emmené pour interrogatoire ». Il lui aurait été ordonné plus tard, selon ses dires, « de garder le silence sur les réseaux sociaux ». Son père aurait été averti que Saadoun était « sous surveillance constante » et qu'il ne devait « pas faire de bêtises ». Pourtant, de retour au Maroc, l’ex-« mercenaire » avait remercié ses libérateurs.

 

Sa demande de passeport n’a pas été satisfaite, certainement pour éviter qu'il ne s'aventure à rallier de nouveau le front en Ukraine, comme il l'a lui-même laissé entendre. Une procédure pour obtenir le sésame engagée par voie d’avocat a avorté, dit-il. Son cas est examiné par les autorités ukrainiennes comme étant une victime de « crimes de guerre et de condamnation illégale », mais Rabat n’aurait pas répondu à leurs sollicitations d’assistance juridique.

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